‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 17 sur 330 · LA FEISE DE LA CELLA · texte numérisé non relu

LA FEISE DE LA CELLA

La décoration du Parthénon était complétée par une frise qui courait à la partie supérieure du mur de la cella, sur les longs côtés, faisait retour sur les antes, et se prolongeait sans interruption au-dessus des deux portiques hexastyles du pronaos et de l'opisthodome. Sculptée en bas-relief, haute d'un mètre, et longue d'environ cent cinquante-neuf mètres, elle se déroulait ainsi d'une manière continue autour de la cella, presque au niveau de la frise extérieure formée par les métopes (fig. 23) '. Peu de monuments de la sculpture grecque sontplus populaires et plus connus; pourtant l'étude de cette frise célèbre soulève encore aujourd'hui, après les recherches multipliées dont elle a été l'objet, des problèmes fort complexes. On est loin de s'accorder sur l'interprétation des groupes qui y figurent, et même sur l'idée première de la composition. Un fait tout au moins est certain ; le sujet est emprunté aux cérémonies des grandes Panathénées.

La fête religieuse qui se célébrait annuellement, en l'honneur d' Athéna

1. Les parties est, nori et sud Se la frise qui ont surTécii à. l'esplosioa de 1587 sont conservées pour la plnpart au British Muséum. Voir J Catalogve of tU imlftwes of the PartJieooit in thc British Mnsenm, Londres, 1892. D'autres fragments sont conservés è Athènes, et le Lonvre eu possède no, rapporté en 1787 par Choiseul-eontSer. (Voir B. MichoD, Revue archéd., t. SXIV, 1894, 'p. T6.) Presque toute la partie ouest de la frise est encore en place au Parthénon. EnBn d'antres morceaux qui se trouvaient épara dans des collections particulières, comme celui de la galerie Pourtalès et cens de Marburj Hall, ont été acquis par le British Muséum, (0. T. Hewton, Gazette des Beatix-Arts, 1873, p. 500). Les fouilles l'éoentes de l'Acropole ont amené la découverte d'un fragment de la frise est, qu'on a retrouvé encastré dans un mur byiantin. (Waldstein, American Journal of Arehaedogi/, V, p. S, pi. 1), Les lacunes souc encore considérables, et il faut avoir recours, sur plusieurs pointa, aui dessina de Carrey. La disposition des morceauï conservés a été étudiée par M. Miohaelis, Die Lâekea iiu Parthsnon/ries, Arch, Zeitung, 1835, p. fiS-TO. Pour les mûrceauï récemment reirouTés, voir A.-H. Smîth, JouraaJoffiêilen. Sfudiei, Zjn, 1892-1893, p. S5; W. Amelung, Soem. Mittheil., 1893, p. 76-78, fragment dn musée de Païenne. On trouTeralabibliographieanciennedansl'ouTi'agedeM.Michaelis,I'e»-i'(H(Seiion. Parmi les travaux plus récents, nous citerons celui de A. Plasob, Zmhi FaHTieitimfries, Wnrahourg, 1877 ; l'article Farlhenon dans Banmeister, Deiihmaekr dei hfass. Allei-tiems; Waldsteîn, EsBaya on Ihe art of Fheidiai, p. 191 et suivantes; Fartwa^gler, Meisteiteerke, p. ISB-ISB.

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LE PAETHEXON.

Polias, revêtait tous les quatre ans, la troisième année de chaque olympiade, un caractère plus solennel. Dans la dernière décade du mois Hécatoinbaeon, Athènes était en fête, et préparaît la procession où l'on portait à l'Acropole le nouveau peplos qui devait remplacer, sur la statue de bois d'Athéna Polias, l'ancien peplos fané et terni. Les journées qui précédaient étaient remplies par des concours hippiques et gymniques, par les concours musicaux qu'avait complétés Périclès.

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D jirès ne plLOtograph e de S lUmann

Après mie veillée de nuit, passée à la clarté des torches, au miheu des chants et des danses, le cortège se formait dès le matin au Céramique extérieur, sous la direction des ordonnateurs, démarques, hiéropes, Mpparques et hérauts. D'abord venait, porté à bras d'hommes, le vaisseau au mât duquel flottait, en guise de voile, le peplos jaune et violet brodé par les Errhéphores. Derrière suivait le cortège, dans l'ordre fixé par la loi. Ans premiers rangs, les personnages officiels, prêtres, devins, trésoriers de la déesse, archontes, stratèges, tasiarques; puis le blanc défilé des jeunes filles, les Ergastïnes qui ont filé les laines du peplos sacré, les canéphores, portant dans des corbeilles les accessoires néces-

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saires au sacrifice ; à leur suite les métèques en vêtements rouges, chargés des bassins de bronze où coulera le sang des victimes ' ; les théores envoyés par les colonies, conduisant le bétail offert eu hécatombe ; les vieillards athéniens, tenant à la main des rameaus d'olivier ; enfin, s'avançaient les chai's de guerre, les chars de parade à quatre chevaux (î^wy-i 770[j.mz:ï) et les files pressées et profondes de la cavalerie. La procession traversait le Dipylon, la rue principale du Céramique intérieur, l'Agora, et, après avoir contourné l'Acropole, arrivait à l'entrée de l'enceinte sacrée, oh l'on détachait le peplos, pour le porter dans le temple d'Athéna Polias. Une hécatombe de victimes terminait la fête ^ Tel était le défilé solennel, merveilleusement ordonné, qui se déroulait par les rues de la ville en fête, au clair soleil d'été; on rêverait difficilement un spectacle mieux fait pour ravir les yeux, éveiller une puissante émotion religieuse, et tenter le génie d'un artiste.

Comment rendre, dans une frise continue, le mouvement d'une foule en marche? Un sculpteur de l'ancienne école aurait fait n^vement tourner la procession autour du temple, comme les zones de personnages peintes par les vieux potiers grecs. L'auteur de la frise avait adopté une disposition aussi simple qu'originale, eu donnant au cortège un point de départ et im point d'arrivée. Le point de départ est exactement l'angle sud-ouest du temple. C'est là que la procession se divise en deux files parallèles, qui suivent chacune un des longs côtés du temple, pour ahoutir au groupe central de la façade orientale. Les deux files du cortège ainsi dédoublé débouchent en même temps à chaque angle de cette façade; il semble, dit justement M. Murray, qu'on puisse supprimer par l'imagination toute l'épaisseur de l'édifice, qui s'interpose entre les deux rangs du cortège K C'est au point d'arrivée que nous nous placerons pour examiner l'ordonnance de la composition.

L'attention du spectateur qui considérait la partie orientale de !a frise se portait tout d'abord sur im groupe de cinq personnages, placé

1. Sni- la paitioipation des métèqnea à lu procession des PanathéDces, TOir M. Clerc, les Milèqms aihéniena, Paris, 189S, p. 155 et snivaates.

2. Ponr le détail de lafètedes Paaatliénéea, voif les testes réunis par Michaelis, Ber Partkem», p. BS7, — 333. Cl. page 211 et suiTantes.

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