‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 107 sur 330 · Pansanias · texte numérisé non relu

Pansanias

2. Pougèces, aiJi. decorresp. hellés., XII, 1888, pi. 1, 11,111, p. 105-138. Cf. Wald?tem, American Journal of archsdogij, VUI, ISfll, p. 18, pi. I-II. Overbaok, Griech. Kunstmythalngie, III, Apollon, p.454-i6T. W. AmBlnng, DU BasU des Praxildes am Manlhiea, Mmûeb. 189Ô.

3. Pansanias, VIII, 9. M. Fougèrea lit avec raison Mûùoai au lieu de Moûaa.

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leurs dimensions (1™, 35 environ sur 0'^,98 cent.) ne laissent pas de doutes sur leur destination. La base devant être assez large pour supporter trois figures, ils occupaient sans doute toute la face antérieure' ; et comme le chiffre total des Muses était de neuf, que les dalles conservées nous en montrent seulement six, il faut supposer l'existence d'un quatrième relief, aujourd'hui perdu. Dans le tableau principal, le sculp-

- ApoUon lesdaTe Scjtlie et Marayaa Bas rel ef ti (Athènes, Musée central.)

teur a groupé les principaux acteurs de la lutte musicale engagée entre Apollon et Marsyas; le dieu, le Silène et l'esclave scythe chargé de lui infliger, s'il est vaincu, un cruel supplice. « La lutte, écrit M. Fougères, touche à sa fin. Apollon a cessé de jouer; sa cithare repose, silencieuse, sur ses genoux. L'esclave se tourne déjà vers le Satyre, le couteau prêt. Marsyas est vaincu et condamné (fîg. 128). » Quant aux Muses, témoins de la scène, elles sont plutôt juxtaposées que groupées. Les attributs ne sont pas répartis entre elles avec la

ces plausible proposée pas M. Oh. Waldstein, loc. cit., pi. I,

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précision qui sera de règle à l'époque hellénistique. L'une déroule uu voï,umen, une autre tient les doubles flûtes, une troisième la cithare; celle qui est assise sur un rocher effleure distraitement àa bout des doigta un instrument à long manche , en forme de mandohne (fig. 129). Toutes portent le même costume, l'himation et la tunique à manches courtes serrée au-dessous de la gorge par une ceinture; c'est le costume bien connu des figurines tanagréennes. On a discuté la date de ces bas-reliefs '. Faut-il y voir une œuvre contemporaine du groupe de Praxitèle, ou une décoration a-joutée à la base vers le second siècle, par un sculpteur de l'école néo-attique ? A l'appui de cette dernière hypothèse, on peut invoquer certains détails : le Marsyas à l'attitude contournée et déhanchée est une adaptation de la statue de Myron : deux des Muses , celle au volumen et celle à la cithare, ont pour prototype des personnages de la frise du Parthénon, transformés en figures féminines. Mais savons-nous si ces adaptations n'ont pas commencé dès le quatrième siècle ? M. Fougères a montré que rien, dans les types des figures, ne nous oblige à descendre jusqu'au second siècle, et nous croyons volontiers que les bas-reliefs sont contemporains du groupe. Ce qui paraît probable, toutefois, c'est qu'ils ne sont pas l'œuvre personnelle de Praxitèle. Il y a dans cette composition un peii vide, malgré l'élégance des figures, des sécheresses et des maigreurs d'exécution qui accusent la main d'un praticien, et le maître s'est sans doute borné à en fournir l'esquisse. Pour l'étude du styie de Praxitèle, les bas -reliefs de Mantinée n'en .gardent pas moins leur valeur. Ces figures de Muses nous conservent peut-être le souvenir d'une œuvre perdue de l'artiste, les Thespiades, c'est-à-dire les Muses enlevées à Thespies par Mummius " ; tout au moins par la grâce de leur attitude, par les analogies qu'elles présentent avec les coquettes figuriries de Tanagra, elles permettent de mesurer l'influence que le style de Praxitèle exerce sur l'art des coroplastes. Ses œuvres les plus célèbres sont des statues isolées. Il semble

1. Overbeck, BecicS<e^csiï(^la. GBidlscJi . der Wilieiiic}i.,lSSS, p. 281, et Gnech. Plastik, II, p. 61, où revenant snr ea première opinion, il les place nn fempg de Praxitèle, comme M.. FuitwaenglBi, MeisUrmerke, p. Û33.1i. Haneer y voituue œnTre néo-attiqne. Hiencn-atliich&i Edie/s, p. 151.

2. Cf. OTerbeok, Gfiech. Piaitil:, II, p. 83. M. S. Heinach penae am Muses de Képlii-iodoW l'ancien. Ganelte dee Bsaux-Arti, 1889, I,p. 70.

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donc assez légitime d'attribuer à la période de ses débuts quelquesuns des groupes auxquels les textes anciens n'accordent qu'une brève mention. Telles sont les Tkespiades, apportées à Eome en 146, et placées devant le temple de la Félicité construit par Lucullus après la prise de Corinthe. C'étaient des statues de Muses en bronze, qui périrent dans l'incendie du temple, sous le règne de Claude'. Si l'on peut établir quelque relation entre ce groupe et les muses du bas-relief de

Fig. 129. — Muses, Baa-telief troQTé à Maotinée, (Athènes, Mnsée central.)

Mantinée, il compterait parmi les œuvres de jeunesse de Praxitèle. Pour le temple d'Apollon à Mégai:e, l'artiste avait exécuté un autre groupe de Latone et de ses enfants', et l'analogie du sujet avec celui du groupe de Mantinée nous ferait croire qu'il date de la même époque. II est reproduit d'ailleurs sur une monnaie de Mégare ^ : les figures

1. Pline, Nal. Ilist., Si, 69. Cicérou, in Verrem, IT, 2, i. M. Mayec a tvés lieurensement ideiittfifi les Thsspiades avec Ses statues de Muses, Mitthsil. Alhen, XVII, 1893, p, 261.

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