CHAPITRE VII
Ce n'est ni en Attique ni en Asie Mineure qu'il faut cherche:' le plus brillant représentant de la plastique grecque au temps d'Alexandre ; c'est dans le Péloponnèse, dans cette ville de Sicyone dont l'école de bronziera se rattache à celle d'Argos par des liens séculaires. Tandis qu'à Argos, Polyclète le jeune et ses contemporains suivent docilement la tradition créée par Polyclète l'ancien, à Sicyone grandit un apprenti forgeron dont le génie audacieux va troubler la quiétude oîi s'endormait l'école argivo-sicyonienne.
Peu de figures sont aussi originales que celle de Lysippe ' . Ses débuts sont fort humbles. Artisan obscur, il commence par marteler le fer dans ^me forge "; il se forme sans le secours d'aucun maître. L'auteur d'un traité sur les peintres grecs cite à ce propos \me anecdote caractéristique. Comme Lysippe, encore inconnu, demandait au peintre Eupompos lequel de ses prédécesseurs il devait prendre pour modèle, celui-ci lui répondit en lui montrant la foule qui passait : « C'est la nature qu'il faut imiter et non pas l'œuvre d'un artiste ^ ». Que l'anecdote soit vraie ou fausse, le jeune sculpteur dut bien vite se faire sa place, car sa carrière est aussi longue que glorieuse. Plus jeune que Scopas
1. Outre les mémoires eitéa plus loin, voir, sur Lysippe, Eiimn, Gexh. der grieck. KSaitîer, T, p. 368- B82 ] Banmeiater, ZleHiîmioeîe!-, art. Zysippoj ; E. Loewy, Zysifp iind seine SleUitiig ta der griech-Plastii:, Hambonrg 18i)l, et les Histoires Ae la sculpture grecque d'OTerbecfe, de Muri'aj, de L, Mitcliell.