Pline, Nat. Hist., 34, QS
LES ÉCOLES IONIENNES
insulaires de Naxos et de Chios la création de deux types chers à l'archaïsme : celui de la figure féminine vêtue, et celui de la figure virile nue et debout ' . Si nous connaissons fort mal les successeurs de Boupalos et de ses confrères des îles, il est permis de présumer qu'ils ne désertent pas les traditions de leurs devanciers. L'étude de Farchaïsme attique nous montrera d'ailleurs quelle brillante carrière fournit ce type féminin, inventé par l'école chiote, et transplanté en Attique. Pour le type viril, nous le retrouvons perfectionné et développé dans un monument dont l'origine naxienne est incontestable. C'est une statuette de bronze du musée de Beriin, représentant Apollon (fig. 122)^ Une dédicace, gravée sur la tablette servant de base, nous apprend que la figurine a été dédiée à c( Apollon qui lance au loin ses flèches » par un certain Deinagorès ; en même temps, la forme des lettres indique une date voisine de la fin du sixième siècle. L'exécution très poussée, que rehausse encore un fin travail de ciselure, ne fait pas seule l'intérêt de cette statuette : il réside surtout dans le type. Le bronze de Naxos appartient déjà à ce qu'on a appelé (( la série des ApoUons de la seconde manière » ; en d'autres termes, il nous montre que l'art a résolu le problème devant lequel hésitaient les primitifs, celui de la pose des bras. Ici,
les bras ne sont plus pendants et inoccupés ; ils se plient au coude ; l'avant-bras se porte en avant, et chaque main tient un attribut. C'est, dans la main droite, le flacon rond employé par les athlètes pour les
Fig. 122. — Apollon, statuette de bronze, trouvée à Naxos (Kusée de Berlin).