‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 239 sur 293 · Pline, Nat Eut, 3i · texte numérisé non relu

Pline, Nat Eut, 3i

3. ccPrimus hic multiplicasse veritatem videtur. » V\me, passage cité.

4. « Una fingendi est ars, in qua prjestantes f uerunt IVIyro, Polyclitus, Lysippus. )) Cicéron, de Oratore, III, 7, 26.

Le maître d'Éleuthères est un réaliste. Toutefois, il faut s'entendre sur ce mot, qui comporte bien des acceptions. Si Ton admet que le réalisme imite (( la nature dans son inconscience, son indifférence morale, son absence de choix ^ )), qu'il s'attache de préférence aux accidents particuKers de la forme individuelle, Myron ne semble pas connaître ce genre de réalisme, étranger à l'art grec du cinquième siècle. Il suit la tendance de son époque, et cherche lui aussi le type généralisé. Son Discobole n'est pas tel athlète qu'on pourrait nommer, avec sa physionomie personnelle : c'est le type de l'athlète, dans un mouvement donné. Comprenez au contraire le réalisme comme une réaction féconde contre les conventions, comme un moyen de se rapprocher de la nature; imaginez que cette observation juste et sincère n'exclut ni le choix, ni la recherche de la forme achevée, qu'elle éhmine soigneusement tout ce qui est déformation individuelle, vous aurez sans doute une idée juste du réalisme de Myron. C'est par là que, dans son domaine limité, il est un grand maître ; par là encore, il reste bien de son temps.

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