CHAPITRE V
Le nom le plus glorieux du cinquième siècle est celui de F Athénien Phidias ^ Il reste associé pour nous aux souvenirs les plus brillants de rhistoire d'Athènes, et personnifie le mouvement d'art qui assure désormais la suprématie de F école attique. Sans doute le génie de Phidias justifie la place que nous lui attribuons au premier rang des maîtres grecs ; mais ce n'est point le diminuer que de remarquer à quel point il a été servi par un étonnant concours de circonstances favorables. Le moment où il arrive à sa maturité est celui où Périclès peut réaliser les embellissements rêvés par Cimon, et l'amitié du grand homme d'Etat ouvre à son activité la carrière la plus étendue. Aucun de ses contemporains ne trouve comme lui l'occasion de faire participer à de grandes œuvres toute une école de disciples dociles ; aucun, peutêtre, n'est capable au même degré de leur imprimer une direction puissante, de les marquer de son empreinte. Par suite, Phidias nous apparaît comme une figure très complexe. Il est le plus grand artiste d'une époque privilégiée entre toutes ; il est en même temps le chef d'une école qui ne se borne pas à continuer sa tradition, mais qui tra-
1 . Voir sur Phidias, Otfried Millier, De Phidias vUa et operîhus, Goettingne, 1827. L. de Ronchaud, Phidias, sa vie et ses ouvrages, Paris, 1861. Petersen, Die Kunst des Pheîdias am Parthenon und zu Olympia, Berlin, 1873. Ch. Waldstein, Essays on the art of Pheidias, Cambridge, 1885. M. Collignon, Phidias, dans la Collection des artistes céVehr es, Paris, librairie de l'Art, 1886. Waldstein, 2iriic\Q Phidias, dans Baumeister, DenJcmaeler des klassischen Alterthums. On consultera aussi avec profit l'article de Preller (AUgemeine Encyclopaediej sect. III, p. 169 et suivantes), et Brunn, Geschichte der griechischen Kûnstler, I, p. 157-210. L'ouvrage de Beulé, intitulé : Phidias, drame antique (Paris, 1869), n'est, comme le dit l'auteur lui-même ce qu'une simple récréation littéraire ». Il contient cependant une intéressante introduction sur la Jeunesse de Phidias.
518 L'ÉPOQUE DES GEANDS MAITKES.
vaille sous ordres, et s'inspire directement de la pensée du maître. Si les limites de ce volume nous obligent à ne considérer ici que son œuvre personnelle, nous n'oublierons pas que son influence règne en maîtresse au Parthénon, et qu'en étudiant plus tard la sculpture décorative à Athènes, nous y trouverons comme le manifeste le plus complet de son école.