‹ Histoire de la sculpture grecque (volume 2)Chapitre 77 sur 330 · Extopî5a[i] ÉvaiETiwv t5ç àiépaî KEpxiBoî · texte numérisé non relu

Extopî5a[i] ÉvaiETiwv t5ç àiépaî KEpxiBoî

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Un artiste dont le nom paraît être Théotimos (0Ed[i^c[Ao;]), sculpte les acrotères d'un côté , tandis que Timothéos se réserve "l'exécution des autres, et touche 2,240 drachmes, comme le précédent. Agathinos a dû faire, pour 2,738 drachmes, un travail important. Pasithémis, qui reçoit 12 drachmes, n'est qu'un simple manœuvre '. Nous voyons bien par là que les sculptures d'un temple sont une œuvre collective, à laquelle participent bien des mains. Mais si les praticiens d'Épidaure portent des noms obscurs, il en est autrement du maître qui a exécuté les maquettes. Ce Timothéos est sans doute le sculpteur dont on voyait à Rome une statue d'Artémis transposée dans le temple d'Apollon Palatin - ; c'est lui qui collabore avec Scopas et d'autres artistes, Bryaxis et Ijéocharès, à la décoration du Mausolée; il signe une statue d'Asclépios à Trézfene, des statues d'athlètes, de chasseurs, de sacrificateurs 3. Cet artiste, qu'appellent en Argolide les hiéropes du temple, est-il un Attique? Nous l'ignorons; mais le fait n'a rien d'invraisemblable, si l'on se souvient que, de 397 à 395, Athènes est l'alliée d'Argos et de Corinthe dans leur lutte contre Sparte.

Les marbres réunis au Musée central d'Athènes ne permettent pas de restituer les frontons dans leur intégrité '. Les statues plus petites que nature, et faites en marbre pentélique, ont beaucoup souffert et montrent çà et là des traces de flammes comme si le temple avait été détruit par un incendie. C'est seulement par hypothèse qu'on peut reconnaître les débris d'une Centauromachie dans les fragments du fronton oriental ^. Ceux du fronton occidental, beaucoup plus importants, comprennent les restes d'une douzaine de figures, dont plusieurs très mutilées. Une Amazone blessée à la

1. Ligaes &7-9È; 103-103; 303. Théosénidas, à, qui M. Fouoart attribue les st-itues do l'un des frontons, n'est pas nn sculpteur, mais un garant (sïyuo;). 3. Pline, Nat. Sist., S6, 82.

3. Pansanias, II, 33, 4. Pline, ibid.^ 84, 91. M. Winter pvopoee de lui attribuer la statue de Lèda arec le cjgue dont la meilleure réplique est au Capitale, MiiihcU. Âtheit, SIX, 1894, p. 157, et pi. VI.

4. CaTvadiaB, Catalogm, n" 136-158. 'Epi]|i., è^y,., 18B4, pi. 3 et 4, FouHles d'Épidaare, pi. THI et SI et p, 19-31, o(i sont décrits les fragments, MM. Defraase et Leoliat en ont donné d'excellentes repraductions, Épidawe, pp. G2-78.

5. Ainsi, une tête d'iiomme baibu qu'un ennemi saisit par les cheveos. Cavvadias, FoiiiHc!, pi, Vllî, Fig. 13. Defcasse et Lechat, Épiâaure, p. 71, fig 11.

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L'ÉPOQUE DE TEANSITION. 197

. gorge et glissant de son cheval , toute défaillante ; une autre tombée sur les genoux, une belle tête mourante, une tête de cheval, permettent de croire que le sujet était un combat de Grecs et d'Âma-

e combattant. Piguœ centrale du frontoii o I, Musée central.)

zones. Mais le morceau capital est la figure centrale, une Amazone à cheval, levant le bras droit pour frapper son adversaire de sa lance ou de sa bipenne (fig. 92)'. Au premier coup d'ceil, on reconnaît un thème familier à la sculpture attique : c'est l'attitude de Dexiîéos, sur la stèle du Céramique, et ce beau mouvement du cheval qui

1. FcuSlei d'Éfidaare, pi, TIII, fig. 1. Bnmn, Dfiihmaeler, n» 20. Defrasse et Lechat, Êpidaiire, p. S*, 65. La statue, en l'état actuel, mesure enTiton 0,30 c. de hauteur.

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s'enlève trahit comme une sorte de parenté entre les deux œuvres. Quant à l'exécution, fine et poussée, elle fait honneur au praticien qui a tenu le ciseau; il a traité avec souplesse les phs de la tunique de l'Amazone, et caressé d'un modelé assez gras les flancs du cheval, son poitrail robuste, son ventre sillonné de veines saillantes.

0 ce i gauche Face oneat de 1 Aaolép é oi (Athènes, Musée central.)

A en juger par les sommes payées aux sculpteurs pour les acrotères, il ne s'agissait pas de simples ornements, mais bien de statues. Comme à Délos , l'architecte d'Epidaure avait adopté le principe des groupes ou des figures couronnant les frontons, et c'est certainement aux acrotères d'angle qu'il faut restituer deux statues de Néréides trouvées près du temple '. La forme des bases

àpX; 1884, pi. 3, É

;t 8, 3a. Fcailles d'Épidait

I, 3a, pi. 51, ]

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qui devaient être longues et étroites, le travail poussé du revers, confirment cette hypothèse, e^ d'ailleurs !a direction symétrique des deux figures, tournées l'une vers la droite, l'autre vers la gauche, nous fournit un argument de plus. Chacune d'elles est assise sur un cheval dont les jambes de derrière semblent plonger daDS la mer. Celle de droite est vêtue d'une longue robe sans ceinture, qui laisse à découvert une partie de la gorge. Celle de gauche porte un chiton dont Vapoptyqma, serré sous les

par un mince cordon, forme sur chaque bras comme deux courtes manches (fig. 93} '. Nous hésiterions à reconnaître dans ces deux statues l'œuvre de Timothéos ; si la conception est gracieuse, l'exécution, parfois heurtée et esquivée, trahit plutôt la main d'un praticien.

Oii chercher l'acrotère du centre? Sans doute dans une statue fort mutilée, mais

Fig. 94. — Tictoire. Acrotéra de gauche da l'Artémision dontunbeau fragment laisse d'Épidaure. (Athènes j Musée central.)

deviner une figure de grande

allure, hardiment lancée. C'est une Niké portant de la main droite

un gros oiseau, peut-être un coq, le bras gauche relevé pour re-

Jf . CawadiiiB y voit avec laison des figures d'acrolàres (p. SI, 88), mais il est impossible da croire qu'elles aient formé nn groupe sur l'acrotère central avec nne troislÈme figm*. Dans sa restauration, M. Defrasse les place ayeo raison ans angles. Épiiatire, pi. ISI, cf. le texte de M. Lechat, p. 73,

1. Cette fiiïure est reproduite dans Brnnn, Senkmaeler, n" 19. Cf. Defrasse et Lechat, Epidaure, ' p. 74-76.

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tenir un pan de sa draperie ', On restitue donc ainsi toute la décoration sculptée du couronnement : de chaque côté , . les figures symétriques des Néréides; au centre la silhouette fièrement découpée de la Victoire, battant l'air de ses ailes grandes ouvertes.

Les fouilles ont encore livré d'intéressantes statuettes de marbre, trois Nikés, de grandeur demi-nature, trouvées non loin de l'Artémision ^ Ces petites statues formaient acrotères au-dessus des frontons du temple ; elles sont donc contemporaines des sculptures de l'Asclépiéion, puisque le temple d'Artémis date de la même époque. Sans être des œuvres de grand style, les Nikés de l'Artémision offrent encore de l'intérêt ; elles nous montrent une variante rajeunie de la Victoire de Paeonios.

Une Jambe sort du chiton entr'ouvert ; une large masse de plis soutient la figure, qui tenait quelque attribut, palme ou couronne. De ces trois statuettes, une au moins a conservé sa tête , et cette tête est charmante avec sa coiffure simple, ses bandeaux ondulés qui rejoignent par un passage très amorti les méplats du front(fig. 94). Enfin une autre statue mutilée mérite d'être signalée pour la curieuse recherche de comphcation dont elle témoigne ^. C'est encore une Niké. Mais elle n'a pas l'allure modérée des Victoires de l'Artémision, qui s'enlèvent d'un vol régulier et tranquille. Gomme s'il avait cherché la difficulté

— Toise de Hikc trouve à Euàio (Ithtue'i llubep centnl )

1. FouiUea â^Épidaure,"-^!. XI, fig. 12. Defrai 3, CaTTadiaa, Catalogue, a" 169-161, Fouilles Épidatire,y. ie8-16Û.

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