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CHAPITRE PREMIER

LES ÉCOLES IONIENNES

LES ILES, LA aRÈCE ASIATIQUE ET LA aEÈCE DU NORD

Peu de noms d'artistes, des monuments en trop petit nombre, des traditions historiques presque nulles, tel est, pour la fin du sixième siècle, le bilan des écoles insulaires et asiatiques. Ce n'est pas à dire, cependant, que l'activité artistique ait cessé dans ces régions où nous l'avons vue se manifester avec tant de bonheur, et oii les principales inventions techniques ont pris naissance. Mais certaines causes peuvent expliquer l'obscurité qui nous dérobe l'histoire et comme la vie personnelle des écoles ioniennes. Les Cyclades, si florissantes jusquelà, sont troublées par des dissensions politiques, par des menaces de guerre ; en 499, une flotte perse paraît dans les eaux de Naxos et fait le blocus de l'île. Bien avant ces préludes des guerres médiques, les artistes insulaires ont suivi le courant qui entraîne vers la Grèce continentale, vers l'Attique surtout, nombre d'artistes étrangers. Un des

rares sculpteurs de Paros dont nous connaissions le nom, Aristion, travaille à Athènes. Son compatriote Kritonidès est connu par un ex-voto qu'il exécute pour une femme du Péloponnèse ^ D'autres, comme le Naxien Alxénor, vont chercher fortune en Béotie. Un Cretois, Aristoklès de Cydonia, s'établit à Sicyone, et y fait souche de sculpteurs. Il est hors de doute que, grâce à Téclat des écoles attique, argienne et sicyonienne , la Hellade devient de plus en plus un centre d'attraction.

Quant à la Grèce asiatique, sous ses tyrans investis par le Grand Roi, elle est devenue une province de l'empire perse. On voit, dans les premières années du cinquième siècle, un artiste ionien, Téléphanès de Phocée, se mettre au service de Darius et de Xerxès" ; c'est même, suivant Pline, la raison du peu de renom qu'il a laissé ^ Comme il est naturel, l'action de l'art ionien se fait surtout sentir dans les pays voisins soumis à la Perse ; et, de fait, c'est en Lycie que nous en trouverons les traces les plus significatives. Au reste, les belles cités grecques de la côte d'Asie vont subir de cruelles épreuves pendant les années de troubles qui précèdent les guerres médiques. On sait à quelles sanglantes représailles donne lieu la révolte de Tlonie contre la Perse, de 498 à 494. L'incendie et la ruine totale de Milet, le dépeuplement méthodique de Chios et de Lesbos, disent assez avec quelle sauvage énergie Artaphernes réprime, au nom du Grand Roi, le soulèvement des Grecs d'Ionie. La culture ionienne est atteinte dans ses foyers les plus actifs. Il faudra plus d'un siècle pour que l'Asie grecque redevienne ce qu'elle était, c'est à dire un des principaux centres de l'art hellénique.

Nous devons donc renoncer, pour cette période, à reconstituer l'histoire des écoles. L'étude des monuments pouxra seule nous montrer les progrès de l'archaïsme dans la Grèce orientale et dans les Cyclades.

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