‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 237 sur 293 · Pline, Nat. Hist · texte numérisé non relu

Pline, Nat. Hist

2. Cf. Weisshaeupl, 'Eçp7](x, àp/. 1891, p. 151. Pour les autres interprétations proposées, voir Schoene, Arch. Zeitimg, 1862, p. 833. Benndorf, ihid., 1867, p. 78. Furtwaengler, X>or«aws0ie^er, p. 92.

d'autres, ce seraient des personnages assis aux deux extrémités d'une planche, et se livrant à un jeu de bascule \ De ces deux hypothèses, aucune ne nous paraît tout à fait plausible. Le problème trouve au contraire une solution fort simple, si l'on introduit dans le texte de Pline une correction très vraisemblable ; si, au lieu de pristas, on Wipyctas^ et si l'on transforme en athlètes les prétendus scieurs de bois^. Les raisons nous manquent donc pour reconnaître dans Myron un des précurseurs de la sculpture de genre. Sans doute , à son exemple, ses élèves s'inspireront de la réahté. Son fils, Lykios, représentera un enfant tenant un aspersoir, un enfant soufflant sur des charbons. Styppax de Chypre, un de ses disciples, exécutera le Splanclmoptes^ un personnage regardant brûler les chairs d'une victime. Mais savons-nous si de tels sujets, empruntés aux rites de la rehgion, ont nécesairement l'acception familière qui caractérise le genre? Ne peut-on pas observer la vie réelle sans tomber dans l'anecdote? Et le Spinario du Capitole ne nous a-t-il pas montré comment, au temps de Myron, l'art sait conserver un caractère sévère aux conceptions qui plus tard seront le "domaine de la sculpture de genre ?

En revanche, nous sommes encore au temps où un maître ne déchoit pas en quittant l'ébauchoir du statuaire pour le burin du ciseleur. Myron était célèbre comme toreuticien. On vantait ses coupes ciselées, ses phiales d'argent, et les marchands d'antiquités de Rome ne se faisaient pas faute de contrefaire sa signature, pour augmenter la valeur de quelque vieille pièce d'argenterie ^ C'est un trait de plus ajouté à tous ceux qui nous révèlent la vogue singulière dont jouissent, auprès des Romains de l'époque impériale, les œuvres du maître grec.

Les jugements portés sur son style par les écrivains romains sont pour nous de précieux éléments d'appréciation. Avant de les résumer, nous devons en relever deux, qui au premier abord paraissent contradictoires. Il s'agit du type des têtes dans les statues de Myron.

- 1. Pline, Nat. Hist.^ 34, 54, ce... fecit... et discobolum et Perseum. et pristas. » Pour les interprétations proposées, voir Petersen, Arch. Zeltung^ 1865, p. OljMnrray, The dassicaî MevîeiOj 1, 1887, p. 3.

2. Cette correction a été proposée par M. Loeschcke, Programme ds. Dorpatj 1880, p. 9.

3. Voir Martial, Yl, 92 ; YIII, 51 ; Stace, Silves, I, 3, .50 ; Phèdre, Fah. V. Prolog.

Pline leur reproche une exécution encore archaïque ; suivant lui, la chevelure n'y est pas traitée avec plus de soin que ne le faisaient les artistes plus anciens \ D'autre part, soit à dessein, soit par hasard, c'est une tête de Myron ce carnet Myronis )) que l'auteur de la Bhétoriqiie a Herennius choisit pour caractériser un morceau achevé, digne d'être offert en modèle à un sculpteur ^ Quels sont donc les caractères de la tête myronienne, et quels progrès le sculpteur d'Eleuthères, si peu soucieux du rendu de la chevelure, a-t-il introduits dans le type du visage? La tête du Discobole nous aidera à le comprendre. Nous avons déjà noté le parti pris d'exécution très simple que trahit la facture des cheveux, formant une masse presque unie, avec des boucles à peine détaillées. Surtout, nous avons remarqué l'absence de caractère individuel, l'effort visible pour créer un type généralisé, celui de l'athlète. A bien des égards, cette forme de visage aux traits purs, aux proportions régulières, est celle qui prévaudra désormais dans la statuaire hellénique ; c'est une création dont il faut sans doute faire honneur à Myron. Nous retrouvons en effet le même type, avec un progrès de plus en plus marqué pour le modelé de la chevelure, dans une série de monuments qu'on rattache sans peine à la tradition myronienne. C'est d'abord une belle tête déjeune athlète, en marbre, conservée au palais Riccardi à Florence, et remarquable par la sévérité du style ^ C'est encore une tête en marbre, de provenance napolitaine, qui fait partie de la collection Blundell, à Ince-Hall \ Mais surtout nous devons prêter attention à un fragment de statue en bronze, trouvé à Tarse, en Cilicie, une des richesses du musée de Tchinly- Kiosk, à Constantinople (fig. 246) \ Le bras, peut-être mal restauré, ne permet pas de déterminer à coup sûr l'attitude du personnage ; mais la tête offre un vif intérêt, en nous montrant, avec un carac-

1. c( Capillum et pubem non emendatius fecisse quam rudis antiquitas instituisset. » Pline, Nat. Ilist., 34, 57.

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