Ad Herennlunif IV
3. Heydemann, Mltteîlungen aus den Antilcensammlungen in Oher-und Mlttelitalien, pi. 6, p. 101 j Friederichs-Wolters, Gipsabgiisse, n» 458.
4. Ai^cîi. Zeitung, 1874, pi. 3. Cf. Michaelis, Ancient m%rUes in Grôat Britain, p. 367, n^ 152. Friederichs-Wolters, n» 459.
5. 0. Kayet, Gazette arcJi.j Y LU, 1883, pi. I, p. 85. Cf. Pottier et Kemach, La Nécropole delvlt/rlna^ p. 451.
tère individuel un peu plus marqué, le développement du type du Discobole. 0. Eayet en a fait ressortir les principaux traits : ce La courbure du nez, la saillie très marquée des apophyses du maxillaire inférieur, la terminaison en pointe du menton, le rapprochement des yeux, )) et surtout Tarrangement de la chevelure (( en une série de
FiG. 246. — Fragment crune statue en bronze. (Musée de Tchinly-Kiosk, Constantinople. )
mèches courtes enroulées en tire-bouchons )). Vous trouvez là comme la traduction en bronze d'une technique familière à la sculpture sur marbre, à savoir le travail à la virole, que nous avons vu appliqué à une tête de Lapithe dans le fronton, occidental d'Olympie.
C'est encore à la tête du Discobole qu'il faut comparer celle d'une admirable statue de bronze appartenant au musée des Uffizi^ à Florence (fig. 247) \ JJIdolino^ pour lui laisser son surnom populaire, est
1. Kekulé, Ub^r die Bronzestatiie des sogenanntenidolino; 49*^ Programm zum Wîncïcelmannsfeste, Berlin, 1889.
Tin jeune garçon de quatorze à quinze ans, peut-être un vainqueur à quelque concours d'enfants. Debout dans une attitude modeste, la
tête un peu inclinée, il étend la main droite qui tenait la phiale à libations. C'est une œuvre d'une remarquable sévérité de style, et sans aucun doute un original exécuté peu de temps après 450. Il serait téméraire de rattacher directement \Idolino à l'école de Myron; tout au moins, on reconnaît dans la structure de la tête les mêmes principes, les mêmes proportions que dans celle du Discobole (fig. 248). La chevelure est traitée dans le même esprit, avec un progrès pourtant marqué. Les boucles sont déjà détaillées, sans être saillantes et refouillées ; elles ont leur mouvement, et nous observerons des caractères identiques dans les statues de Polyclète, élève, comme Myron, de l'Argien Agélaïdas. Enfin une statue, où nous reconnaissons avec plus de certitude la tradition myronienne , nous conduit à une date plus récente. La Glyptothèque de Munich possède une belle statue d'athlète, copie d'un original célèbre, dont il existe plusieurs répKques (fig. 249) \
FiGr. 247. — lildoUno^ statue en bronze. (Florence, Musée des Vfjîzi.^
1. La statue de Municb. a été finement étudiée par Brunn, Annali deU'Inst., 1879, p. 201, pi. S. T. Cf. Monumenti inedlti^ XI. pi. 7. Brunn, Denlcmaeler, n°^ 132, 184", 135. Les autres répliques se trouvent à
De la main droite, aujourd'hui perdue, l'athlète élevait un flacon d'huile pour s'en verser le contenu sur le corps ; de la gauche, il recueillait les gouttes du liquide ruisselant sur sa poitrine. Si la tête conserve tous les caractères du type myronien, la chevelure, travaillée avec soin, prouve que l'artiste a cherché de plus près la vérité, et, chose curieuse.
FiG-. 248. — Tête de VIdoUno.
cette tête juvénile et fine, aux cheveux bouclés, offre avec celle de l'Hermès de Praxitèle une étroite parenté. De ces rapprochements se dégage un fait capital, que M. Kekulé a eu le mérite de mettre en lumière'.
Dresde (Le Plat, Recueil de marlres antiques, pi. 121), à Turin (Dlitsclicke, Bildwerhe in Oberitalien, t. IV, p. 122, no 277), à Petworth-House, en Angleterre (Michaelis, Ancient marlles in Great Britain, p. 601, n*^ 9). Une terre cuite de Myrina reproduit le même type (Pottier et Reinach, la Nécropole de MTjrinUj p. 451).
1. Kekulé, Ueber den Koj)f des Praxltellsclien Hermès, Stuttgart, 1881.
Ce type, qui recevra du ciseau de Praxitèle son expression^ parfaite,
nous le voyons naître dans l'atelier de Myron; nous le voyons devenir classique, et s'imposer en quelque sorte à la statuaire athlétique. Praxitèle le trouvera tout formé ; il le recueillera comme un héritage de ses devanciers. Par là aussi, nous nous expliquons la critique de Quintilien. Cette façon simple et encore sommaire de traiter la chevelure pouvait paraître entachée d'archaïsme , en regard des raffinements de technique introduits par les écoles plus récentes.
Essayons maintenant de déterminer, d'après les textes et les monuments , les traits de physionomie qui font de Myron une des figures les plus originales de son temps. Tout d'abord , c'est un no-
FiG. 249, - Statue d'athlète. (Glyptothèque de Munich.) Vateur , Un auda-
cieux^ Son tempérament le porte à aborder des sujets neufs et difficiles : Tin coureur surpris au passage, un athlète entrevu dans une attitude violente. Avec sa science merveilleuse du corps humain, il se joue des problèmes les plus ardus de l'équilibre et de la statique. Il l'emporte sur Polyclète pour le rythme : les Latins disent qu'il lui est supérieur au point de vue du (( nombre )) {numerosior) ^, En d'autres termes, il a scruté avec plus de curiosité les complications infinies de monvement que peut offrir le corps humain ; il a élargi le domaine de la plastique. Pline peut à bon droit dire de lui qu'il a le premier (( multiplié la vérité ^ )).
Nous sommes arrivés à une époque de l'art où l'habileté technique est le moindre mérite. Si l'antiquité plaçait Myron au premier rang \ c'est qu'elle reconnaissait en lui un de ces maîtres qui impriment à l'art une direction, et se mettent à la tête d'une école. Et, en effet, parmi toutes les interprétations de la nature vivante qui s'offrent à l'artiste, Myron a fait son choix. D'autres peuvent rendre les émotions de l'âme, les élégances de la forme, ou traduire de hautes idées morales; pour lui, il est séduit par l'énergie physique. Il a des choses une vision en quelque sorte matérielle; il s'arrête à l'enveloppe extérieure; il est, suivant le mot de Pline, (( plus curieux du corps que de l'âme ». Alors même qu'il est entraîné à exprimer des sentiments, il en voit surtout le côté instinctif, corporel pour ainsi dire. L'étonnement et la convoitise de Marsyas, l'attention, la volonté sûre d'ellemême du Discobole, c'est par les gestes, par l'attitude qu'il en cherche l'expression. En somme, un singulier don d'observation aiguë et pénétrante, appliquée au monde physique; peu d'idéal, et peut-être un fond de réahsme béotien; enfin une rare aptitude à saisir, sous leurs aspects les plus expressifs, toutes les manifestations de la vie, voilà, croyons-nous, les traits caractéristiques du génie de Myron.
1. Le trait est bien relevé par Quintilien, à propos du Discobole : ce Si quis tamen, ut parum rectum, improbet opus, nonne abintellectu artis abfuerit, in qua vel prœcipue laudabilis est ipsa novitas ac dif ficultas ? )) /?zsf. orat.,!!, 13.