HISTOIRE DE LA SECONDE RÉPUBLIQUE. A^^ÉE
Juillet 1851. deux Cent soixante dix-huit contre. La révision se trouva donc repoussée. Quelques orléanistes connus, MM. Thiers, Baze^ Dul'aure, de Rémusat, Changarnier, votèrent, en cette circonstance, avec les républicains; mais l'immense majorité de l'Assemblée tint à exprimer sa haine stupide contre la République, au risque de livrer le pays à tous les hasards de l'inconnu et de le précipiter dans une guerre civile à courte échéance.
C'était le 12 juillet 1851 quavait eu lieu le vote de rejet de la proposition concernant la révision ; le lendemain même, une discussion orageuse s'engagea sur les manœuvres employées par l'administration pour engager les populations à pétitionner en faveur de la révision. L'année précédente, on ne s'était pas fait faute de considérer comme séditieuses les pétitions organisées contre la loi inconstitutionnelle du 31 mai. Pouvaiton rester muet sur les menées de l'administration, qui, contrairement à son devoir, avait usé de tous ses moyens d'influence pour exciter les citoyens au pétitionnement? L'Assemblée ne le crut pas, et, sur une motion de M. Baze, elle vota dans les termes suivants, par 333 voix contre 320, un blâme énergique aux ministres qui, dans un intérêt personnel, avaient semé l'agitation dans le pays. « L'Assemblée, tout en regrettant que, dans un grand nombre de localités, contrairement à son devoir, l'administration ait abusé de son influence pour exciter les citoyens au pétitionnement, ordonne le dépôt des pétitions au bureau des renseignements. » C'était comme une nouvelle déclaration de guerre au gouvernement. Les ministres, frappés par ce vote, étaient ceux qui, au mois de janvier, avaient cru devoir se retirer devant un ordre du jour à peu près analogue. Ils se montrèrent moins chatouilleux cette fois, et ils gardèrent leurs portefeuilles. Toutefois ils avaient remis leur démission entre les mains du président; mais celui-ci, se considérant
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