Voir page 323, fig
rinfluence du style péloponnésien *. Nous n'hésiterons donc pas à reconnaître dans le bronze du Capitole un original grec, exécuté entre 46Ô et 450, et appartenant à cette période de transition dont nous clierchons à déterminer les caractères. Reste la question d'école. Frappés de l'audace que révèle l'invention du mouvement, certains critiques ont songé à l'école de Myron ^ ; d'autres font honneur à Pythagoras de Rhégion de cette œuvre de maîtrise ^ Les rapprochements signalés plus haut nous engagent à chercher du côté du Péloponnèse l'origine de la statue ; nous y voyons volontiers un précieux spécimen de l'art du bronze, tel que le pratiquent les maîtres d'Argos ou de Sicyone, élèves et héritiers directs d'Agélaïdas.
La facilité avec laquelle un motif nouveau entre dans le répertoire courant, le peu de scrupule qu'éprouvent les artistes à s'approprier une trouvaille heureuse d'un devancier, comptent parmi les traits les plus caractéristiques de l'art grec. Il est donc naturel que le sujet du Tireur d'épine ait été maintes fois repris. On le voit reparaître, avec les modifications de style qu'entraîne le progrès de la plastique, dans un beau bronze trouvé près de Sparte, et appartenant à M. le baron Edmond de Rothschild (fig. 216) \ Le coureur agile et un peu fluet de tout à l'heure a fait place à un robuste garçon. (( Celui-ci, écrit 0. Rayet, est une manière de colosse ; son dos est d'une largeur extrême, sa poitrine saillante est recouverte d'une épaisse couche de chairs, son cou est gros et court comme celui d'un taureau, et ses épaules et ses cuisses sont garnies de formidables paquets de muscles. La physionomie exprime tout entière la prédominance de l'énergie physique. Les yeux sont perçants et durs, et une volonté quelque peu rageuse se marque dans la contraction du cou, dans le froncement du nez, dans le développement des muscles des joues. Il n'est pas jusqu'aux cheveux qui