B. Schneider, mémoire cité, pi. I
6. C'est ainsi qne, pour prendre un terme de comparaison dans l'art moderne, la scène de la naia-
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LEPABTHBNON. . 21
dans le fronton oriental du Parthénon représentait le moment qui suit la naissance d'Athéna. On peut même aller plus loin, sans franchir la limite des hypothèses permises, et assigner leur place aux principaux acteurs de la scène centrale. En explorant minutieusement la corniche dufrontonqui supportait les statues , M. Bruno Sauer a reconnu que les marbres disparus n'en avaient pas moins laissé des traces encore apparentes '. Il suit de là que Zeus, assis sur son trône, était placé de profil, et non pas au centre du fronton, mais à gauche de la ligne médiane. Athéna, dont la lance posait sur le sol, lui faisait face dans la
l'Athéna, Ijae-relief d'un puieal de Madrid.
partie droite. Enfin le torse d'Héphaistos, conservé à Athènes, nous donne le mouvement de cette troisième figure ; le dieu, les bras levés, le corps un peu rejeté en arrière, brandissait encore sa hache, et restait frappé de stupeur à la vue de la déesse qui avait brusquement bondi entre lui et le maître des dieux. Ainsi, par un procédé de composition tout nouveau, l'artiste avait supprimé la figure centi-ale qui, à Égine et à Olympie divisait rigoureusement le fronton en deux
sance d'Eve s'est tranef ormée. Dans nn intéressant mémoire, M K k lé m ti: mm n n leo ^ a i-eliets chrétiens, les ivoires, les mimatnrea, les anciens im g lé tent E ta In i a
d'Adam.; c'est le même réalisme iini inspire les viens oéram e« g La œpt d 1
chacge an quinsiàme eiècle avec Ghibertî ; et on sait comm nt M h 1 An e e Eapha^^L d n d peinturée célèbres, montrent le moment qni suit la naissance de 1 p m è f mm X kulé U be d Daritelîung âer Enekaffung der Eva, JàhTbach des arch. Iml., Y. 1890, p. Icfl.
1. Bruno Sauer, Miaheil. AtUn, STI, 1891, pp. 59, 94, pi. III. Ct Ântike Dmicmaeler, I, 1890, pL 68 B. M. 3. Six a mis à profit ces recherclies pour proposer nne restitution graphique de la partie centrale du fronton. JohrMch des arch. I«st., IX, 1894, p. 88-87.
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parties égales. C'était une rupture complète avec la loi de symétrie, encore étroite et rigide , si pieusement respectée par les -maîtres archaïques.
Il serait téméraire d'insister sur une restitution dont les principaux éléments font défaut. Placer à droite et à gauche du groupe central quelques-uns des grands dieux est une hypothèse qu'autorisent, il est vrai, les peintures de vases; mais ce n'est là qu'une conjecture. Tout au moins les statues conservées nous renseignent sur un fait important, d'où doit découler leur interprétation. Le lieu de la scène est le ciel des Olympiens; les figures d'angle sont celles d'Hélios et de Séléné. C'est donc une assemblée divine qui assiste au merveilleux prodige de la naissance d'Athéna.
Sur le chiffre total des figures que comprenait le fronton oriental, onze seulement, plus ou moins mutilées, sont parvenues jusqu'à nous ; il faut y joindre les têtes de chevaux conservées à Londres, et qui proviennent des deux groupes des angles. Deux des morceaux du fronton se trouvent encore à Athènes ' ; les autres appartiennent au British Muséum. Ces statues sont celles des deux ailes du fronton, et le dessin de Carrey, qui les montre en place, permet d'en rétabhr sans peine l'ordonnance. Nos deux figures 8 et 9 reproduisent l'état actuel des statues, d'après la disposition adoptée au British Muséum". Si nous commençons par l'aile gauche, en nous dirigeant du centre vers l'angle gauche, nous trouvons d'abord, dans la partie la plus rapprochée du groupe centra!, une figure de déesse, probablement Iris, qui s'avance à grands pas vers un groupe de deux divinités assises (fig. 10) '. La jeune messagère s'élance vivement, comme pour annoncer l'événement qui tient en suspens les Olympiens. La tête encore tournée vers Zeus et Athéna, elle retient d'une main son manteau gonflé par le vent, et dans ce mouvement de marche rapide, presque de vol, les formes du corps s'accusent sous la sou-
1. Le torse d'Hépliaistos, fig. H, pi. 3 de l'atlas ds Michaelis, Dei- Pai-thenon; et le toi'sede Séliné, fig. N, ihid Ce dernier est désigné par la lettre L eur notre figure 9.
2. La question des noms qui conTiennent aui fignres a été maintes fois discutée. En 1871, M. Mîchaelis ne comptait pas moine de dis-neuf ayatèmes d'interprétation pour les statues conserrées. (JJfy PûrtienOTi, p. 185). Cf. Peteisen, IHe Kunst des Phsidiai, p. 105-150.
3. Catalogue o/Sciditture,p!a A.. H. Smith, p. 110, q° 303 ». Cf. notre fig. 8. G.
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r^ures de l'aUe dmite da fronton onental dn Paithénoji. Etat actuel au British Muséum.
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LE PARTHBNON.
pie étoffe de' son chiton, qui se creuse de plis obliques, larges et profonds. Avec cette allure impétueuse, l'Iris du Parthénon est comme le prototype dès figures volantes que l'art grec va multiplier, et nul
Parthénom, aile gauche. (British IMuseum.)
doute que la Niké de Pseonios n'en dérive plus ou moins directement. Vient ensuite un admirable groupe, où l'on reconnaît sans trop de difficulté les deux grandes déesses d'Eleusis, Déméter et Coré (fig. 11) '.
' Catalogue, p, 103, -a." 30S E. F. Quelques érudits ont repris l'iiypothèse de Brondsted {Voyages SODLPTCKB GBBCQUE. — 1. 11. .i
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Assises sur des sièges très bas, recouverts de tapis repliés, toutes dens portent une longue tunique de laine, sur laquelle est jeté un manteau. Le nom de Déméter semble bien convenir à la figure de gauche. Avec un geste plein d'abandon et une familiarité maternelle, la déesse s'appuie sur l'épaule de sa fille. Coré, assise plus haut sur une pile de coussins phis épais, se retourne à demi vers sa mère. Par un mouvement d'une magnifique ampleur, qui dégage le buste, et en fa,it valoir les fermes contours, son bras gauche étendu s'éloigne du corps pour s'appuyer sur un sceptre; de la main droite elle tenait un attribut aujourd'hui disparu, peut-être une pomme de grenade. Peu d'œuvres dans la statuaire hellénique noua donnent mieux la sensation de la beauté simple et forte, telle que l'art grec sait la réaliser à ce moment unique de son histoire. Ces draperies d'un jeu si riche et si hbre, traitées avec une exquise souplesse; la robuste et fière élégance des formes qu'elles voilent, eu les laissant deviner sons leurs plis ; le modelé large et pur des bras nus de Coré, tout cela révèle une maîtrise d'exécution qui n'a jamais été dépassée. Et quelle puissance de conception dénotent ces attitudes si tranquillement majestueuses, et qui semblent réalisées sans effort, sans recherche, tant les mouvements ont d'aisance et de naturel!
La figure suivante se rapproche de l'angle du fronton ; elle est à demi couchée, en raison de l'espace plus restreint que laisse, en s' abaissant, la corniche du tympan. Des observations faites par M. Bruno Sauer ' , il résulte qu'elle était plus enfoncée dans le fronton qu'on ne le supposait jusqu'ici ; le coude gauche touchait le mur du tympan et le buste se développait presque de face dans toute sa lai'geur. La figure est celle d'un jeune dieu, imberbe, complètement nu, et reposant sur un rocher que recouvrent, comme un moelleux coussin, une peau d'animal et la souple étoffe d'un himation. Le dieu s'appuie nonchalamment sur le bras gauche, qui tenait un attribut exécuté en bronze ; la main droite soutenait un objet aujourd'hui disparu (pi. II).
« JîacfteriîAe!, ir, p, Xl)et ont proposé a'y l'ecomiaitreks Heures. Brimn, BeHcUe âerla'jer. Ahad., 1874, II, p. 16. Waldatein, Easayi on the ait ofPheidias, p. 147. Fuitwaenglei', ihUteriiierhe, p. 247. Ce gronpe a été étndié par Eajet (ilon. de l'ail antisae, pi. 32) nveo l'iaterprètation que nous adoptons. Outrerhéliogcaviirede Rayet, la meilleure reproduction est celle de Scooa, Deiihiiadei; a" 188, l.JIiUheil.M!ien,XTl,lS9ï,p. 82;of. Gamlogm o/ Sadptia-e, -g . I07,n»303D.
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LBPABTHÉNON. . 27
La tradition moderne a consacré le nom de Thésée qu'on lui prête d'habitude. Pourtant il va de soi que le héros attique ne peut assister, parmi les immortels, à !a naissance de sa protectrice Athéna. Le nom " d'Héraclès conviendrait bien au type de la statue ; mais Athéna étant l'introductrice d'Héraclès dans l'Olympe, la présence du héros constituerait une sorte d'anachronisme ', Il est plus légitime de reconnaître ici un des grands dieux, Dionysos, couché sur une peau de
(Bc t^sh Muséum.)
lère, et ..tenant une coupe de la main droite *. Quel que soit le nom auquel il ait droit, le prétendu Thésée est une de ces œuvres qui restent comme un modèle inimitable de grandeur et de noblesse. Exammez-le sous tous ses aspects, tel, par exemple, que le montre notre
I. Petersen, i)ieJr«nsiiîesi'SBidia!, p. 1I6-12Î. M. "Waldstein a repria nne intfirprétatioii déjà proposée par Bnum (Beocifeiîe!- iayeî-. jliad., 1874} et reconnu ici la peraonnifloation du mont Olympe . {Eisass on the art o/Fheidias, p. 185) , M, Pnrtwaengler le nomme Céplmle, ouvr. eilé, p. 249.
2- Voirie rapproahement établi entre la statue du Parthénon et un relief d'un vase en terre cuite du Britisli Musenm : Catalogue o/ ScidptuTe in the BrUUh Mutmm de A. H. Smith, 1893, p. 108.
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figure 12, du côté oh. il était adossé au tympan du fronton; l'art y est si parfait, il satisfait si complètement l'œil et l'esprit qu'il faut quelque réflexion pour comprendre par quelle simplicité de moyens il atteint cette suprême aisance et cette largeur magistrale. Kien qui sente l'effort ou l'étude : la pose pleine d'abandon et de naturel fait valoir le jet libre et harmonieux des lignes , dessine la souple flexion du torse, et donne une grâce tranquille à ce corps robuste où la beauté resplendit dans tout son éclat. Un modelé large et gras, sobrement rehaussé par des accents d'une saveur exquise, fait courir à fleur de marbre comme le frémissement de la vie, avec un dédain superbe du détail inutile. Mais ce que les mots sont impuissants à exprimer, c'est la fraîcheur d'inspiration, la limpidité de cet art qui trouve comme en se jouant la véritable grandeur.
À l'extrémité gauche du fronton, pi'end place la figure d'Hélios guidant son char qui sort de la mer '. Par une conception hardie, toute nouvelle dans la sculpture, l'artiste a résolument supprimé la plus grande partie des figures; seuls la tête et les hras d'Héîïos et les têtes des chevaux émergent des flots. C'est là, sans aucun doute, un de ces emprunts à la peinture murale que nous aurons plus d'une fois l'occasion de relever. Dans ses grandes fresques de Delphes, Polygnote avait donné l'exemple de ces figures en partie cachées ; une des scènes de l'Ilioupersis montrait Epeios détruisant les murailles de Troie, et à côté de lui, la tête du cheval dourien seule visible ^. A Athènes, dans une fresque de l'Anakeion, Micon avait sacrifié une des figures, celle de Boutés; le héros attîque était caché par un pli de terrain; on ne voyait que son casque et le haut de son visage ". En s'emparant de cette invention la sculpture décorative pouvait en tirer de très heureux effets, et nous en voyons l'emploi auParthénon. Ainsi coupée, la figure d'HéHos n'en a pas moins tout son mouvement. Le dieu du soleil, les bras tendus, tient les rênes de l'attelage, tandis que les chevaux, pleins de feu, redressant leur tête nerveuse, tout frémissants sous la
1. Kg. 8, A, H, c. Biuan, Denkmmler, n" 138. Catalogue e/Sadplure, p. 103, n"' 303 A, B, C,