‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 51 sur 330 · Thucyaida, VII · texte numérisé non relu

Thucyaida, VII

8. J. Siï, Jahriash des arch. Insl., VII, 1892, p. ISà. M, Six a proposé de reconnaître une copie de la atatne sar un lécythe à figures noiiea et & fond blanc de l'ancieniie collection de Luynes. Cette hypothèse a été combattue par A. Gercke, JaÀrbuch des arch. Lut., VIII, 1893, p, 113. Cf. Kekulé, Arth. Ameiger, 1883, p. 7î, note 1.

4. Pline, Nat. Hist., 34, 74. Pansaniaa parle anssî d'une statue de PériclÈa qui se tiouTaitenrl' Acropole (I, £5, 1). C'était donc nne atatoe-portrait, celle-li même dont la base a été retuourée sac FAcropole, aTeo l'inBcriplion rfE.pi]ii),soî [Kpe<i]i),«iiioi£. ToiriEiTion ôfz. 1889,p. 86,et Corpu!/«jci-,oHicor., p. 164, 403'.

6 Bustes du Britisli Muséum, .inrietii^MarMes, H, pi. 32; da Vatican, Viscontl, Mmeo Pio-CUmeatim. TI, 29 ; Arch. Zeitmg, 1868, pi. î, 2. Helbig-Toutain, Guide, I, n» 281 ; de Munich, Brunn, Beichr. dtr Glyplotheh, n" 157. Cf. rhermés de la Collection Barracoo, Cdl. Barra£ci>, pi. XÏXIX, XXSX».

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LES C0NTEMP0RAIK8 DE PHIDIAS Ï33

dès porte le casque corinthien rejeté en arrière; mais ce n'est pas là un expédient destiné à dissimuler la grosseur de sa tête, de cette « tête d'oignon » dont s'égayaient les poètes comiques ; il faut y voir simplement l'insigne des fonctions de stratège qu'il occupa pendant quinze an-

Flg. 63. — Hermès de PéridcB. (Brîtiah Muséum.)

nées '. Lemarbre fait revivre pour nous, avec une singulière intensité de vie, l'image du grand orateur, et dans ces traits fermes, réguliers , nous cherchons volontiers l'espression des qualités morales qui expliquent et

1. Le Muaés de Berlin possède im buste casqué, où I'oe peut reconnaître l'image d'un stratège athénien de la seconde moitié du cinquième siècle. (BeacSr, der nul. Shilptaren sa Berlin, n" 811). ]H!.rnrtwaengler a proposé de l'attribuer également & Crésilas. {Meistenoerke, p. 275.)

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justifient la fortune de Périclès : le don de la persuasion, une douceur résolue, une grande dignité de vie, une incomparable hauteur de pensée. On louait l'artiste d'avoir encore ajouté à la noblesse du modèle: il semble que ce ne soit pas tout à fait une formule banale. C'est bien là le portrait tel que le comprend un maître du cinquième siècle, qui ne sacrifie pas à un réalisme brutal et terre à terre, dégage le trait saillant d'une physionomie, et jusque dans un type individuel poursuit la recherche d'une sorte de caractère général.

Si l'on en juge par la liste de ses œuvres, Crésilas fait bonne figure parmi ses contemporains. Il travaille pour un habitant d'Hermione, qui lui commande un ex-voto à Déméter chthonienne '. Il exécute pour les Ephésiens une Amazone blessée, dont une statue du Capitole est peut-être une copie ^. Les fouilles de Deiphes nous ont fait connfâtre une base portant sa signature : c'était une œuvre à laquelle les textes ne font point allusion \ Eniîn on lui attribue un Doryphore, et ce témoignage semble indiquer que le sculpteur crétois n'a pas connu seulement les maîtres attiques, mais qu'il a peut-être avec Polyclète quelques points de contact \ On voit par là combien serait étroit un jugement qui ne tiendrait pas compte de ces mélanges d'influences. Nous n'avons pas le loisir de discuter ici toutes les hypothèses qui ont été récemment émises sur Crésilas. M. Kekulé lui attribue l'original d'une tête en marbre d'Anacréon conservée au Musée de Berlin*. Dans une ingénieuse étude, M. Furtwaengler lui fait honneur de plusieurs œuvres longtemps restées anonymes, comme le prétendu Alcibiade de la sala délia btga au Vatican, le Diomède de Munich, la Pallas de Velletri au Louvre, le Diadumène de Petworth et le beau masque de la Méduse Rondaninî à Munich^. Mais aucune de ces conjectures n'entraîne la certitude, et l'Sermès de Périclès reste la seule œuvre où nous puissions reconnaître, avec quelque sécurité, le style de Crésilas.

Tous ces noms d'artistes, toutes ces œuvres en grande partie perdues

1, Loewy, laachr, gr. BUdh., n" 45,

3. Voir, pour ces tjpea d'Amazonss, et le soi-diaant conconra onTert pat les Ephésiens, notre tome I, 1>. 503, et Furtwaengler, Msialerwelx, p. 386-303. 3. Bull, de correap. MUa., 1894, p. 181. i.Jalrb. âfsarch. 7bb(.,VII, 1892, p. 119, pi, 3. 5. Furtwaengler, Meiiterwerlce, 277-337.

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et dont l'érudition cherche à découvrir les copies, tout cela nous fait entrevoir à Athènes, au temps de la guerre du Péloponnèse, une activité surprenante. Une des époques les plus troublées de l'histoire athénieune en est aussi la plus brillante. On s'explique facilement qu'au début de la domination romaine, la vogue revienne au grand style attique du cinquième siècle,, et qu'une armée de copistes en reproduise les œuvres les plus célèbres. Vers le second', siècle avant notre ère, une; véritable renaissance se produit, qui s'inspire de ces modèles et en multiplie les copies. Ces répliques peuplent nos musées ; c'est à elles que nous sommes trop souvent contraints de nous adresser, pour nous renseigner sur les maîtres contemporains de Phidias. Aussi est-ce une bonne fortune de pouvoir signaler une œuvre originale, qui nous met sous les yeux, sacs altération, les formes de style de l'école attique. En 1892, le musée de Berlin a acquis une grande statue de femme

drapée, provenant de Venise, et sans doute enlevée en Grèce par un des compagnons de Morosini ' ; c'est celle que reproduit notre figure 64.

drapée. (Mus^e de Berlin.)

1. Eeknlé, Uebsr eine tmiblkht Gsimtndsta 1894 Cf. Arci. Âmeiger, 1893, p. 71.

s dei- WerMalt der PaHhsnonghhâfgur.

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Le sculpteur italien chargé de la restaurer avait placé sous son bras gauche un grand vase, et du même côté, sous le pied un peu relevé, une tortue. M. Kekulé restitue sous le pied gauche un oiseau , sans doute une oie, dans la main droite une colombe, et fait reposer l'autre bras sur une idole de style archaïsant; il y reconnaît une Aphrodite. Peu d'oeuvres sont plus étroitement apparentées, pour le style, aux sculptures du Parthénon, en particulier au groupe des Parques. Même fluidité des plis du chiton sur la poitrine et sur les bras; même ampleur dans le jet de la draperie du manteau. Tout dénonce la main d'un élève de Phidias. M. Kekulé ne propose qu'avec réserve le nom d'Agoracrite; mais on peut souscrire en toute certitude à son jugement lorsqu'il reconnaît ici l'œuvre d'un des sculpteurs qui, avec Phidias et sous sa direction, ont travaillé aux groupes du Parthénon, Si les originaux sont rares, nous ne devons pas renoncer à interroger les copies qui peuvent nous donner une idée plus complète de l'école attique. Une tête de déesse du musée de Berîin, plus grande que nature, dérive directement d'un original attique de la seconde moitié du cinquième siècle (fig. 65) '. L'expression calme et majestueuse du visage semble dé.signer une Héra. La chevelure est ceinte d'un large bandeau qui s'élargit par derrière en forme de sphendoné ; au-dessus des tempes, les bandeaux relevés le recouvrent en partie, et leurs ondulations cou-

Fig. 6o. — Tête de déesse. Musée de Berlin. (D'après Fiatwaenglec, Meùlermrke, pi. T.)

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