Pline, Nat. Hist.
4. Voir Benndorf, Ej)igrammata graeca quae ad artem specfant^ p. 14. M. Benndorf propose de lire Aaôaç au lieu de AàvÔY];; dans l'épigramme de Simonide, Anthologie-^ XIII, 14.
5. M. Lolling a, il est vrai, essayé de démontrer que Lykios est déjà actif en 446, ce qui reporterait sa naissance vers 484. Une signature de Lykios, trouvée sur l'Acropole, appartiendrait, suivant M. Lolling. à un ex-voto dédié par des chevaliers athéniens après la conquête de l'Euhée par Périclès en 446. (AeXtiov àp)(aio>vOYix6v , 1889, p. 179-200. Cf. S. Eeinach, Chroniques d'Orient, p. 605.) Mais ce n'est encore là qu'une hypothèse.
6. Pline, dit de Myron et de Polyclète « aequales atque condiscipuli », Nat. Hist., 34, 9.
Essayer de suivre le développement de son talent, en étudiant ses œuvres dans Tordre chronologique, est chose impossible; nous devons nous borner à les grouper par catégories de sujets. Voici d'abord les statues de divinités, exécutées pour diverses villes, et dont la liste suffirait à attester la grande renommée du maître \ L'Hécate d'Egine semble être la seule grande oeuvre où Myron n'ait pas employé le bronze de Délos, qu'il travaille d'habitude ; c'était Fimitation d'un xoanon. Les monnaies d'Egine reproduisent peut-être le type traité par Myron " ; la déesse était représentée sous la forme de trois corps accolés l'un à l'autre, suivant l'ancien type que doit bientôt modifier Alcamènes. Myron avait fait pour les Ephésiens un Apollon qni leur fut enlevé par Antoine, et rendu par Auguste. Au temps de Verres, les Agrigentins montraient dans leur Asclépiéion une admirable statue d'Apollon, portant sur une cuisse, en lettres d'argent, la signature du maître; c'était un cadeau de Scipion, provenant sans doute du pillage d'une ville grecque, et sur lequel Verres fit main basse. Une autre œuvre très vantée de Myron, le Dionysos d'Orchomène, avait été enlevée par Sylla, et consacrée sur THélicon. Deux statues d'Héraclès, signalées par les textes, prouvent que le type athlétique du héros l'avait plusieurs fois tenté. L'une, apportée à Rome, avait pris place près du Gircus maximus; l'antre faisait, au temps de Cicéron, l'orgueil du Mamertin Héius, une des victimes de Verres. C'est un fait à noter que le goût prononcé des contemporains d'Auguste pour les œuvres du sculpteur d'Eleuthères ; les Samiens en firent l'expérience à leurs dépens. Myron avait exécuté pour leur célèbre sanctuaire de l'Héraion un groupe colossal en bronze, composé de trois figures, Zeus, Athéna et Héraclès; le sujet traité par l'artiste était sans doute celui que reproduit si souvent la peinture de vases du cinquième siècle : la déesse présentant au souverain de l'Olympe le héros admis au rang des dieux. Antoine enleva le groupe, et l'apporta à Rome. Quelques années plus tard, Auguste le disloqua, rendit aux Samiens F Athéna et l'Héraclès, et garda le Zeus, qu'il
1. Voir pour les textes, Overbeck, Scliriftquellen^u''^ 535-5D9. Brunn, Griech. Kiinstler,!, p. 142.
2. Journal of Hellen. Studles, 1885, p. 94, 4, cf. pi. LV, n^ III.
consacra dans le temple de Jupiter Tonnant \ Parmi les statues que Myron avait exécutées pour Athènes, plusieurs avaient eu la bonne fortune de rester en place. Pausanias put encore voir sur l'Acropole le groupe de Persée tuant Méduse ^, et lorsqu'il signale près du temple d'Athéna Polias un groupe en bronze de deux figures représentant Erechtliée luttant contre Immarados, cet Erechthée est sans doute celui de Myron qu'il mentionne ailleurs comme une œuvre digne d'admiration ^ Quant à la Niké sur un taureau, connue seulement par un témoignage très suspect \ elle doit sans doute être rayée de la liste des œuvres de Myron.
Nous sommes heureusement mieux renseignés sur un groupe célèbre que Pausanias décrit en quelques mots. Il se trouvait à Athènes, sur l'Acropole, et représentait (( Athéna frappant le Silène Marsyas, parce qu'il avait saisi les flûtes, alors que la déesse voulait que personne ne les ramassât ^ ». L'artiste avait traité la légende béotienne de l'invention de la flûte, telle qu'on la contait à Athènes, avec une variante ou perce tout le dédain des Athéniens pour les arts béotiens. La déesse vient de fabriquer la double flûte avec des roseaux du lac Tritonis; elle enjoué devant les dieux. Avertie par les rires d'Aphrodite et de Héra, elle se regarde dans le miroir d'une source, et apercevant ses joues bouffies, ses traits déformés, elle rejette l'instrument avec colère, maudissant celui qui le ramassera. Le Silène Marsyas survient, s'em-
1. Straboii, XI V, I, 14. Il faut sans doute reconnaître l'Héraclès du groupe sur des monnaies de Samos, frappées du temps de Philippe et de G-allien. Percy G-ardner, Niimîsmatic Chronîcle, sér. III vol. II, pi. XIII, no 11, p. 284, n*" 25, Malgré l'opinion contraire d'Overbeck [Griech. Kunstmytliologie> I, p. 16), il est fort possible d'identifier avec la statue de Myron le Zeus figuré sur des monnaies d'or d'Auguste. Ces pièces ont été certainement frappées à l'occasion de la dédicace du temple de Jupiter Tonnant.
2. Pausanias, I, 23,8. Une inscription trouvée sur l'Acropole porte, en caractères du cinquième siècle, le nom de Myron : ... s; 'EX£y6£p£[uç MJiJptovoç. Lœwj, TnscJir. griech. Bildh., n^ 417. Michaelis a proposé de la mettre en rapport soit avec le Persée de Myron, soit avec une œuvre de Lykios, fils de Myron. Mittheil. Athen, I, p. 294, note 1. L'hypothèse de M. Mayer, suivant laquelle l'œuvre de Myron représenterait une scène de l'enfance de Persée, nous paraît très peu fondée. M. Mayer, Mittheil. Athen^ XVI, 1891, p. 246.
3. Michaelis, Mittheil. Athen^ II, p. 85. J'ai proposé de reconnaître le groupe de l'Acropole sur un jeton de plomb d'Athènes. Mémoires delà Société des Antiquaires de France, t. XLVII, 1886, p. 287.