‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 140 sur 330 · Overbeck, Criechische KBTtsimythdogie, I, p · texte numérisé non relu

Overbeck, Criechische KBTtsimythdogie, I, p

S. PaUBanUs, V, 20, ».

3. Loesohcke, Jahbach de» arci. Inst., III, 1S88, p. 169, pi, VII,

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la peau de lion flottant au bras gauche, attaque avec sa bipenue un lion qui vient de terrasser un chien ; un cavalier accourt à la rescousse : c'est Cratère, armé d'une lance, et coiffé de la causia macédonienne. Lysippe, disait-on, avait collaboré au groupe; sans doute il s'était réservé l'honneur de reproduire les traits d'Alexandre.

Tous ces témoignages attestent la fécondité et la réputation de Léocliarès ; mais nous avons mieux encore , pour apprécier le caractère original de son talent. Un groupe eu marbre du Vatican, plus petit

Gmtèra B^ia rel ef du Musée du Louvr

que nature, est une copie réduite, mais assez fidèle, semble-t-iï, d'uu groupe de bronze où l'artiste avait représenté l'aigle de Zeus enlevant Ganymède. L'œuvre avait dft être transportée à Rome, car Pline ne se contente pas de la mentionner ; il admire avec quel soin l'oiseau enlevait son précieux fardeau, prenant garde de ne pas meurtrir avec ses serres aiguës, même à travers l'étoffe du manteau, les chairs délicates de l'enfant'. Telle est bien la donnée du groupe du Vatican (fig. 160)\ Déployant ses grandes ailes qui se projettent suivact une ligne horizontale, le regard pointé vers le ciel, le bec ouvert comme povir jeter un cri de triomphe, l'aigle enlève d'un vigoureux essor le jeune ber-

1, Pline, Nat. Iliat., 34, 79.

3. Helbig-Tontain, Guide, I, n" 400, avec la, bifaliogcaphio ancienne. Bi'iinn, Denhnadei; a" 158,

E GEEOQUE. — T. [I, 40

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314 LE QUATEIEXB SIECLE.

ger qu'il tient avec précaution entre ses serres. Gaiiymède vient de quitter le sol ; sa syrînx est tombée de ses mains, et son chien hurle au perdu, assis au pied du tronc d'arbre qui soutient le groupe. Des restaurations malheureuses ont dénaturé certaines parties de la figure deGanymède et surtout le mouvement du bras gauche qui s'arrondit prétentieusement avec un geste de danseur; saus doute la maiu, plus relevée, se dirigeait vers le cou de l'aigle, p»ur chercher un point d'appui. Ces réserves faites, il reste une figure habilement construite, avec une recherche évidente de la symétrie contrariée dans la direction des bras et des jambes. La tête est caractéristique, et nous verrons plus tard que ce type juvénile, avec les cheveux bouclés et flottants, trouvera faveur au temps des successeurs d'Alexandre. Mais surtout le groupe du Vatican nous permet d'apprécier toute la hardiesse d'une conception qui fait honneur au génie inventif de Léocharès. Qu'on y réfléchisse en effet ; il ne s'agit plus simplement de montrer une figure ailée, une Niké par exemple, s'enlevant au battement de ses propres ailes : c'est là une difficulté que l'art grec a vaincue depuis longtemps. Ici, le sculpteur va beaucoup plus loin. Représenter une figure suspendue dans îe vide, enlevée comme un fardeau par un être ailé; donner au groupe un mouvement ascensionnel, et faire oublier, par l'élan de ce mouvement, le soutien artificiel que commandent des exigences impérieuses; transporter, en un mot, dans la statuaire une conception qui est du domaine de la plastique ou du bas-relief, voilà le problème résolu par Léocharès. Le sculpteur avait-il emprunté le sujet à quelque tableau? Un peintre avait-il, avant lui, montré le groupe suspendu dans les airs, comme noiis le voyons dans un beau refief en bronze décorant un couvercle de miroir '? Il n'y a là rien d'impossible ; mais le mérite de Léocharès n'en est pas diminué. 11 lui reste l'honneur d'avoir triomphé avec une singulière aisance d'une difficulté redoutable, et d'avoir enrichi la plastique d'un thème nouveau.

Le Ganymède du Vatican n'est plus la seule œuvre oh nous puissions étudier le style et la manière de Léocharès. Après bien des controverses, une statu© célèbre, connue depuis des siècles, semble enfin

1, Fuctiyaougler, CulUdioit Sabourof, notice de la phmKhe CSLVII.

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LES COLLABOEATEURS DE SCOPAR 315

avoir trouvé sa place dans l'histoire de l'art, et toutes les vraisemblances permettent de l'attribuer au maître athénien. L'Apollon du Belvédère fut découvert vers la fin du quinzième siècle, non pas, comme

Fig. 100. — Ganyraède enlevé par l'aigle. (Rome, Vaticau.)

on l'a souvent répété, à Porto d'Ânzo, mais près de Grotta Ferrata, dans une propriété du cardinal Julien de la Rovère*. Lorsque le cardinal

1, Helîjig-Toatain, Guide, I, a" 160. Pont le iieii de la trouyaille voir Ch. Hiasen, Jakrb. des arch. Iiiil., Y, 1890, Arch. Aneeiger, p. 48, Sur rbistoire dn BelTédore et des aiatnes de VÂRtiqtiario des papes, voir Michaelis, Stattienho/ im vaticanUi^f-n Belvédère, Johrluch des arch. Iitst., V, 1890, p. 6-72.

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eût été élevé au trône pontifical sous le nora de Jules II, il le fit transporter de son palais, voisin des SS. Apostoli, au Belvédère du Vatican où il n'a pas cessé d'occuper une place d'honneur. Un élève de Michei-Ange, MontorsoIJ, restaura les parties brisées, l'avant-tras droit, la main gauche, et la partie supérieure du tronc d'arbre de soutien (fig. 161) '. L'interprétation de Montorsoli était celle qui prévalut longtemps et fournit à Winckelmann le thème de ses commentaires enthousiastes. Le dieu sortait vainqueur de sa lutte contre le serpent Python; il s' avançait avec une fierté dédaigneuse, la main gauche tenant l'arc, le tras droit retombant, avec le geste du tireur qui vient de décocher une "flèche. Telle était !'opiuion courante, jusqu'au moment où Stephani pubha une statuette de bronze, conservée à Pétersbourg daiis la collection du comte Stroganoff, et trouvée, disait-on, à Paramythia en Épire^. C'était une copie de la statue du Vatican, mais avec un détail nouveau ; la main gauche tenait un objet brisé où Stephani reconnaissait un fragment d'égide*. Dès lors il fallait renoncer à l'interprétation de Winckelmann. Apollon tenait l'égide dont la vue inspire la terreur, et avec une expression de colère hautaine, il mettait en fuite des ennemis épouvantés. Et quels ennemis, sinon .les Galates qui en 279 avaient passé en Grèce, attaqué Delphes, et s'étaient repliés en déroute, saisis d'une folle panique à la vue d'Apollon combattant dans les rangs des Phocidiens? L'original de la statue du Vatican se trouvait ainsi daté à coup sûr : c'était un ex-voto rappelant la défaite des Galates, érigé à Delphes peu de temps après l'année 278. Mais le bronze Stroganoff, élément essentiel de cette combinaison, est-il réellement antique? Parmi les érudits qui l'ont examiné, plusieurs en contestent l'autlienticité \ M. Furtwaengler la nie résolu-

1. On coiinBÎt des dessina antérieurs à la restauration, voir MichaeUs, loc. cit., p. 10. Cf. E. Muntz, les Ântiquilfa de la ville de Rome aiuc quatorzième, quinzième el seizième siitles. Rev. arch., 1S87, I, p, 179 i l'auteur signale d'après les notes de Justi, un dessin fait, vers la fin du qninïièoie siècle, pur un tittîste italien, dont le livre de dessins est conservé à rEaoucial.

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