‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 244 sur 293 · PL XII · texte numérisé non relu

PL XII

POLYCLETE. 489

sinon la meilleure, est la statue en marbre du musée de Naples, trouvée en 1797 dans une palestre de Pompéi, et reproduisant exactement le même mouvement que le Doryphore gravé sur une intaille de FAntiquarium de Berlin ^ Si le marbre de Naples ne peut rivaliser, pour la finesse du travail, avec un torse de l'ancienne collection Pourtalès, conservé au musée de Berlin, il offre au moins l'avantage de nous être parvenu à peu près intact, et de n'avoir subi que des restaurations insignifiantes (PL XII) ^ Le Doryphore de Naples est un jeune homme de proportions moyennes, dont les formes pleines accusent la complexion athlétique. Il s'avance lentement, le bras droit inoccupé et pendant le long du corps, la main gauche tenant la lance de guerre appuyée contre l'épaule. Le visage se détourne un peu vers la gauche du spectateur, et cette légère flexion souligne encore le rythme cadencé de la démarche. (( L'ensemble, écrit M. Eugène Guillaume, donne l'idée d'une force redoutable ; mais on sent que cette force est réglée par la disciphne et par l'exercice. Elle est sans ostentation; elle se laisse voir, elle s'oublie, et la jeimesse qui la tempère s'y montre par une sorte d'abandon à la nature. Cependant, ces puissants dehors n'ont pas seulement le caractère de la vigueur physique : ils font paraître une noblesse, une décence, une sûreté de soi , en un mot, une pensée digne d'un homme libre. ))

Certes, si jamais la statuaire grecque a atteint à ce type généraUsé, vers lequel tendent tous les efforts des maîtres de la grande époque, c'est bien dans la statue du Porte-lance. Et cela est si vrai, qu'on hésite encore sur la destination première de cette oeiavre. L'original était

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