‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 123 sur 330 · Fraeliiier, Notia, n · texte numérisé non relu

Fraeliiier, Notia, n

l'Artémis en marbre de Paros, décou-

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de Gabies ». (Musée du Louvre. )

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du temple, qui mentionnent les chitonisques, les manteaux blancs, les vêtements bigarrés offerts à la déesse ; le thème traité par Praxitèle devient très clair. Artémis se pare d'une de ces offrandes, et témoigne ainsi qu'elle accepte les dons des femmes athéniennes. Au reste, s'il subsistait quelque doute, un examen attentif de la tête suffirait à les dissiper. Le visage aux traits fins, à la bouche délicatement dessinée ', rappelle avec plus de sévérité le type de la Cnidienne, et l'analogie se poursuit dans l'ajustement de la chevelure ; mais surtout le rythme des lignes, l'élégance des draperies et jusqu'à ce geste de coquetterie analogue à celui de la Pséliouméné, nous engagent à restituer à Praxitèle cett^oeuvre charmante, longtemps restée anonyme ■.

Pausanias, qui n'accorde qu'une brève mention à l'Artémis Brauronia d'Athènes, a examiné avec plus de soin une autre statue d' Artémis, exécutée par Praxitèle pour l'Artémision d'une ville de Phocide, Anticyre, sur le golfe de Corinthe \ Elle tenait pig. H5. — L'Artémis y^g torche dc la main droite, et portait le carquois

d'Anticyre. (Mon- . n n i a f

naie d-Anticjre.) ^ux épaules ; uu chicD courait près d elle du coté gauche. Ces attributs caractéristiques se retrouvent sur une monnaie d'Anticyre, où le graveur a reproduit, en la retournant, la silhouette de la statue (fig. 145) \ C'est bien là le type de l'Artémis chasseresse et court-vêtue que Praxitèle avait adopté pour la statue d'Athènes; mais il a imprimé à la figure un mouvement de marche rapide qui lui donne un caractère tout nouveau. On ne s'étonne pas que le même motif soit repris dans une statue du Louvre bien connue, la « Diane de Versailles » ; mais s'il est plausible d'y voir une œuvre de l'école de Praxitèle, rien ne nous autorise à en faire honneur au maître lui-même, et nous devons en ajourner l'étude.

I . n fant ici rappeler le mot de Pétrone, « osculum, quale Pxasîtelea habere DIanam ccedidit n Saiyrkon, C. 12G,

3. M. Puctwaengler fait ressortir le caractère prasitélien d'une statne d'Artémifl conservée ii Dresde. (Msisterwerte, atlas, pi, XXIX, et p. 554.). Ca serait une œuvre de jennease de Praxitèle. Mais on n'a paa d'autre indice que le type de la tête, assez voisin de celui de la Diane de Gables.

3. Pausanias, X, 37, 1. Sur rArtémision d'Anticyre, voir Lolling, MitsheU. Athsii, 1889, p. 233 et

pi. yii.

4. Miehoalis, Arch. Zeitmg, 1876, p. IGS.lmhoof Blumer et Percy G^vSnei; Namùmatk Coiameiitaiy OH PausaBiai, pl.T, XVII, p. 124.

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. PRAXITELE. 2fiû

Les qualités originales qui font de Praxitèle un chef d'école ne résident pas seulement dans les mérites de style, et dans la perfection de l'exécution. Le goût irrésistible qui l'entraîne à humaniser les types divins, à y faire prévaloir tantôt la grâce voluptueuse, tantôt la nonchalance souriante de la jeunesse, lui suggère aussi d'heureuses in- Tentions de rythmes et d'attitudes. A une époque oh il semble que toutesles acceptions de la forme aient déjà trouvé leur expression, i! crée un type nouveau, celui de la figure au repos, accoudée à un support, et déployant dans un abandon paisible des lignes harmonieusement rythmées. Si l'on se reporte aux œuvres de jeunesse, encore constmites suivant les principes du cinquième siècle, on mesurera aisément le progrès et l'on attribuera volontiers h la période de maturité le type des figures accoudées ou appuyées contre un support.

Ce type, nous le trouvons tout d'abord dans une statue célèbre, counue par de nombreuses répliques, celle de l'Apollon, « tueur de lézard » (Sauroctonos). La statue décrite par Pline était en bronze '. Le dieu était ï'eprésenté comme un jeune garçon, dans l'âge de la puberté; une flèche à la main, il guettait un lézard rampant près de lui. On n'a aucune peine à désigner la statue de Praxitèle comme l'original des nombreuses répliques conservées dans nos musées. Trois surtout méritent attention : une statuette de bronze de la villa Aibani et deux statues du Louvre et du Vatican ^. Malgré quelques îoui'deurs d'exécution, le bronze Aibani paraît nous donner l'impression la plus fidèle; il a de plus l'avantage de conserver, mieux que des copies en marbre, le caractère de l'original (fig. 146). Mais ce n'est qu'une statuette, et pour juger l'œuvre, il faut considérer le marbre du Vatican et celui du Louvre (fig. 147) , bien que le premier soit comme amaigri par un travail trop minutieux, taudis que le second, d'une exécution soignée pour la tête, offre des mollesses certainement dues au copiste. L'Apollon Sauroctone est un adolescent, dont les formes n'ont pas encore la fermeté vigoureuse de l'âge adulte, et suivant la juste remar-

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