Cf. HomoUe, Bail, de corresp. helUn., III, p. BS
E GEBCQrS, — T. Il,
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pine ', vous sentirez que cette méthode de groupement a fait fortune, et pénétré dans l'art industriel. Est-ce à dire toutefois que les acrotères de Délos appartiennent à une date bien avancée dans le quatrième siècle? Nous ne le croyons pas. Les caractères du style montrent que l'influence de l'école de Phidias n'a pas encore disparu, et l'on a pu, non sans raison, comparer à la Niké de Pœonios rOrithyie du groupe de Borée. Nous ignorons sî l'auteur de ces sculptures est un Athénien ou un artiste des îles. Mais est-it invraisemblable d'admettre qu'un sculpteur ionien, élève des Attiques, a pu, fort peu de temps après 394, imaginer ce procédé de groupement tout nouveau, et donner comme couronnement à des frontons ces groupes d'un jet hardi, à l'allure triomphante, et prenant leur essor au battement des grandes ailes éployées ?
Tandis que l'activité règne à Délos, et que de nouveaux édifices s'élèvent dans le téménos d'Apollon, d'importants travaux transforment à Epidaure la physionomie du sanctuaire d'Asclépios. Depuis que les fouilles dirigées par M. Cavvadias, de 1881 à 1887, ont déblayé sur «ne large surface l'enceinte sacrée d'Epidaure ^, nous pouvons nous faire une idée exacte du Mêron oîi les dévots pèlerins venaient, de tous les points de la Grèce, chercher la guérison et la santé. Dans la plaine ondulée, d'aspect tranquille, à laquelle les pentes du mont Kynortion, celles du Titthion, et les croupes grises de l'Arachnfeon forment nn décor pittoresque, un groupe imposant d'édifices se pressait autour du temple. Avait-on franchi les Propylées doriques par où l'on pénétrait dans l'enceinte? on rencontrait un temple d'Artémis, puis un édifice rempli de statues et d'offrandes; plus loin l'Asclépiéion, long de 24 mètres, large de 13, où se dressait la statue chryséléphantine de Thrasymédès ; on approchait du grand
1, E. Cnrtiua, Zioei Giebelgrappen aai Tanagra, Berlin, 1873.
2. Un premier compte rendu des fouilles d'Epidaure a para dans les npaxTmà Tij; àp^. 'Etaipia;, 1883-1884, avec un plan du hiéronpat MM. Dœrpfeld et Kaweran. Cf. Eelger, Philoîog. Wocheasckri/t, 37 octobre 1S8S, p. 1S60. Furtwaengler, îbid., 1888, p. 1484. M. Cavvadias en a publié les résultats, d'abord dans l"Etpii(i£pi( ôpxttioJoïix^, 183*, p.49j 1885; p. 41; et ensuite dans uu ouvrage d'ensemble, Fouillfi d'Épidaitrejpar P. Cawaâias, Athènes, imprimerie Viastos, 183S. M. Diebl a, donné un intéressant aperçu de ces découvertes dans ses Excarsioi^s anMoïoguiiits en Gr'ecB. Voir surtout la restauration de M. Defrasse, Épidaiire, Restauration et description des principaux vioii'imenls lîii sanctuaire d'Aidépio», par A. Defrasse et H. Lechat. Paris, 1896 ,
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autel entouré de chapelles dédiées à Hygie, à Aphrodite, à Thémis, à Apollon Maléatas ; du côté de l'ouest, on admirait la Tholos de Polyclète le jeune, l'élégant édifice circulaire dont nous avons. déjà parlé, et les peintures de Pausias qui en décoraient les murs ; enfin, au nord, le long du mur septentrional, on apercevait un double portique ionique, l-ong de 74 mètres; c'était VAbaton, le lieu saint, oîi s'accomplissaient les mystères des guérisons miraculeuses. C'est là, qu'après s'être purifiés et exaltés par des prières , les malades venaient passer la veillée sacrée et attendre l'apparition du dieu; là, dans le silence de la nuit, les portes closes et les lampes éteintes, s'opéraient les cures merveilleuses que racontent tout au long les précieuses stèles trouvées à Épidaure '.
Parmi tant d'édifices de dates difierentes, le temple d'Asclépios appartient bien à la période qui nous occupe. Le style des sculptures le fait déjà pressentir. Mais nous le savons de source certaine, grâce à une longue inscription oii sont détaillés les comptes des travaux du temple, exécutés sous la surveillance de l'architecte Théodotos. L'inscription date du premier quart du quatrième siècle, et la construction du temple prend place entre les années 380 et 375 ''. Au reste, ce n'est pas le seul intérêt de ce teste épigraphique. Il nous montre à l'oeuvre une^équipe de sculpteurs chargée de décorer un temple; il nous fait connaître la répartition du travail, et jusqu'au salaire des artistes; il nous fait toucher de très près la réalité qui se dérobe si souvent à nous dans l'histoire de l'art grec. Un sculpteur, Timothéos, a fourni des maquettes ou des dessins (tûttoi,) pour la somme de 900 drachmes*; il s'agit,suivant toute vraisemblance, de modèles pour les figures des frontons et des acrotères ; le même artiste a d'ailleurs exécuté lui-même les acrotères d'un fronton. Voici les praticiens qui travaillent d'après les maquettes de Timothéos. L'un d'eux, Hectoridas, reçoit 1,400 drachmes pour des statues destinées à l'un des frontons, et qui sont mises en adjudication \
1. CaTTadias, FosîUes d'Épidaare, I, p. 23 et suivantes, où est repi-odiiite la traduction Irançaiee de ces inacriptionfi donnéa par M. B. Seioach, Sevue ardi., 1884, 11, p. 70, 1S85, I, p. 266. 3. CaTTadiaa, FoaiUei d'Èpidanre, I, p. 7S, ïouoatt. Bail, de corresp. helUn., XIV, 1890, p. 58S-5B4
3. TitLÔBwî JJétq -cwtmiç Èpïô(ra[ir]6ai, 1. 36-37. Cf. 1. 90-91.