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relief de Munich a pris sur nature la petite scène champêtre qu'il raconte avec bonne humeur ;fig.297)'.Unvie[!xpaysan, tout courbé, portant sur l'épaule un lièvre au bout d'un bâton, et chargé d'une corbeille de fruits, se rend au marché de la ville prochaine : il pousse devant lui sa vache, qui s'avance indolemment, sans se préoccuper du couple de moutons attachés par les pattes qu'elle porte sur son dos. Ce serait la l'éalité la plus terre à terre, si le paysage du fond, un édicule à demi ruiné, une porte abandonnée, obstruée par le tronc vigoureux d'un figuier, ne donnait à la scène une saveur romantique où perce le goût alexandrin^ Quelquefois les personnages humains disparaissent. L'artiste les oublie pour déployer à l'aise son talent d'animalier. L'art alexandrin n'a rien produit de plus achevé en ce genre que deux basreliefs du musée de Vienne, autrefois conservés à Venise, au palais Grimani 3. Dans un de ces tableaux, une grotte rocaille, au-dessus de laquelle se tordent les branches d'un platane, donne asile à une lionne poursuivie par des chasseurs; c'est une merveille de vérité que cette bête rugissante, repHée sur elle-même pour défendre ses lionceaux (fig. 298) . L'autre tableau montre une paisible bergerie, une brebis allaitant son agneau. Le berger n'est pas loin, car on voit, accrochée aux branches d'un chêne, la pièce d'étoffe nouée aux quatre coins oii il a serré des fruits, et son chien flâne à ia porte de la cabane qui profile sur le fond ses assises de pierre et son toit de planches (fig. 299). Travaillés comme les plus fines ciselures, avec une remarquable virtuosité dans le rendu des feuillages, ces petits tableaux ont longtemps dérouté la critique. S'étonnera-t-on qu'ils aient été signalés autrefois comme « deux beaux bas-reliefs du seizième siècle' s ?
Paysages, fabriques, scènes de genre, scènes d'histoire, voilà bien tous les éléments du style pittoresque. Chose curieuse, l'art alexan-
1. Brunn, Besch; der Gli/plotheh, n" SOI. Scbreiber, ibid.,pLLXXX.
2. La même mîEe en Eocce pittoresq.ne, arec des édificea abundoimés envaUfl par des atbiea, se retronVB dana un bas-relief du Palais des Conservatenrs an Capitole ; Schreiber, pL SU; Helbig-Tontain, I, n" 571. Pour les rapprochements avec la peinture, voir Helbig, Unterinichangen ueUr die CampanUche Wandmalersi, p, 391 et snirantes. Woermann, Die Landichaft i« der Kunst der allea VôlHei; p. 393,
3. Schreiber, Die Wiener Bruvneardiefs, planches en héliogravure; cf. Belhnist. Seli^Uder, pi. I, II. Cea bas-reliefs, déjà décilts par Diitscbke {Atitilsn Bildw. in Okrîtalien, n" 388-389) , semblent avoir décoré les faces d'un réeetvoir d'eau. Cf. S. Eeinach, Cas. dei BeaifiJ-Arts, 1892, 1, p. 473.