‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 5 sur 330 · Métope XXXL · texte numérisé non relu

Métope XXXL

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et fait songer au groupe des Tyrannoctones. La tête du Centaure est hideuse et grimaçante; la barbe et les cheveux, détaillés par boucles, sont traités suivant l'ancienne méthode. Surtout, l'artiste a Bupprimé les draperies, comme si, formé à l'école des maîtres archaïques, il se sentait plus à l'aise devant une figure virile nue, aux formes athlétiques. Mêmes particularités dans la métope XXXII, où la tête du Centaure , bien que très mutilée, n'est pas sans analogie avec celle du Marsyas de MyroD. Le style de transition apparaît dans la métope IV, où le type du Centaure devient plus régulier, avec sa barbe et ses clieveus massés sobrement, et fait déjà penser au type classique de l'Athénien, dans les stèles funéraires postérieures à Phidias. Voici enfin, avec les métopes VII, XXVII et XXVIII, le beau style libi'e, complètement, dégagé des traditions archaïques. Au Heu du raide combattant de tout à l'heure, nous voyons des corps élégants et souples, modelés avec un art exquis. Les têtes conservées sont par malheur fort rares ; c'est ce qui donne une haute valeur à la tête de Lapithe appartenant à la métope VII, et conservée au Louvre (fig. 6) '. La chevelure courte, tenue lisse pour servir de fond à la polychromie, le front bas, coupé par un sillon, les yeux largement ouverts et cernés par des paupières épaisses, la bouche aux lèvres

1. Monnmenle greci, n™ 11-13, pi. ]-5, nrtîde ae 11. Héron de Villefosse. Waldstein, Essays, pi.. I, p. 98.

eCOLPTCEB e.REClJCE, — T. H.

- Tête de Lapitlie appartenant à la métope VII du P!iïthéuon.(Mnsée du Louvre.)

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saillantes, tout cela compose une physionomie énergique et juvénile, oh l'expression trouve déjà sa place. Mais surtout, dans cette série de métopes, nous voyons apparaître un élément tout à fait nouveau, à savoir la draperie, non plus rigide comme dans l'art archaïque, mais souple, légère, s'associant pour ainsi dire à l'action des personnages, tantôt s'envoknt en larges plis, tantôt s'étalant comme pour former le fond du tableau. Qu'on ne s'y trompe pas : c'est là dans l'art grec toute une révolution. A voir le parti pittoresque que les sculpteurs tirent ainsi de la draperie, on sent que l'influence des modèles fournis par la grande peinture, par les fresques des Polygnote et des Micon, a fait pénétrer dans la sculpture décorative un esprit nouveau. Et si nous cherchons l'homme qui a su deviner de quelles ressources imprévues la plastique pouvait ainsi s'enrichir, nous nommerons sans hésiter Phidias.

Les divergences de style dont témoignent les métopes du Parthénon s'expliquent sans peine. Œuvre collective, anonyme, les métopes sont, dans la décoration du temple, la partie lapins ancienne, celle dont on dut s'occuper tout d'abord. Sans aucun doute, Phidias avait mis à l'œuvre des artistes de talent inégal, les uns encore attachés aux anciennes traditions, les autres plus jeunes, et déjà pénétrés de l'influence du maître. Quant à distinguer les écoles oîi Phidias avait recruté des collaborateurs déjà formés, on ne saurait le faire avec une entière certitude. Qu'il y eût dans le nombre des élèves de maîtres attîques contemporains de Cimon, comme Critios et Nésiotès ; que d'autres fussent des disciples de Myron, il n'y a rien là d'invraisemblable. Mais ne faut-il pas faire aussi la part de l'influence de Phidias? Nous reconnaissons volontiers la main de ses élèves dans les métopes du style le plus récent, dans celles oîi la beauté de la forme et l'intensité du sentiment annoncent que le plus grand des maîtres attiques a déjà fait sentir sa puissante action.

§ 3, — LE FEONTON ORIENTAL.

Au-dessus des métopes, sur les deux façades de l'est et de l'ouest, le cadre des frontons se projetait en forte saillie. La corniche et les

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LE PAETHENON. ■ - 19

rampants cernaient un tympan triangulaire large de 28'",35, haut de 3°',46, avec une profondeur de 0*^,91 centimètres. C'était, on le voit un vaste champ ouvert au sculpteur, et ménagé à souhait pour recevoir une suite imposante de statues en ronde-bosse. On sait déjà quel a été le sort de ces marbres , et comment les statues conservées dans la saiîe d'Elgiû, au British Muséum , n'en représentent qu'une trop faible partie.

Le fronton oriental, qui doit nous occuper tout d'abord, était déjà très mutilé à l'époque du voyage de Nointel. Les dessins de Carrey montrent que les statues de la partie centrale avaient disparu. Elles ont sans doute été enlevées lorsque le temple fut converti en église, et que, pour éclairer la voûte de l'abside, les architectes byzantins pratiquèrent une fenêtre dans le tympan du fronton. Cette lacune porte par malheur sur les figures les plus importantes. On ignorerait jusqu'au sujet du fronton oriental, si quelques mots de Pausanias ne nous l'indiquaient : (c Quandon entre dans le temple appelé Parthénon, tout ce qu'on trouve dans ce qu'on nomme les frontons a trait à la naissance d'Athéna'. »

Phidias s'était donc inspiré du mythe suivant lequel la jeune déesse était sortie de la tête de 2eus, entr'ouverte par le coup de hache d'Héphaistos ou de Prométhée. C'est l'épisode que retrace, en vers magnifiques, l'hymne homérique à Athéna. « Je chante Pallas Athéné ,... vierge pudique, destructrice des villes, irrésistible, que le prudent Zeus enfanta seul, de sa tête auguste, revêtue d'armes de guerre étineelantes d'or. A sa vue , tous les immortels furent saisis d'admiration. Elle cependant, devant Zeus qui tient l'égide, s'élançant de son crâne, bondit impétueusement ; le vaste Olympe frémit de terreur sous le regard de la déesse ; la terre retentit d'une façon terrible ; la mer s'agita, et les flots sombres se troublèrent, et l'eau salée déborda soudain, et !e fils brillant d'Hypérion arrêta quelque temps ses chevaux rapides, jusqu'à ce que la vierge Pallas Athéné eût dépouillé ses épaules immortelles de ses armes divines ; et le prudent Zeus se réjouit. » L'hymne homérique dépeint une série de scènes successives ; mais les conditions imposées à la plastique sont toutes différentes, et

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