‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 227 sur 293 · Pausanias, V · texte numérisé non relu

Pausanias, V

2. Outre les travaux cités précédemment, voir pour rétude et la restitution du fronton occidental : Gr. Loeschcke, Die westUche. Giebelgruppe am Zeustempel zu Olympia. Programme de l'Université de Dorpat, 1887; Gr. Treu, Ausgrabungen zu Olympia^ III, p. 16 et suiv.; et la nouvelle restitution proposée par le même savant, Jahrbuch des arch. Inst., III, 1888, p. 175, pi. 5-6. P. Wolters, Mittheil. Athen, XII, p. 276. Bruno Sauer, JahrhucJi des arch. Inst., VI, 1891, p. 89.

FiG. 232. — Restauration du fronton occidental d'Olympie. A. Première restitution de M. Treu. B. Nouvelle restitution de M. Tre

seur, la liache levée. Plus loin, en se dirigeant vers les angles , un jeune garçon luttant contre un Centaure. Le tympan devenant plus étroit , le combat se poursuit entre des personnages agenouillés, groupés par trois : un Centaure saisissant une femme, et un Lapithe se relevant pour Tétreindre ou le percer d'un coup d'épée. Enfin dans chaque angle, deux femmes couchées, la plus voisine du centre regardant la scène avec terreur, la dernière plus calme , comme si tout ce mouvement venait s'apaiser, par une sorte de gradation , à chaque extrémité du fronton. A coup sûr, la composition ainsi conçue est fort supérieure à celle du fronton oriental. Nous ne voyons plus ici ces vides, ces figures simplement juxtaposées qui nous avaient choqués tout à l'heure. Les lignes s'assouplissent, s'enchevêtrent dans xine complication déjà savante; les groupes se pressent, étroitement liés; l'ensemble prend une cohésion parfaite. Mais aussi combien le sujet est plus fécond, plus riche en épisodes dramatiques ! Et comme une âme d'artiste y trouve des émotions autrement fortes que dans le motif, assez banal, d'une scène de départ !

Les morceaux les plus dignes d'attention appartiennent à la partie centrale du fronton, celle que reproduit en héliogravure notre planche IX-X. Par un heureux effet de contraste, la figure d'Apollon, qui domine toute la scène de sa haute taille, est immobile. Le bras gauche qui tenait l'arc est abaissé le long du corps ; le bras droit suit la direction du regard, et se tend par un geste impérieux et protecteur vers l'épouse de Pirithoos ; une légère chlamyde vient retomber sur l'épaule, laissant à nu un torse élégant, sobrement modelé. La tête a une saveur archaïque des plus franches. Les cheveux bouclés par devant, tombant bas sur le front, et enroulés par derrière autour d'un cercle de métal; le visage plein, la lèvre inférieure un peu saillante, composent un type d'une beauté sévère, avec une expression calme et dédaigneuse. Or, ce type si caractérisé, nous l'avons déjà rencontré. Rappelons-nous la tête de bronze trouvée sur l'Acropole d'Athènes, la belle tête de marbre de même provenance que les fouilles récentes nous ont rendue avec sa fraîche polychromie; nous y retrouverons les traits essentiels de l'Apollon d'Olympie; même coiffure, même structure solide, mêmes proportions dans le visage. Nous avons

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