Clément d'Alexandrie, Pro^?'é!pf., IV, p
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elle était taillée dans une pierre du pays appelée cpellscTaç. Depuis les fouilles de l'Acropole, on n'a pas de peine à reconnaître ici la matière primitivement employée par les Attiques, à savoir la pierre calcaire. Toute une série de monuments va nous montrer que la sculpture, à Athènes, a subi la loi commune, et que le travail de la pierre y a précédé celui du marbre.
Le caractère primitif du style et de la technique permettent en effet d'assigner une date assez reculée aux sculptures en pierre poreuse découvertes en 1882 et en 1888 près des côtés sud et sud-est du Parthénon, dans les couches de remblais explorées par M. Cavvadias. La matière mise en œuvre est un tuf blanchâtre qai offre des variétés assez marquées, depuis le calcaire coquillier, jusqu'à la pierre tendre et friable provenant de la presqu'île d'Akté, au sud du Pirée. Toutes ces sculptures ne sont pas strictement contemporaines. Parmi les fragments dont regorge le musée de l'Acropole, il y a des morceaux d'une facture tout à fait barbare, dont le principal intérêt est de nous montrer, avec une singulière précision, la survivance des procédés techniques employés dans la sculpture sur bois. Peu de monuments nous font mieux voir comment le travail de la pierre tendre succède immédiatement à celui du bois, comment il en dérive, aussi bien pour l'outillage que pour l'exécution \ Telle statuette, d'une facture grossière et encore timide, nous reporte aux débuts mêmes du travail de la pierre tendre^ Pour indiquer les plans, pour creuser les cannelures qui strient la chevelure, l'ouvrier s'est servi de la scie, de la gouge, de la lame tranchante que maniaient ses prédécesseurs immédiats, quand ils façonnaient un xoanon dans un madrier de bois.
Nous ne nous attarderons pas aux œuvres tout à fait primitives trouvées dans les fouilles de l'Acropole. Aussi bien, elles ne font que confirmer des faits déjà connus du lecteur, à savoir le lien étroit qui rattache à la sculpture sur bois les premières sculptures en pierre tendre, la transmission traditionnelle des procédés techniques, et cette sorte d'asservissement à l'outillage et à la matière qui pèse sur la main des
1. M. Lechat a consacré à ces sculptures une étude d'ensemble, en insistant surtout sur le côté technique. Revue archéologique, t. XVII, 1891, p. 304 ; t. XVIII, 1891, p. 12.