‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 282 sur 330 · Cf. Urlîohs, Griech, Sloiven im reptiM. liom · texte numérisé non relu

Cf. Urlîohs, Griech, Sloiven im reptiM. liom

2. Of, Botort, JrsS. JtfnereSeB, p , 49 et BOirantes. Haoaer, Die nsa-attischfn Reliefs, ç. 180-181.

Hosted by

LA RENAISSANCE GREOO-BOMAINB. 613

assez nettement la géiiératioo d'artistes qui est en activité vers l'année 154, c'est-à-dire au milieu du second siècle avant notre ère. Après avoir énuméré les principaux maîtres grecs jusque vers l'olympiade 121 (296 av. J.-C.) l'écrivain latin ajoute : « L'art s'éteignit ensuite; puis il y eut une renaissance, dans la 156' olympiade (lÔiav. J.-C), oh. parurent des artistes bien inférieurs sans doute aux précédents, mais pourtant estimés ' ». Et il cite dans ie nombre des sculpteurs comme Polyclès d'Athènes, qui, nous le savons déjà, travaille à Rome pour Métellus. Assurément, quand il parle de renaissance, Pline se place au point de vue romain; pour lui, elle commence au moment où l'art grec pénètre à Rome ; or, on l'a souvent remarqué, cette date de 154 est bien voisine de celle oà un groupe d'artistes athéniens vient décorer les monuments construits par Métellus. C'est donc vers le milieu du second siècle avant notre ère que l'art grec refleurit sur le sol romain, et y dépose les germes féconds d'oh sortira l'art gréco-romain. Dès lors, la méthode que nous avons à suivre est tout indiquée. Nous devons examiner ce qu'est la sculpture en Grèce à cette époque, et suivre à Rome les représentants des écoles qui travaillent le plue activement à propager, chez les nouveaux maîtres du monde, le respect et l'admiration du génie hellénique. Trois écoles surtout prennent part au mouvement de renaissance signalé par Pline : les Attiques, les Asiatiques, les Alexandrins. Comme les monuments, les textes et les inscriptions s'accordent à témoigner. du rôle considérable qui revient à l'école attique, c'est vers Athènes que nous dirigerons tout d'abord notre enquête.

§ 3, - LA BCULPTtTEE EN ATTIQUE ET EH GRÈCE.

Malgré sa déchéance politique, Athènes n'en avait pas moins gardé, sous les successeurs d'Alexandre, une sorte de royauté intellectuelle. Elle était restée la ville des lettrés, des philosophes, et protégée par les souvenirs de sa grandeur passée, flattée, choyée par les princes grecs, elle avait pu se bercer de l'illusion d'être encore, comme jadis,

1. Pline, JVai. Slit, 81, 51. a CessaTÏt deinde ara, aa misas olympiade CLVI revirit, cnm tnere longe quidem infra praedictoa, probatitamen Antaens, Callistcatns, Fo1;clesAtlieiis«aa,Callixmn3,Fjtli<}cIe3...li

Hosted by

« l'Hellade de l'HelIade b. Nombre de monuments témoignaient du culte que îui rendaient ses admirateurs. L'ex-voto d'Attale I, consacré sur l'Acropole, le portique d'Eumène, la stoa d'Attale II, attestaient le zèle empressé qu'avaient mis les rois de Pergame à se concilier la faveur des Athéniens. Séleucos Nic^tor leur avait rendu les statues de bronze des Tyrannoctones, enlevées par les Perses. Jaloux de leur laisser un témoignage éclatant de sa sollicitude, Antiochos Epiphane avait repris la construction de l'OlympiéJon si longtemps interrompue, et le Gorgonéion de bronze' doré qui étincelait au-dessus des gradins du théâtre de Dionysos, rappelait à tous l'hommage rendit par le roi de Syrie au génie d'Athènes.

En l'année 201, Attale I faisait, par la porte du Dipjdon, une entrée solennelle dans la ville. Des envoyés romains l'accompagnaient. Introduits à Athènes par un prince philheliène, ils y pénétraient comme dans la cité sainte des arts et des lettres. Quand les Romains interviennent en Grèce à main armée, ces sentiments de déférence envers les Athéniens ne se démentent pas; ils respectent leur liberté, proclament leur indépendance, et reconstituent pour eus une sorte d'empire colonial dont le centre est l'île de Délos. De leur côté, les Athéniens accueillent les Romains avec faveur; ils les appellent « leurs alliés s (a6<^.[j.y.yo'.) s. leurs bienfaiteurs » (sÙEpysTai) ; ils sanctionnent cette alliance par des consécrations religieuses ; ils instituent une prêtrise des Charités, du démos et de Rome, et la déesse Rome est honorée d'une statue sur l'Acropole, comme l'amie de la grande déesse Poliade '.

Pourtant les Romains entendent bien que leurs flatteries soient payées par l'obéissance des Athéniens. Quand ceux-ci, séduits par les victoires de Mithridate, prennent parti pour le prince oriental qui rêve de refaire sous son hégémonie l'unité du monde grec,, ils ne tardent pas à sentir la rude main de Rome. En 86, Sylla se charge de les faire rentrer dans le devoir. La prise d'Athènes, les massacres du Oéramique, les exécutions sanglantes ordonnées par Sylla, marquent la iîû de la demi-indépendance, pins fictive que réelle, qui dissimulait aux yeux des Athéniens les exigences du protectorat romain. Dès lors

Atiea, p. 246 et snivantes. Snr les premiers rapports d'Atliénes Th. Eeinaoh, Mithndafe Espator, p. 185 et Buirantes.

Hosted by

Hosted by

dans l'exécution. Andronikos avait pu doter d'un monument fort utile ie quartier de l'agora; ce qui est sûr, c'est que l'art n'y gagnait rien.

Il serait injuste de juger, d'après ce médiocre échantillon, la sculpture monumentale dans l'Athènes du premier siècle. Une autre série de bas-reliefs nous en donnera une meilleure opinion. On voit encore en place, au théâtre de Dionvsos, une suite de dalles sculptées qui dé-

Borée. Baa-relief de la Tonr des Vents (Athènes).

corent Vliyposleénmn, c'est-à-dire le soubassement supportant la partie avancée de la scène oà parlaient les acteurs (W'eTov), Cette construction date del'époque impériale ; misait, en effet, parle témoignage d'une inscription, que le logeion actuel fiit établi par les soins de l'archonte Phaidros, sous le règne de Septime- Sévère (192-211). Mais les basreliefs utilisés par Phaidros datent certainement d'une époque plus ancienne, et il faut, croyons-nous, en placer l'exécution avant l'ère chrétienne'. On a lieu de croire qu'après le siège d'Athènes par Sylla (86), une restauration du théâtre fut jugée nécessaire; le style des

1. Voir JqIîus, ZeiischHft fur biU. Kmiet, 1877, Xin, p. 239, Cf. James E. Wheeler, Papirs i/the americmi School at Afkent, I, 1882-1888, p. 13G et euivantes. Cnrtius les pince au début d« l'époque impériale, StadtgescMchle, p. 271.

Hosted by

bas-reliefs conviendrait bien à cette date. Les dalles sculptées

ployées par Phaidros pour l' ornementation de VhyposMmon sont au nombre de quatre; elles étaient séparées par des Silènes accroupis dont un seul a été conservé K En partant de la gaucbe, la première montre la naissance de Dionysos, Zeus assis sur un trône, et Hermès tenant le dieu nouveau-né, en présence des Curetés crétois. Notre figure 325 reproduit la suivante. Dionysos, debout près d'un autel, et

Pig, 325. — Sacrifice i. Dionysos. Bas-ielief de rhypoakéuioii du théâtre de Dionysos (Athènes).

couronné par un jeune homme, assiste au premier sacrifice rustique qui lui est offert. Ikarios, escorté de son chien, amène près de l'autel la chèvre Erigoné ; une femme , Maera, apporte des gâteaux. Plus loin viennent trois figures dont l'expUcation reste incertaine. Enfin, sur la dernière plaque, Dionysos reçoit les hommages de la Tyché d'Athènes, de Thésée et d'Hestia ; c'est dans son propre théâtre qu'est dressé pour lui le trône richement orné où il est assis, car on aperçoit derrière lui la silhouette de l'Acropole couronnée par la colonnade du Parthénon. Si l'intérêt mythologique de ces bas-reliefs est considé-

1. Pour rétude des baa-reHeff, vojr Mata, Annali, 1870, p. 97, et Jfonum. inedUi, toI. IS, pi. 16. Cf. James B. Wheelec, oH. cilé. Dew dea dalles sont reproduites pat Brann, DenSmaeler, n" lô.

B GIlECqTIB. — T. II. ^°

Hosted by

rable, leur valeur d'art l'est beaucoup moins. Pourtant on ne saurait méconnaître la correction du style, et le soin de l'exécution. En historiant le fond suivant les principes du bas-relief pittoresque, le sculpteur a fait des concesaioos au goût hellénistique ; mais son œuvre n'en garde pas moiûs une saveur classique, et l'analogie qu'on peut relever entre sa Tyché et l'Eiréné de Képhisodote atteste qu'il n'a pas oublié les modèles du quatrième siècle.

A la môme époque appartiennent deux élégants bas-reliefs découverts en 1862 au théâtre de Dionysos, et conservés au Musée central d'Athènes'. Ils proviennent sans doute d'une balustrade, destinée à séparer les spectateurs de l'espace réservé à l'orchestre. Chacune des deux plaques montre une figure de danseuse, vêtue de l'ample himation dont le flottement, dirigé parles gestes et les mouvements de la danseuse, constitue un véritable jeu orchestique ^ L'une d'elles s'avance d'un pas mesuré, la tête nue, une main cachée sous le manteau. L'autre, avec ime grâce provocante, rejette la tête en arrière, et tient du bout des doigts le bord du manteau dont l'étofife voltige autour d'elle (fig. 326) '. Le sculpteur attique du second ou du premier siècle auquel nous devons ces deux figures n'en a certainement pas inventé le type ; c'est un motif de répertoire, qui reparaît, à peine modifié, sur d'autres monuments \ et dont la création remonte, suivant toute vraisemblance, au quatrième siècle. Les deux bas-reliefs d'Athènes n'en offrent pas moins un vif intérêt, car ils prennent place à la tête d'une série très nettement caractérisée, celle des bas-reliefs néo-attiques. Nous trouvons là le premier exemple de ces emprunts directs à un ancien répertoire, si fréquents dans les bas-rehefs néo-attiques; nous surprenons un des symptômes les plus significatifs du mouvement de renaissance dont les Attiques seront les principaux initiateurs.

L'histoire des artistes attiques et l'étude de leurs œuvres est particulièrement instructive pour cette période. Au second siècle, et dans

1. OavTadiaE, Catalogue, aP' 260-261. Hejdemaim, VerMlite Tmizerinn, p. S. Hausci, Die «ébattischen Edkfi, p. 43, n" 59.

2. Cf. Maurice Emmaunel, -Essai sar l'orclteatigtie grecque, p. 209.

Page 1