Pausanias, V
4. On sait que la restauration graphique du Zeus d'Olympie a été souvent essayée. Voir en particulier Quatremère de Ouincy, Le Jupiter Olympien j et Laloux dans la Restauration d'Olympie, planche à la page 98.
les documents les plus certains, semblent justifier la seconde hypothèse. Une de ces monnaies montre le Zeus vu de face, le torse nu, avec les plis de l'himation retombant en masse sur l'épaule gauche * (fig. 268). Une autre monnaie d'Elis de la même époque, conservée au Cabinet de Florence, montre la statue vue de profil, tournée vers la gauche, avec Favant-bras* gauche recouvert par les plis du manteau ". C'est encore à ces monnaies qu'il faut demander les renseignements les plus précis sur l'attitude de la statue. Le bras droit était porté en avant, soutenant la Victoire tournée vers le dieu; le bras gauche s'appuyait sur le sceptre, mais sans se développer outre mesure, comme on le voit dans certaines statues de date postérieure. Les cuisses n'étaient pas posées horizontalement, ce qui aurait produit un raccourci choquant pour les spectateurs placés au pied de la base ; elles étaient inclinées, et l'oeil pouvait en apercevoir les contours sous les plis de la draperie. Telle est bien, dans ses lignes générales, l'attitude que reproduit une curieuse peinture murale d'époque romaine,
Fig. 268. — Zeus Olympien. ^ r^r^r^ \ i it» w
(Monnaie d'Éiis.) decouverto cu 1888 près des grands rropylees
d'Eleusis (fig. 269) ^ Au milieu d'un panneau, le peintre a figuré Zeus assis sur un trône, le bas du corps couvert d'un himation bleu , qui laisse à nu un torse puissant, largement peint, dans la manière rapide et un peu grosse des décorateurs italiens. On pourrait songer à une imitation directe de la statue d'Olympie, si nous ne savions qu'Hadrien avait consacré dans l'Olympiéion d'Athènes un Zeus d'or et d'ivoire reproduit sur une monnaie attique^ C'est là que nous chercherions plutôt le prototype de la peinture d'Eleusis, exécutée, semble-t-il, au temps d'Hadrien. Tout au moins nous apprenons par là que la statue d'Athènes était une réplique de celle d'Olympie,
1. J. Friedlaender, Miinze der Eleer mît dem Zeus des Pheidias (^Arcli. Zeitung, 1876, p. 34). Cf. Percy Gardner, Numîsmatîc Clironide, N. S. XIX, 1879, p. 268, 272, pi. XVI. Le même type est figuré sur un statère chypriote du British Muséum publié par M. Six : Numismatic Chronicle, 1882, sér. III, vol. II, pi. V.
2. Overbeck, Grîechische Kunstmythologie^ 1. 1, Mûnztafel II, fig. 4. Cf. Percy Gardner, Types of greek coins, pi. XV, fig. 19.
3. '£9Yij;.£pl; àp)(. 1889, pi. 4 et 5, p. 77, article de M. Philios.