Pline, Nat. Eiat., 34, G
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L'empereur le fit enlever, et placer dans ses appartements privés. Grande colère du peuple romain qui, nu jour, an théâtre, le réclama à grands cris. Tibère dut céder, et rendre la statue. h'Apoxyoménos nous est connu par une copie en marbre découverte en 1849 par Cauina, au Transtévère, et transportée au Braecio Nuovo du Vatican (fig.
218) '. Si l'on supprime la restauration malheureuse de Tenerani, qui met un dé à jouer entre les doigts de la main droite ^, la statue montre un athlète promenant sur son bras droit la lame courbe du strigile, pour enlever l'huile mêlée de poussière qui souille ses membres. C'est un sujet que Polyclète l'ancien avait déjà traité. Lysippe le reprend, eu y appliquant des principes de style tout différents.
L'original étant un bronze, il ne comportait pas les soutiens artifi-
1. L'ideutification a éto faite pai- Simm, Aiiaali , 1B50, p. 2-23. Voir, pour la bibliographie, notre dans Hayet, J/bn. de l'art a-ntitiae, II, pi. 65. Helbig-Tontain, Gaide, I, n° 31. Eeptoduotion d.inE Brnnn, Denl-mader, n" 281.
2. la restauration repose snr nue double 1' CoQfnsion mtiltltdestringens se de Lysippe (Piiae, 34, 62) et celui de Poljolètc l'aucieu (Plina, 34, 65). 3° Contre -sens sui> le passage de Pline relatif à ce demiei', dwti-irigentim s& et nvÂum ttUo ineeaeeateiii; □n f a vu une seule et même statue alors qu'il s'agit de deuï, et ou a interprété le Hodaa talo hictsmis comme un athlète nu s'avançaat pourjoner aui dés, alors qu'il s'agit d'un Kairos debout sm- nn osselet. Fig (Toir 1. 1, p. 500).
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ciels qui alourdissent la copie en marbre, le tronc d'arbre, le teuon partant de la cuisse droite pour étayer le bras porté en avant. La silhouette apparaissait, finement découpée, svelte, élégante, avec la saillie du bras droit hardiment projeté dans le vide. Rien n'empêchait de détailler la souplesse de l'attitude, le rythme des lignes, le modelé nuancé du torse, le jeu des muscles indiqué avec un sentiment profond de la vie. Le même sentiment éclatait dans le rendu de la tête, car le copiste s'est attaché à le traduire fidèlement. Le visage, au front traversé d'un pli, a une physionomie individuelle qu'on n'est pas habitué à rencontrer dans les figures athlétiques; les boucles de la chevelure, encore humides d'huile et de sueur, s'emmêlent dans uu désordre pittoresque ; rien ne fait mieux comprendre les mots de Pline affirmant que Lysippe « fit faire à la statuaire un grand progrès, dans, la façon de traiter les cheveux * », et l'on reconnidt là l'artiste « soucieux du détail jusque dans les moindres choses ' ». Mais surtout la statue du Braccw Nuovo nous renseigne très heureusement .sur un fait essentiel, aur la nature du changemeut qu'introduit dans les poportions le nouveau canon créé par Lysippe. Qu'on la compare aux statues polyclétéennes, au Doryphore par exemple, on sera frappé de la différence des proportions. Autant celles du Doryphore sont larges et courtes, autant celles de V Apoxyoménos sont sveltes et élancées. L'importance du torse a diminué; la tête est devenue plus petite ; les membres inférieurs se sont allongés ; la recherche' de l'élégance se révèle à l'examen le moins attentif. Vous trouvez là le commentaire d'un passage souvent cité de Phne , d'après lequel Lysippe aurait fait € les têtes plus petites que les anciens sculpteurs, les corps plus grêles et plus secs, pour donner aux statues une apparence plus élancée..., et, par nue nouvelle méthode, changé les proportions carrées des anciennes statues ^ » Faut-il opposer à ce passage celui où Cicéron rappelle un propos de Lysippe, affirmant que le Doryphore de Polyclète avait été son modèle? La contradiction n'est qu'apparente. Suivant une fine remarque de M, J. Martha \ le propos est ironique ; il a un sens exacte-