Iliade, XXVIII
5. Voir Dodone, pi. XLIII, fig. 1-2-3, et les commentaires de M. Heuzey, p. 221. Cf. Olympia, Die Bronzen,^\. XXXI-XXXIII,p. 81 suiv.
sur des bases, avaient été dédiées en guise d'ex-voto \ Elles sont traitées exactement dans le même style que les animaux des anciens vases d'Athènes; elles oi&ent les mêmes formes raides, les mêmes caractères primitifs ; telle figurine de cheval trouvée à Olympie, avec son décor gravé et pointillé, peut être rapprochée des chevaux modelés en terre cuite qui ornent le couvercle de certaines pyxis du Dipylon". C'est même une hypothèse assez plausible d'admettre que la métallurgie a fourni des modèles aux décorateurs de vases. L'idée d'un décor en silhouette a pu être suggérée aux potiers par l'imitation d'objets en bronze coulé, tels que nous en connaissons aujourd'hui, grâce aux trouvailles faites en Crète. A côté des produits de l'industrie phénicienne, on a recueilli dans l'antre de l'Ida de curieux bronzes qui appartiennent certainement à l'art indigène ; ce sont des fragments provenant de supports de cratères ou de bassins. Tous ces bronzes ont été coulés. Entre les baguettes métalliques qui dessinaient la forme du support, s'encadrent des sujets inspirés par le même esprit que les représentations duDipylon; un navire avec ses rameurs (fig. 40), des guerriers montés sur leur char de guerre, des chasseurs , des scènes de la vie pastorale \ Vous retrouvez aussi, dans les types d'hommes et d'animaux, les mêmes contours naïfs qui donnent aux figures du Dipylon un caractère si particulier. Si l'on ne peut conclure avec certitude que les bronzes de cette nature sont antérieurs aux vases géométriques à personnages, et qu'ils ont exercé une influence sur le style de la peinture, on ne se refusera pas cependant à constater entre ces produits un apparentage évident.
Quand l'industrie métallurgique fait servir la figure humaine à l'ornementation des objets travaillés au repoussé, ou gravés au trait, elle reste fidèle au style qui prévaut dans la céramique. Nous citerons comme exemple un bandeau d'or, trouvé à Corinthe, et appartenant aujourd'hui à l' Antiquarium de Berlin (fig. 41) '. La plaque d'or est
J. Bronzefunde ans Olympia^ p. 19-20. Olympia, Dk Bronzen, pi. X-XIV, p. 29 suiv.
2. Cf. Rayet et Collignon, Hlst. de la Céramique grecque ^ p. 33, fig. 21.
3. Museo italiano di anfAcMtà classica, Atlas, pi. XI. Cf. les remarques de Trendelenburg, Jahrbuch des arch. Inst. V, 1890. QAixJi. Anzeiger, p. 24.)
4. Arch. Zeitung^ 1884, pi. 8^ fig. 1. Cf. pi. 9. 1, un bandeau d'or analogue, conservé à Copenhague, et provenant d'un tombeau du Dipylon. M. Staïs a trouvé à Trézène un bandeau d'or à décoration géométrique du même style : AsXxiov àpxatoÀoyiy.ov, 1889, p. 164.
divisée dans sa largeur en deux zones, que remplissent des files de personnages. Voici d'abord, mêlés à des cavaliers, des Centaures dont les pieds de devant sont ceux d un homme , et qui portent des ra-
FiG. 40. — Fragment d'un support de cratère trouvé dans Fantre de l'Ida (Crète). D'après le Museo italiano di antîckità classica, A tla.s . -ni XT
antîckità classlca, Atlas, pi. XI.
meaux ; plus loin une file d'hommes se tenant par la main, comme pour former un choeur de danseurs; au milieu d'eux, est figurée la victime destinée au sacrifice. Comme sur les vases du Dipylon, ces personnages
Pis. 41. — Bandeau d'or estampé trouTé à Coriuthe. (Antiquarinm de Berlin.)
portent sur la tête une aigrette, qui paraît implantée dans le crâne, et indique tant bien que mal le casque dont ils sont coiffés. Avec quelques variantes, la zone inférieure reproduit le même sujet. ^ Il serait facile de multiplier les exemples, de montrer, avec plus d'insistance, le parallélisme absolu qui existe entre la décoration du métal
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et celle des vases peints. Ainsi, en Béotie, dans les tombeaux contenant des vases du style géométrique béotien, on a recueilli des fibules, des bandeaux de bronze gravés au trait, où se retrouvent toutes ces figures d'hommes, de chevaux, d'oiseaux, de poissons, ces scènes navales, qui constituent le répertoire habituel des potiers \ Mais il faut se borner ; aussi bien, pour le sujet qui nous occupe, nous n'avons qu'à retenir des conclusions générales : ce sont les suivantes.
Dans les ateliers de la Grèce continentale et des îles les plus voisines, là oii l'industrie hellénique est en quelque sorte livrée à ses propres forces, le style qui prévaut est le style géométrique. Il n'apparaît pas tout formé, comme on l'a dit quelquefois ; on aperçoit les rapports qui le rattachent au style mycénien, dont il dérive; mais il se constitue avec des caractères propres, très originaux, qui le distinguent à première vue. Il n'y a aucune raison plausible de refuser aux Hellènes sinon l'invention, au moins le développement méthodique de ce système ornemental, qui est appliqué, avec une singulière uniformité, à tous les produits de l'industrie primitive, aux bronzes comme aux poteries^. La part d'influence orientale, si elle existe, est très faible. Enfin, à une date qu'on peut placer dans le cours du septième siècle, sous l'influence des modèles orientaux et même des produits importés par les colonies grecques de l'Est, ce style commence à se modifier. Nous connaissons des monuments qui forment la transition entre le style géométrique pur, et celui dont nous allons indiquer les principaux caractères, à savoir le style oriental.