POLYCLÈTE
une monnaie de l'époque impériale, la déesse assise sur son trône, avec Tattitude majestueuse que Fart du cinquième siècle donne aux statues de culte (fig. 262 )^ La statue est encore reproduite sur une monnaie frappée au temps d'Antonin le Pieux, où Ton voit, devant la déesse, la statue chryséléphantine d'Hébé, exécutée par un contemporain plus jeune de Polyclète, Naucydès d'Argos. Dans le champ est le paon d'or, enrichi de pierres précieuses, qu'Hadrien avait consacré dans l'Héraion (fig. 265)^ Grâce à ces témoignages, nous pouvons tout au moins apprécier ceux des caractères de l'oeuvre que reproduit une silhouette, même aussi réduite qu'elle peut l'être dans le champ d'une monnaie : l'attitude assise, l'ampleur du geste qui développe le bras gauche appuyé sur le sceptre, ]a richesse du jeu des draperies, et par-dessus tout la dignité tranquille de la pose.
Quant aux traits du visage, où les successeurs de Polyclète trouvaient réalisé l'idéal achevé du type de la déesse, nous sommes réduits à les demander à la tête de Héra, reproduite sur une mon- ^''^- 262. -La Héra
■^ d'Argos sur
naie d'Argos ( fig. 263 ) ^ Certains détails con- une monnaie d'Argos. cordent avec la* description de Pausanias : tel est ^ Monnaie
^ de Julia Domna.
le stéphanos y de forme basse et cylindrique, sur lequel le graveur monétaire a remplacé par des palmettes les figures ciselées par Polyclète. Si la copie est exacte dans ses traits généraux, elle nous renseigne sur un point important, car l'arrangement de la chevelure, dénouée et flottante, prouve que le maître argien avait . donné à la déesse non pas un caractère matronal , mais le type juvénile qui convient à la fiancée divine du souverain de l'Olympe. En résumé, et pour nous en tenir au témoignage des monnaies et des textes, Polyclète avait représenté Héra comme une jeune épousée, c( ne montrant de sa beauté que ce qu'il est permis aux mortels d'en voir » \ c'est-à-dire ses bras d'ivoire, son visage