‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 156 sur 330 · LES OONTEMPOEAINS DE SCOPAS ET DE PRAXITELE · texte numérisé non relu

LES OONTEMPOEAINS DE SCOPAS ET DE PRAXITELE

groupe des douze dieux, puis une composition allégorique, montrant Thésée accompagné de la Démocratie et du Peuple. Plus loin, on voyait un comtat de cavalerie, représentant l'engagement qui précéda la bataille de Mantinée et fut tout à l'honneur des armes athéniennes '. Après une rude marche de nuit, six mille cavaliers athé-

niens avaient fourni contre les escadrons thébains et thessahens une charge brillante, refoulé l'ennemi, et dégagé Mantinée. Cette page d'histoire contemporaine, l'artiste l'avait traitée avec un grand souci de la vérité, car on reconnaissait les principaux héros de l'action, Épaminondas et l'Athénien Grjllos, le fils de Xénophou. Voilà donc la peinture d'histoire qui fait son apparition, et l'on verra plus loin que cet enseignement n'est pas perdu pour la plastique. La « charge

1; Voit E. Bertrand, Étades. aar la peintiin et la criiiïW d'art dan$ l'antiguité, 88-93,

Hosted by

de Mantitiée » annonce déjà les scènes de bataille que sculpteront plus tard Lysippe et Euthycratfes, et la composition en bas-relief, où, sur l'une des faces du célèbre « sarcophage d'Alexandre » un artiste inconnu représentera les cavalière macédoniens et perses engagés dans une mêlée furieuse. Les peintures du Portique Royal nous fournissent, par surcroît, une date certaine pour déterminer la période d'activité d'Euphranor. Si le combat de cavalerie a pu être peint plusieurs années après l'événement, il est, de toute nécessité, postérieur à 362; et c'est ainsi que Pline est autorisé à indiquer- cette date, c'est-à-dire l'année même de la bataille de Mantinée, comme celle où Euphranor est en pleine production '. D'autre part le maître corinthien travaille encore après Chéronée (338), puisqu'il met son talent au service de la cour de Macédoine, et représente Philippe et Alexandre sur des quadriges, peut-être à l'occasion du grand triomphe de Chéronée.

Par ses origines, comme par son éducation, Euphranor se rattache à l'école péloponnésienne. Son maître est un Argien, Aristeidès, élève de Polyclète *, et il reste fidèle aux traditions de l'école en préférant le bronze au marbre. Pourtant il prend contact avec les Attiques, car une partie de sa période d'activité se passe à Athènes. C'est là qu'il exécute, pour le temple d'Apollon Patrôos, près de l'Agora, une statue de culte du dieu, qu'on a proposé de reconnaître, sans grande certitude, sur des monnaies attiques *. Nous ignorons où se trouvaient primitivement les œuvres d'Euphranor signalées par Pline, et dont plusieurs, comme la C^î'c/oîtcAos^ la femme admirant et adorant, les quadriges et les biges, les deux figures colossales du Courage et de la Grèce échappent à tout essai d'identification. Les Romains, qui paraissent avoir eu un goût très vif pour le style du maître corinthien, conservaient dans le temple de la Concorde un groupe enlevé à une ville grecque, Latone portant

1. Pline, ito. Hist.jSS, 138. M. P. Girard suppose que le oomliat de cavalerie a été eaéouté soue TadmiulEtration de Lycurgue, api-ès Chéronée. La Peinture antique, p. 238. Pourtant on imagine difficilement que la commande officielle des Athéniens ait pu coïnddec avec les traTaos qu'Euphranor eïècute i, cette époque pour la Macédome.

3. C, Hobert a démontré que cet Aristeidèa n'est pas le peintre tbébain, maia le sculpteur d'Argoa : Ariiteidei nnd Eupkranor, Philolog. U-atersuchungen, X, p. 83.

8. Beulé, J/OTinoica (f-iiA^nfljjp. 272. Imhoof Blnmer et Percy Gardner, Numiam, CoBUtteatar;/ onPaulaniai, pL CC, XV", XVn. Cf. Orerbecfc, Griech. Kvnitmglkoîosie, V, p. 100, qui conteete ridentifita.

Page 1