Théocrite
4. Strabon, VIII, p.' 353 et 378. Pausanias, V, 2, 3. Platon, Pliaedr.j p. 236, B.
la même technique à propos de la statue de Zeus Hypatos, qu'il put voir à Sparte, dans le temple d'Athéna Khalkioecos; elle était l'œuvre d'un artiste de Rhégion, Cléarkhos, que la tradition rattachait à l'école de Dédale. Le voyageur grec la mentionne comme la plus ancienne des statues de bronze existant de son temps ^ c( Elle n'est pas, dit-il, faite d'une seule pièce, mais chacune des parties est battue à part; les morceaux sont rajustés, et des clous les empêchent de se disjoindre ^ )) Les progrès de l'art du bronze font tomber cette technique en désuétude; pourtant, les Grecs s'en souviendront encore à l'époque classique : elle survivra, modifiée et perfectionnée, dans l'exécution des statues chryséléphantines.
A quelle époque l'art de souder le bronze, connu de longue date par les Egyptiens et par les Phéniciens, commence-t-il à être pratiqué dans les atehers helléniques? Là-dessus, les traditions restent muettes ; elles signalent seulement, comme une précieuse trouvaille, l'invention de la soudure du fer, et elles l'attribuent unanimement à un Ionien, Glaucos ^ Suivant certains auteurs, Grlaucos est né à Chios; suivant d'autres, il est samien. Quel que soit le lieu de sa naissance, il est très légitime de le rattacher à l'école de Samos. En dépit de l'assertion du chroniqueur Eusèbe, qui place vers 692-689 (olympiade 22) l'invention de l'artiste, il est permis de croire que Glaucos vivait dans la seconde moitié du septième siècle \ Aux environs de l'année 605, il exécute pour le roi de Lydie, Alyattès, une œuvre remarquable, destinée au temple de Delphes. C'était un cratère d'argent, soutenu par un support en fer (67woxpT,T-/ip{^Lov). Ce dernier avait la forme d'une tour; il était couvert de zones d'ani-
1. PausaniaSj III, 17, 6. L'attribution est, il est vrai, faite sous toutes réserves (7rotr,(yai /éyo'jat). Overbeck émet des doutes sur le nom de l'auteur : Griech. Kunstmythologie^ I, p. 40.
2. Le British Muséum possède un curieux spécimen de cette technique, trouvé dans la tombe étrusque de Polledrara. C'est une idole dont la base est faite de bandes de bronze, travaillées au repoussé, et d'importation phénicienne. Un scarabée portant le cartouche de Psamétik I indique la date du septième siècle. Micali, Monumenti ineditij pi. vi. Cf. Murray, Greelc sculpture j I, 2^ éd., p. 83, fig. 12. Perrot, Hist. de l'Art, III, p. 873.
3. Voir les textes réunis par Overbeck, SchriftqueUen n°* 263-272. Cf. Brunn. Gesch. der griech. Kûnstler, I, p. 29.
4. La seule date certaine, pour établir la période d'activité de Grlaucos, est celle de la dédicace du cratère d' Alyattès. Or elle eut lieu à la suite d'une maladie du roi lydien, survenue entre les années 608 et 605. (Hérodote, I, 19.) Il n'est pas vraisemblable qu' Alyattès ait consacré une œuvre existant depuis longtemps. Cf. Brunn, Sitzungsher. der hayer, Akad.j 1871, p. 542, note 1.
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maux et de fleurs ciselées, à la mode orientale^ et composé d'une série de cylindres en fer (8>.aG[xaTa) superposés, réunis par des bandes placées obliquement, comme les marches d'un escalier. Toutes les pièces étaient soudées ^
Nous laisserons de côté les discussions que soulève, au point de vue technique, l'invention de Glaucos^ Nous ne poserons qu'une seule question. Faut-il nous en tenir au témoignage des textes, qui ne mentionnent que la soudure du fer (ai^vfpoj 7.6Xk'nGi;)? Devonsnous au contraire donner à ces mots un sens plus général, et reconnaître dans Glaucos l'inventeur, ou tout au moins l'introducteur en Grèce de l'art de souder tous les métaux, fer ou bronze "^ ? Nous ne pouvons souscrire" à cette seconde hypothèse. Quand le ciseleur chiote s'exerçait ainsi sur un métal rebelle et peu plastique, les procédés de la soudure du bronze étaient sans doute déjà connus; l'invention de Glaucos n'en représente qu'une application ingénieuse et imprévue. Si elle a frappé les Grecs, au point de devenir proverbiale ^ c'est à cause des difficultés particulières qu'elle présentait; il fallait en effet faire passer au feu l'objet tout entier, après l'assemblage des pièces. D'ailleurs, elle ne paraît pas avoir exercé une bien grande influence sur le développement des arts du métal. L'emploi du fer reste une rareté ; c'est vers le travail du bronze que se portent tous les efforts des toreuticiens et des statuaires.
Quelques années plus tard, deux autres Samiens, Rhoecos et Théodoros, attachaient leurs noms à une innovation bien autrement féconde en résultats : ils pratiquaient les premiers en Grèce l'art de couler le bronze. C'est là, dans l'histoire de la sculpture grecque, un de ces moments qui font époque; c'est, pour la statuaire en métal, le point de départ de tous les progrès qui vont se produire
1. Un support de bronze trouvé à Cervetri, peut noiis aider à nous le représenter. G-rifi, Monumenti di Cere anticŒj pi. Xl,2. Cf. J. IVEartha, l'Art étrusque^ p. 109, fig. 101.