‹ Histoire de la sculpture grecqueChapitre 265 sur 293 · Pausanias, X · texte numérisé non relu

Pausanias, X

qui aurait dû être inépuisable pour satisfaire à toutes les dépenses dont il était le prétexte^; en réalité, c'était le trésor d'Athènes, enrichi par les campagnes de Thémistocle et de Cimon, qui permettait de glorifier plus de vingt ans après les événements les souvenirs de la guerre persique^ Devenu tout-puissant vers 466, Cimon avait un double intérêt à exalter ces souvenirs; il honorait la mémoire de son père Miltiade, et augmentait d'autant le prestige de son nom. C'est donc dans les années qui suivent la victoire de l'Eurymédon, c'est-à-dire après 465, qu'on peut placer l'exécution du groupe de Phidias. L'ex-voto de Delphes comprenait une série de figures dont Paûsanias nous a conservé les noms : Athéna, Apollon, et le héros de Marathon, Miltiade ; puis des personnages légendaires, Thésée et Phyleus, l'ancêtre mythique de la famille de Cimon; Codros, un des rois de l'Attique, et enfin les héros éponymes des tribus attiques, Érechthée, Cécrops, Pandion, Léos, Antiochos, Egée et Akamas. Plus tard les Athéniens avaient joint à l'ex-voto primitif les statues d'Antigone, de Démétrius et de Ptolémée, qui avaient donné leur nom aux nouvelles tribus attiques. Nous savons dès lors que le groupe se composait de figures simplement juxtaposées, suivant la méthode que pratiquent Agélaïdas et ses contemporains dans les ex-voto olympiques. Le temps n'est pas encore venu où Phidias saura rompre avec la tradition de son maître, ne relever que de lui-même, et créer ces vastes ensembles rigoureusement liés auxquels on ne saurait rien ajouter ni rien enlever sans en détruire l'harmonie.

C'est dans la même période, vers 459, que nous placerions volontiers la statue d' Athéna Areia faite par Phidias pour un temple de Platées. L'édifice avait été commencé peu de temps après la bataille de Platées, et les quatre-vingts talents attribués aux Platéens comme (( prix de la vaillance )) (apKjTEîbv), sur la proposition du Corinthien Cléocritos, devaient y être consacrés. Sans doute la construction traîna en longueur, car Polygnote, chargé avec Onasias de la décoration peinte, n'y put travailler que vers 460, après avoir terminé ses

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