‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 198 sur 330 · Bratm, éd. J. Martha, p. 318, nott · texte numérisé non relu

Bratm, éd. J. Martha, p. 318, nott

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ment opposé à celui qu'on lui a longtemps attribué. La vérité, c'est que Lysippe rompait ouvertement avec la tradition de Poljclète et s'en faisait gloire '.Un de ses prédéce8seurs,Eupliranor, avait déjà fait dans ce sens une tentative timide ; mais il n'avait réussi qu'à faire paraître « le corps trop grêle dans son ensemble, !a tête et les membres trop gros ''. B Lysippe rétablit l'harmonie en faisant subir à l'ensemble des proportions une transformation égale. Le module du nouveau canon n'est plus le palme, comme dans le canon de Polyclète; c'est la tête, mesurée depuis le menton jusqu'au sommet du crâne, et si le canon de Lysippe est vraiment celui que nous a conservé Vitruve ', le rapport de la tête au corps entier doit être d'un huitième. C'était là une réaction audacieuse contre la tyrannie des anciennes formules, et Lysippe l'expliquait en disant qu'il a représentait les hommes non pas tels qu'ils étaient, à la façon des vieux maîtres, mais tels qu'ils devaient être * ». Il revendiquait ainsi le droit de corriger la nature en forçant les proportions et proclamait un principe de liberté. Il créait en même temps un idéal de beauté humaine plus conforme aux goûts de son temps, car si le Doryphore nous représente le Dorien du cinquième siècle, robuste, exercé pour la guerre, VApoxyoménos est bien le Grec du temps d'Alexandre, svelte, souple, d'une culture plus raffinée, et chez qui l'expression de la force est comme tempérée par l'élégance des formes.

Lysippe met sans doute une sorte de point d'honneur à reprendre, en les renouvelant , les types traités par ses prédécesseurs. Polyclète avait fait une statue de Kairos, ou l'Occasion. Le maître de Sicyone exécute pour sa ville natale un Kairos de bronze, figuré comme un adolescent portant des ailettes aux talons et debout sur une sphère, qu'il touchait seulement de la pointe des pieds. Une épigramme de Posidippe, sous la forme d'un rapide dialogue entre la statue et un pas-

1. M. Wînter Ta très JDstement indigné, Jairiui^ du arch. Inst., ie92j p. 170,

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