‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 236 sur 330 · loewy, l'iiU, n" 154, p · texte numérisé non relu

loewy, l'iiU, n" 154, p

6, Pline, A'at. /Ti'st., 36, S3. Cf. WeissbaapI, 'Eçri|X. àpx.,18Sl, p. 151.

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502 L'ART HELLENISTIQUE.

Antigonos, à la fois artiste et critique, auteur d'un traité sur la toreutique et d'une biographie des peintres célèbres, peut encore appartenir au groupe le plus ancien' . Stratonikos de Cyzique est surtout connu comme toreuticien; mais on ne saurait le dater avec certitude. Quant à Phyromakhos, originaire d'Athènes, il est permis de le considérer comme un des sculpteurs d'Eumène IP . Une inscription de Délos le montre en effet associé à son compatriote Nikératos, qui travaille pour Eumène II, ainsi que nous l'apprend un autre texte délien'. C'est le même qui exécute pour le Niképhorion de Pergame une statue célèbre d'Asclépios enlevée en 156 par Prusias II roi de Bitiiynie ; et nous savons qu'il était en même temps sculpteur et peintre ''. Voilà donc, semble-t-il, deux groupes d'artistes, les uns contemporains d'Attale I, les autres continuant sous Eumène l'œuvre de leurs devanciers. Nous devons d'abord nous arrêter aux monuments signés par les plus anciens.

Dans le péribole du temple d'Athéna Polias Niképhoros, les fouilles ont mis à découvert une série de bases, formées d'un noyau plein avec des dalles de couverture en marbre gris-bleu\ Les plaques horizontales portent encore des traces de trous de scellement pour des statues de bronze, avec les signatures d'artistes dont nous avons parlé. Sur les plaques verticales, des inscriptions énuméraient les victoires d'Attale. Ce sont les débris du grand monument triomphal ". Si les nombreuses statues de bronze groupées sur ces bases ont disparu, nous pouvons au

I. Micliaelis, Jahi-laich deiarcL lasL, VIII, 1891, p. 131. ï. Urlich, Fergamea. Insckrifiea, p. 23.

S. ïïiK'iipaTOî *u5.ô|la[7.0ï 'A6nva]î(n i7roî](;»v. Loewy, n" 118. Nikératos est nommé seul dans une autre inscription de Dèloa, Loewy, n" 147. Cf. HomoUe, Mo^mmenis Grecs, n» S, 1879, p. 44.

4. Pline, 84, 146. Pline le place vers l'olympiade 121. Mais c'est une errexir qui a été réfutée par Bcunn, Griech. Kwistîer, I, 443. Il ne me paraît paa pi'ouvé que, outie le Phyromaklios de la frise de l'Érechtbéion, il y ait en un autre sculpteur de ce nom. Le Phyromakhos de Pergame peut Être également l'anleur dnn Priape (^niSni.ac, II, 120, 9) et da quadrige d'AIoibiada (Pline, 34,80). II est à remaïqnei; que Nikératos avait anssi représenté Alcibiade (Pline, 34, 80).

5. Aîtertûmer von Pergam<ni, II, p. 84. Loewy, Iniclir. gr. Biidh,, p. 114. Trendelenbnrg, art. J'éj^h- «iOH,danHBanmeistei',p. 1231.

6. Voir M. Traeukel, Has grosse Siegesdenliaal Altalos des erstev, Philologus, 1895, LIV, p. 1. M. Fraeukel pense que le monument glorifiait toute la séria dea rictoires remportées sur Antîoolioa Hiérax et les Galates. U serait donc un peu postérieur à la fin de ces guerres, c'est-à-dire i. 3J8. L'inscription suivante pourrait être considérée comme la dédicace générale : Buaùeiii 'Arraïoî Tiîji; xatà Ttileftov I àyâvai ■/wif!zf,ç<,a 'A6)]v^ ; Fergamen. Iiisdtrifîeii , n' 21. Loewy, /mjA gi: Bitd!i.,15i a.

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moins, grâce à deux copies conservées, apprécier assez exactement le style des originaux perdus. Les travaux les plus récents ont confirmé le jugement très juste de Raoul-Eochette, qui. en 1830, rapprochait des sculptures pergaméniennes deux oeuvres conservées à Rome : le prétendu ghdiateur mourant du Capitole, et un groupe faisant alors partie de la collection Ludovisi, où l'on avait longtemps reconnu Arria et Paetus se donnant la mort'. Le style, l'imitation évidente d'origi-

Fig. 258. — Qanlois monrant (Roi

naux en bronze, et jusqu'à la matière, un marbre asiatique provenant soit du Sipyle soit de l'île de Fourni, tout cela établit entre les deux monuments une étroite parenté, et permet d'y voir des copies, exécutées en Asie Mineure, d'après des bronzes appartenant au grand ex-voto d' Attale. Le soi disant gladiateur est un Gaulois blessé, le flanc droit percé d'un coup d'épée'^, le cou orné du torques d'or (fîg. 258). Étendu sur son bouclier, il a laissé tomber à ses pieds la trompe de

1. Pour ITiiatoire des théoriea relatives à ces deuï monuments, voir S. Eeinach, fleu. arch., XII, 1888, p. 280-S81.

2. Helbig-Tontain I, n» 533. M. Belger a. bien montré que la Gaulois ne s'est pas frappé lui-même, comme on l'a dit quelqnefbia, Jahrè. dei arch. Imt., II, 1888, p. 160-152.

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guerre où tout à l'heure il sonnait la charge. Appuyé sur le bras droit, qu'il écarte de sa blessure saignante, la tête penchée, les traits contractés par la douleur, mais le visage encore fier et résolu, il attend stoïquement la mort prochaine. En lui-même, le sujet d'un combattant blessé à mort n'a lien de bien nouveau; combien de fois, depuis les frontons d'Egine, l'art grec ne l'a-t-il pas reproduit! Pourtant si l'on examine le type et la complexion du personnage, on rend bien vite justice à l'originalité de la donnée : c'est la première fois qu'apparaît le type du barbare du Nord, traité avec un souci scrupuleux de la vérité. Ce visage rasé, sauf la lèvre supérieure qui a gardé la moustache, cette chevelure drue, plantée bas sur le front, relevée en mèches hérissées, cette puissante ossature, voilà bien des traits conformes à la description si connue de Diodore ' ; voilà bien un de ces Galates « à la haute stature, à la peau humide et Hanche », à la chevelure blonde, rendue plus rutilante par des frictions d'onguent à la chaux, et retroussée sur le sommet de la tête, « de telle sorte qu'elle faisait ressembler les Gaulois à des Satyres ou à des Pans ». Aune observation si précise de l'exactitude ethnographique, se joint par surcroît une exécution très vivante, très serrée dans le détail, qui fait de ia statue capitoline une œuvre excellente. On comprend aisément qu'un tel morceau ait été pour son mérite propre, détaché d'un ensemble ; dès lors est-il téméraire d'y reconnaître le « sonneur de trompe » d'Épigonos, où, au dire de Pline, l'artiste s'était surpassé?

Le groupe Ludovisi, aujourd'hui au Musée Boncompagni, offre des quahtés semblables, avec une mise en scène plus dramatique (fig. 259) ". C'est, un épisode sanglant d'une des déroutes si rudement infligées aux envahisseurs. Plutôt que de laisser aux mains de l'ennemi sa femme vivante, un Gaulois lui a donné lui-même le coup mortel. Elle s'affaisse mourante, soutenue par le bras du barbare qui ne lui survivra pas, car il se plonge son épée dans la gorge, en jetant aux Grecs un furieux regard de défi. Le même réalisme, la même vigueur de style se retrouvent dans ce groupe, dont la silhouette hardiment lancée dénonce assez clairement la copie d'un bronze.

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Nous connaissons dès lors deux des principaux morceaux du monumeut triomphal. Comme Epigonos y avait certainement travaillé, et que son tuhicen en faisait partie, il est fort séduisant d'y rattacher une autre de ses œuvres également vantée par Phne, « l'enfant caressant sa mère mourante )) '. On verra plus loin ce sujet reparaître dans une nouvelle série de sculptures pergaméniennes, mais plutôt comme une adaptation que comme une création originale. " Suivant une hypothèse très vraisemblable, c'est d'une mère gauloise qu'il s'agit, et le groupe devait trouver sa place sur une des bases de l'Acropole de Pergame. Peut-être Epigonos en avait-il trouvé l'idée première dans un tableau du peintre thébain Aristeidès montrant, après l'assaut d'une ville, une femme blessée à mort, et son enfant lui prenant le sein. Faire d'une Gauloise l'héroïne de cette

Musée Boacompagnij

3 émouvante, c'est

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