Dion Chiysostome, Orat, 55, 1, p
3. Scholiaste d'Aristophane, Les Grenouilles, vers 504. Suidas, s. v. TsXâôaç. Cf. Tzetzès, Chïl. VIII,
bien fait pour Tinitier à un style plus large et plus libre que celui des sculpteurs athéniens. Ajoutez qu'au point de vue de la science professionnelle et de la connaissance des procédés techniques, le séjour d'Argos ne lui était pas moins profitable. C'est là sans doute qu'il a puisé cette habileté consommée de fondeur en bronze et de toreuticien que les écrivains anciens lui attribuent \ et dont témoignait la perfection si vantée de ses statues chryséléphantines.
La première œuvre connue de Phidias est une statue en or et en ivoire, exécutée pour la ville de Pellène, en Achaïe, et consacrée dans un temple d'Athéna. On racontait que sous la base s'ouvrait un trou profond, d'oii se dégageait une fraîcheur humide destinée à assurer la conservation de l'ivoire. Le jeune sculpteur se trouvait-il encore à Argos, lorsque les Pelléniens s'adressèrent à lui, et fut-il désigné à leur choix par Agélaïdas? Nous n'avons aucune raison de l'affirmer, bien que l'hypothèse n'ait rien d'invraisemblable ^ ; mais si Phidias saisit cette première occasion de se faire connaître avant de quitter Athènes, le mouvement d'art inauguré par Cimon doit bientôt le rappeler à Athènes.
Nous voudrions pouvoir placer à leur date les œuvres de Phidias qui sont contemporaines du gouvernement de Cimon; malheureusement les renseignements certains nous font défaut. Toutefois sa réputation est assez établie pour qu'on lui confie, à Athènes même, des travaux importants. C'est en effet entre les années 465 et 460, semble-t-il, qu'il exécute un groupe votif en bronze dédié à Delphes par les Athéniens, en souvenir de Marathon. Pausanias, qui décrit ce monument^, rapporte que la dîme du butin conquis sur les Perses en avait fait les frais, ce qui ne laisse pas de soulever une difficulté chronologique. Comment admettre un tel intervalle entre l'année de la bataille de Marathon et la dédicace du groupe? Ne doit-on pas croire que Phidias l'a exécuté beaucoup plus tôt? Mais on sait ce qu'il faut penser du soi-disant butin de Marathon,
1. Pline, Nat. Hist., 34, 54. ccPliidias... scientia aeri fimdendi primus inclaruit, primusque artem toreuticen apemisse atque demonstrassemerito judicatur. )) Cf . Senèque, Epist., 85. C( Non ex ebore tantum Phidias sciebat facere simulacra, f aciebat et ex aère.))
2. C'est une conjecture émise par Beuléj Phidias QLa Jeunesse de Phidias, introduction, p. 16).