‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 214 sur 293 · Pausanias, IX · texte numérisé non relu

Pausanias, IX

2. mUler Wieseler, Denhnaeler der ait. Kunst, II, n» 324 a. Von Dulm, Annali, 1879 , p. 122, et Mon^ ined, vol. XI, pi. VI. Imhoof Plumer et Percy Gardner, Journal of Hellen. Studies , 1887, Atlas pi. LXXIV, nos XI et XII.

3. VoirVeyries, Ze5 Figures criophores dans l'art grec j Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome^ 1884.

une copie fidèle de Fœuvre de Calamis dans un marbre conservé en Angleterre, à Wilton-House, et qui fait partie de la collection formée au dix-septième siècle par Thomas Herbert, comte de Pembroke.\ Cet Hermès debout, les jambes assemblées, adossé à un pilier le long duquel descendent les pointes plissées d'une draperie figurant une chlamyde, cette statue au type conventionnel offre tous les caractères de Fart archaïsant; M. Michaelis, qui a pu étudier de près Toriginal, n'hésite pas y voir (( une copie très superficielle )) , de date tardive , et destinée simplement à la décoration d'une balustrade. C'est aussi une œuvre d'un archaïsme affecté que l'élégante figure de l'Hermès criophore sculptée sur une des faces d'un petit autel de marbre, appartenant au Musée central d'Athènes (fig. 207) ^ Hermès, vu de profil, avec la longue barbe en pointe et la chevelure nattée des figures archaïques , ylg 206 porte le bélier sur ses épaules ; une légère chlamyde

L'Hermès crio- flotte sur son bras gauche. L'exécution de ce joli morphore de Calamis. ^^^^ ^^^ ^^^^ ^^ Spirituelle: mais si l'artiste a pu s'ins-

Monnaie ^ . .

de Tanagra. pircr dc la statuc tauagréeunc , il a pris sans doute avec son modèle de très grandes libertés, et Fa adapté sans scrupules aux exigences du bas-relief. Les rapprochements qu'on a voulu établir entre ces marbres et l'œuvre de Calamis nous paraissent bien suspects, et aucune de ces sculptures ne nous inspire assez de confiance pour que nous y cherchions ce qui nous intéresse avant tout, le style et la manière du maître.

Outre V Apollon Alexîkahos, on voyait à Athènes une autre œuvre célèbre de Calamis , dont la base a été retrouvée sur l'Acropole , non loin des Propylées^ ; nous voulons parler de l'Aphrodite consacrée par le beau-frère de Cimon, le riche Kallias, surnommé le Lakkoploutos. Il faut certainement l'identifier avec la Sosandra dont Lucien fait tant d'éloges, et après bien des controverses, ce surnom assez étrange

1. Michaelis, Ancl&nt Marhles in Grsat Brltaiiij p. 702, ii<^ 144. La statue n'a été reproduite, à ma connaissance, que par de médiocres dessins an trait. Clarac, Mus. de scuîpt., IV, 658, 1545 B.

2, AnnalldeirinsL, 1869, p. 253, pi. JK.

8. Corpus inscr. atticarum , I, n» 392. Cf. Loewy^ Inschr. c/rîech. Bildh., n** 415. KaÀÀiaç 'Ittttovixou àv£ÔriX[s]v. Cf. Pausanias, I, 23, 2.

a trouvé son explication la plus naturelle ^ C'était un sobriquet, parodiant répithète religieuse de Soteira (lasecourable); la malignité publique en avait fait une épigramme à l'adresse de Kallias et de Cimon. On racontait que pour obtenir la main d'Elpiniké, le Lakkoploutos avait dû payer l'amende de 50 talents infligée à Miltiade , et dont Cimon restait redevable. La belle Athénienne avait sauvé son frère de l'atimie; aussi, pour les railleurs, la véritable Sosandra n'était-elle pas l'Aphrodite de marbre sculptée par Calamis; le surnom visait plus loin. De cette œuvre si vantée, nous savons seulement ce que nous en apprend Lucien". On a souvent cité le passage où Fécrivain grec, composant avec des statues célèbres le portrait de la Smyrniote Panthéa, emprunte à la Sosandra (( son sourire auguste et discret, l'arrangement léger et gracieux de ses vêtements )), en négligeant toutefois le voile qui couvre sa tête. Ailleurs il admire le rythme élégant de l'attitude, qu'il compare à un léger mouvement de danse. Certes, il serait chimérique de songer à restituer une œuvre perdue. Nous ne signalerons que sous toutes réserves l'hypothèse de M. Furtwaengler , qui rapproche du texte de Lucien une Aphrodite sculptée en bas-relief sur la base du candélabre Barberini ^ C'est une pure conjecture que d'identifier avec la Sosandra cette figure féminine , animée d'un mouve-

1. Voir la bibliographie citée par Blilmner, Arch. Studîen zuLiicianj 1867, p. 7. Cf. Benndorf, Das Cultusbild der Athena Nilce, p. 45 et suivantes.

2. Dialogue des portraits j 6; Dialogue des courtisanes, III, 6, 2.

3. LexiïconàQ Boscber, p. 412. Le relief est reproduit dans Braun, VorscJmle der Kunstmytliologie , pi. 79.

Fia. 207. — Hermès criopbore. Bas-relief d'un autel de marbre. (Athènes, Musée central.)

ment rythmé, et reproduisant avec plus de grâce et de souplesse Tatlitude des statues trouvées à l'Acropole. Il nous paraît cependant assez juste d'admettre que l'art archaïsant a fait plus d'un emprunt au style de Calamis et que ses œuvres, encore relevées d'une légère pointe d'archaïsme , ont pu servir de modèles aux pastiches si goûtés des contemporains de César'.

Au nombre des mérites de Calamis, les critiques anciens comptaient celui d'avoir excellé dans les figures d'animaux. On admirait fort l'exécution précise et poussée de ses chevaux de bronze ^ Le groupe de Hiéron n'était pas la seule œuvre on il eût déployé son talent d'animalier. Pline lui attribue un quadrige auquel Praxitèle avait ajouté un cocher, afin que l'auteur des chevaux ne parût pas inférieur dans le rendu de la figure humaine ^ Réduite à sa Juste valeur, cette anecdote signifie simplement que Calamis avait exécuté un quadrige de bronze en collaboration, suivant un usage dont nous avons relevé maint exemple. Et dans ce collaborateur, que Pline prend pour le grand maître du quatrième siècle , nous reconnaîtrons plus volontiers Praxitèle l'ancien, un contemporain de Calamis \

En résumé, quelques textes, quelques jugements sommaires, épars çà et là dans les écrivains anciens, voilà tout ce qui nous renseigne sur un des maîtres les plus brillants de l'Athènes de Cimon. Essayons cependant de réunir les traits les plus saillants fournis par les sources littéraires. Calamis a des aptitudes très multiples, et l'étendue de ses connaissances techniques n'est pas un de ses moindres mérites. En vrai précurseur de Phidias, il pratique à la fois l'art du bronze, la sculpture sur marbre, et la statuaire chryséléphantine. La variété des sujets qu'il aborde, groupes votifs, statues de

1. Voir, sur cette question^ A. Hauser^Die neu-attischen Reliefs ^^tutigdiXij 1889, p. 169.

2. (( Exactis Calamis se mihi jactat equis. )) Properce, III, 9, 10. Cf. Ovide, Politiques ^ IV, 1, 33.

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