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étouffé la voix de l'intérêt; et Louis-Napoléon put surprendre encore les symptômes des agitations qui avaient régné. Étant monté à la Croix-Rousse, il fut entouré d'une foule tumultueuse qui le poursuivit de ses clameurs : en outre, le conseil municipal de la Guillotière avait refusé d'aller au-devant du premier magistrat de la République. Malgré de tels indices de malveillance, il fut bientôt visible que ces actes d'hostilité n'étaient que les derniers restes d'ardeurs qui s'éteignaient. Non seulement au sein de la bourgeoisie, mais dans la meilleure partie de la population ouvrière, l'accueil fut bon, somptueux même, comme il convenait à une si riche cité. Réceptions, bals, illuminations, festins, fêtes nautiques, rien ne manqua. Un banquet lui ayant été offert à l'Hôtel de ville, Louis-Napoléon profita de cette occasion pour prononcer un de ces discours d'apparat auxquels il excellait : « Je ne suis pas venu, disait « modestement le prince, dans ces contrées où l'Empereur, « mon oncle, a laissé de si profondes traces, afin de recueillir « seulement des ovations et de passer des revues; le but de « mon voyage est, par ma présence, d'encourager les bons, de « ramener les esprits égarés, déjuger par moi-même des sen- » timents et des besoins du pays. » Jaloux de bien marquer la différence entre les monarchistes et lui, le président ne manquait pas de rendre hommage à la souveraineté nationale : « Je suis, non le représentant d'un parti, mais le représentant tt des deux grandes manifestations nationales qui, en 1804 «comme en 1848, ont voulu sauver par l'ordre les grands « principes de la Révolution française. Fier de mon origine et « de mon drapeau, je leur resterai fidèle ; je serai tout entier « au pays, quelque chose qu'il exige de moi, abnégation ou li persévérance. " Le prince affirmait en termes très explicites son respect pour la légalité : « Des bruits de coup d'État sont « peut-être venus jusqu'à vous; vous n'y avez pas ajouté foi; «je vous en remercie : les surprises et les usurpations peuvent « être le rêve des partis sans appui dans la nation. Mais l'élu ♦« de six millions de suffrages exécute les volontés du peuple « et ne les trahit pas. »
De Lyon, le président se dirigea vers Strasbourg par la
Franche-Comté. Dans cette dernière province comme en Bourgogne, les témoignages de sympathie ne manquèrent point, quoique mêlés à quelques manifestations bien différentes. Les démagogues criaient: Vive la Ré/mblifjue sociale îles démocrates modérés : Vive la République ! les fonctionnaires et les gardes nationaux : Vive le président ! les paysans : Vive JSapoléon! les vieux soldats : Vive l'Ëwpereur! A Besançon, les incidents tumultueux de la Croix-Rousse se reproduisirent. Deux bals avaient.été préparés : l'un à la Halle, dont l'entrée était libre; l'autre au théâtre, où l'on ne pouvait pénétrer qu'avec une carte d'invitation. Louis-Napoléon s'étant rendu d'abord au bal de la Halle, fut entouré, assailli, et les officiers de son entourage eurent quelque peine à le dégager. Au théâtre, au contraire, les acclamations furent d'autant plus chaleureuses que les assistants voulurent protester contre une si grossière agression.
L'Alsace, cette robuste terre de laboureurs et de soldats, avait participé à l'agitation socialiste très vive en ce tempslà sur les deux rives du Rhin. Aux dernières élections, la liste démagogique avait rallié la majorité des suffrages. A la nouvelle de la venue du président, le conseil municipal de Strasbourg avait refusé tout crédit pour les frais de sa réception. Plusieurs des conseillers du prince l'engagèrent à renoncer à cette partie de son voyage, craignant que sa personne ne reçût quelque offense ou que sa dignité ne fût compromise. Louis- Napoléon n'était pas homme à suivre des avis si timides. S'arrêter, c'était reconnaître d'avance son impopularité. Les dispositions générales qu'il avait rencontrées jusque-là étaient, somme toute, bienveillantes plutôt qu'hostiles et l'encourageaient à l'audace. Peut-être aussi éprouvait-il quelque plaisir à revoir cette vieille cité, témoin des folles témérités de sa jeunesse. Le 21 août, il arriva h Strasbourg. L'événement justifia sa haidiesse. Dans cette ville gangrenée, disait-on, par le socialisme, les acclamations furent aussi nombreuses que partout ailleurs. Un banquet fut offert au chef du pouvoir exécutif par les délégués du commerce et de l'industrie locale. Le président porta un toast à l'Alsace et à Strasbourg : il pro-
testa de son respect pour la souveraineié populaire : il ajouta « que le titre qu'il ambitionnait le plus était celui d'honnête «homme ». Louis- Napoléon, quittant Strasbourg, traversa rapidement la Lorraine et la Champagne. Le 28 août, il était à Paris.
Il en repartit le 9 septembre. Cette fois, il se dirigea vers la Normandie. Dans ces belles provinces de l'Ouest, on avait trop de lumières pour ne pas comprendre que la paix est la meilleure garantie des richesses, et l'on avait trop de richesses pour ne pas souhaiter la paix. Le rôle du pi'ince était donc facile. Il profita de ces dispositions plus favorables pour dévoiler une partie de ses desseins. Il le fit dans deux discours très étudiés, très habiles, et qui marquent bien la marche ascendante de sa fortune. — Le premier de ces discours fut prononcé à Caen : « Ce qu'on acclame en moi, disait le pré- «sident, c'est le représentant de l'ordre et d'un meilleur « avenir.
a Quand je traverse vos populations, entouré d'hommes qui « méritent votre estime et votre confiance, je suis heureux « d'entendre dire : Les mauvais jours sont passés; nous en « attendons de meilleurs.
« Aussi, lorsque partout la prospérité semble renaître, il « serait bien coupable, celui qui tenterait d'en arrêter l'essor «par le changement de ce qui existe aujourd'hui, quelque « imparfait que ce puisse être.
« De même, si des jours orageux devaient reparaître et que r le peuple voulût imposer un nouveau fardeau au chef du « gouvernement, ce chef, à son tour, serait bien coupable de i« déserter cette haute mission. »
Louis-Napoléon indiquait nettement par ces paroles qu'il se prêterait à une augmentation ou à un renouvellement de ses pouvoirs. — Deux jours plus tard, à Cherbourg, il fut encore plus explicite : « Plus je parcours la France, et plus je " m'aperçois qu'on attend beaucoup du gouvernement. Je ne u traverse pas un département, une ville, un hameau, sans M que les maires, les conseillers généraux et même les repré- « sentants ne me demandent, ici, des voies de communi-
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« cation, telles que canaux, chemins de fer; là, rachèvement «de travaux entrepris; partout, enfin, des mesures qui « puissent remédier aux souffrances de l'agriculture, donner « la vie à l'industrie et au commerce.
« Rien de plus naturel que la manifestation de ces vœux : « elle ne frappe pas, croyez-le bien, une oreille inatlentive: « mais, à mon tour, je dois vous dire : Ces résultats tant I' désirés ne s'obtiendront que si vous me donnez le moyen « de les accomplir; et ce moyen est tout entier dans votre « concours à fortifier le pouvoir et à écarter les dangers de « r avenir... »
Ce langage, si audacieux jusque dans sa réserve, trouvait sa justification dans le sentiment public. A Theure où le président parlait de la sorte, cinquante-deux conseils généraux venaient de formuler un vœu pour la revision de la Constitution; et, dans l'esprit du plus grand nombre, cette revision avait surtout pour but de permettre la rééligibilité du chef de lÉtat, interdite par l'article 45 du pacte fondamental. Trois conseils avaient morne pris la peine de préciser à cet égard leur volonté. Les discours de Caen et de Cherbourg étaient comme une réponse aux délibérations des assemblées départementales.
Le 12 septembre, Louis-Napoléon rentra dans la capitale. Il pouvait se rendre cette justice que ses voyages n'avaient point été infructueux. Sachant bien que les peuples aiment toujours à voir de près le représentant du pouvoir, il était entré en rapport direct avec la nation. 11 avait bravé courageusement les passions, et, en les bravant, il les avait à demi désarmées. Par ses discours, il avait à la fois flatté et rassuré le pays : il l'avait flatté par l'habile invocation des souvenirs révolutionnaires et de la souveraineté nationale; il l'avait rassuré par la promesse réitérée de l'ordre et de la paix. Vers cette époque, il s'opéra dans les habitudes mêmes du langage un changement qui indiquait à lui seul les tendances nouvelles de l'opinion. Pendant les premiers temps qui avaient suivi son élection, le président de la Réi)ublique s'était appelé modestement M. Louis Bonaparte; puis on l'appela Louis-
Napoléon : peu à peu l'on s'accoutuma à le désigner sous le nom de prince. Dans le double voyage qu'il venait de faire à l'Est et à l'Ouest, les préfets et les administrateurs avaient parfois, dans leurs entretiens privés avec lui, substitué aux appellations démocratiques celle de monseigneur. Les populations s'étaient portées sur son passage comme on se porte sur le passage d'un souverain. Souverain! il ne l'était pas encore, et il lui restait pour le devenir bien des obstacles à briser; mais, quoi que pût dire la Constitution, il n'était déjà plus un simple magistrat électif et temporaire. Cette transformation s'opérait par degrés dans les mœurs avant qu'elle se consommât par la force. Quant à la République, elle durait encore; mais l'acclamer semblait déjà factieux I
En se rendant à l'étranger poury conférer avec leurs princes, les amis de la légitimité et de l'orléanisme avaient en vue une restauration plus ou moins éloignée. En voyageant à travers les provinces, le président de la République songeait à populariser sa personne et à faciliter le renouvellement de son mandat. Ces démarches étaient correctes, et la Constitution, par cela seul qu'elle était révisable, les autorisait. De retour à Paris, Louis-Napoléon voulut aller plus loin. Le peuple et l'armée étaient les deux forces sur lesquelles il lui plaisait de s'appuyer. Par ses pérégrinations, ses discours, ses promesses, il s'était efforcé d'attirer les masses. Il lui restait à conquérir l'armée.
De vrai, il s'y appliquait depuis longtemps. Bien que magistrat civil, il affectait parfois de porter l'uniforme. Ses amis avaient coutume de vanter ses connaissances militaires. On savait qu'il avait écrit dans sa jeunesse un Manuel d'artillerie. A l'époque de l'expédition de Rome, il n'avait pas hésité à prendre parti pour le général Oudinot que l'Assemblée cou-
damnait. Le projet du général d'Hautpoiil qui augmentait la solde des sous-officiers témoignait d'une sollicitude que personne ne jugea désintéressée. Au mois de juillet, des banquets avaient eu lieu à FÉlysée, où les officiers et sous-officiers avaient été mêlés et confondus à la table même du président. Cela ne suffisant pas, le prince voulut, par une série de revues, se mettre en communication directe avec le soldat.
La saison d'automne favorable aux réunions de troupes, l'utilité des manœuvres d'ensemble, la satisfaction de déployer en face des Parisiens et des étrangers l'imposant appareil de notre armée, tout justifiait ces fêtes militaires. Ce qui se justifia moins bien , c'est le caractère insolite qu'on leur imprima.
Il y eut quatre grandes revues successives. Les deux premières ne paraissent pas avoir préoccupé l'opinion. Il en fut autrement des deux autres. — Le 4 octobre, quatre brigades ayant été réunies à Saint-Maur, les troupes, au moment du défilé poussèrent les cris : Vive Napoléon! Vive le président! Le défilé, terminé, une distribution de viande fut faite aux hommes sur les deniers du prince : une double ration de vin leur fut allouée. Quant aux officiers et à la plupart des sous-officiers, une collation, accompagnée de vm de Champagne, leur fut offerte sur le terrain. Ces incidents, quoique très vivement ' commentés, n'avaient jusque-là rien de bien alarmant. Les plus indulgents jugèrent même qu'il y avait quelque puérilité à transformer en tentative d'embauchage un empressement assez légitime vis-à-vis de soldats fatigués d'une journée pénible. — Par malheur, cette appréciation, d'une équité bienveillante, ne put se soutenir longtemps. Une dernière revue ayant eu lieu le 10 octobre à Satory, les mêmes pratiques se renouvelèrent, et en s'aggravant. A dix heures du matin, les troupes se rassemblèrent sur le champ de manœuvre. L'infanterie foiinnit une division de neuf bataillons, commandée par le général Neumayer. Quant à la cavalerie, elle était exceptionnellement nombreuse, car les garnisons de IMclun, de Meaux, de Fontainebleau et même de villes plus éloignées avaient été convo quées : quarante-huit escadrons se trouvaient réunis. Les tri-
bunes étaient encombrées de curieux, attirés moins par la beauté du spectacle que par l'attente des incidents qui surviendraient. Au dehors, la Foule était immense. A dix heures et demie, le général Changarnier arriva, et, peu après, le président. Les évolutions commencèrent et, malgré le mauvais état du terrain défoncé parles dernières pluies, furent précises et brillantes. On attendait le défilé. L'infanterie défila la première dans un ordre parfait et dans un silence profond. La cavalerie suivit, et aussitôt la scène changea. Les deux régiments de carabiniers et un régiment de cuirassiers poussèrent, sur le signal de leurs officiers, les cris : Vive Napoléon! Vive le président! Un autre régiment de cuirassiers passa et, n'ayant pas reçu d'impulsion, s'abstint de toute manifestation. Avec les dragons, les lanciers, les hussards, les acclamations reprirent, les troupes suivant l'exemple de leurs chefs. On remarqua qu'un chef d'escadrons, se retournant vers ses cavaliers, et brandissant son sabre, poussa le cri de : Vive l'Empereur ! que ses hommes répétèrent aussitôt après lui. Après le défilé, il fut procédé, comme à la précédente revue, à des distributions exceptionnelles de vivres et de vin. Puis la foule s'écoula, s'entretenant avec animation des incidents de la journée
S'alarmer plus tôt eût peut-être été prématuré. Après la dernière revue de Satory, les craintes étaient justifiées. La Commission de permanence qui représentait l'Assemblée absente n'avait pas attendu jusque-là pour s'émouvoir. Dès le 7 octobre, trois jours après la revue de Saint-Maur, elle avait appelé le général d'Hautpoul, ministre de la guerre. — Pourquo'. ces distributions supplémentaires? Pourquoi cette confusion des officiers et sous-officiers participant aux mêmes largesses? Pourquoi ces cris sous les armes? Les acclamations ont-elles été ordonnées? Si elles ne l'ont pas été, a-t-on puni ceux qui les ont poussées? Faisant allusion à certams bruits répandus, les membres de la Commission portèrent plus avant leurs investigations. Était-il vrai que le 62' de ligne, qui avait déjà reçu l'ordre de quitter Paris, eût été maintenu dans cette résidence à cause de son zèle bruyant pour la personne du prince? Était-il vrai que Louis-Napoléon eût distribué de l'argent dans
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les- casernes? — Devant ces interrojjations multipliées, le général d'HautpouI ne s'était pas déconcerté. Les allocations de vin, avait-il répondu, sont réglementaires les jours de fête, de prise d'armes ou de manœuvres. Les distributions faites aux frais du président sont une simple gracieuseté pour l'armée, non un moyen de la séduire : ra[)pât, d'ailleurs, serait trop grossier. Des cris avaient été poussés, il est vrai, mais rares, isolés, non provoqués. Louis-Napoléon avait parfois distribué dans les casernes de petites sommes qui n'excédaient pas cinquante centimes par homme, mais l'usage des officiers généraux autorisait cette générosité. Quant au G2* de ligne, il était exact qu'un ordre avait été donné, puis contremandé; mais si ce régiment était conservé à Paris, c'était moins pour son dévouement au chef de l'État qu'en récompense de ses services en juin 1849. — La Commission avait écouté avec une bienveillance un peu incrédule ces explications. Au cours même de la séance, une altercation entre le ministre et le général Changarnier révéla combien était grande la tension des esprits. Le ministre ayant affirmé qu'il était impossible d'empêcher les cris sous les armes, et ayant pris à témoin de son dire le commandant en chef de l'armée de Paris : << On empê- « chera les cris quand on voudra, répondit celui-ci avec « beaucoup d'autorité. Les acclamations ont été non seulement « encouragées, mais provoquées; elles l'ont été malgré mon K avis. Si je n'ai pas pris de mesures de répression, c'est que " j'étais couvert par le ministre de la guerre et par le président u de la République. » Ce n'est pas sans émotion qu'on entendit ces hautaines paroles de Changarnier. Le général d'HautpouI se refusa à rédiger un ordre du jour pour recommander le silence aux troupes. La Commission leva la séance en exprimant l'espoir que, dans la prochaine revueannoncée pour le 10, les nianilestations précédentes ne se renouvelleraient pas (1). On sait comment cet espoir fut trompé. Le leiiilemam de la revue de Satory, les membres de la Commission de permanence accoururent de bonne heure au Palais-Bourbon. Sept
(1) Prore^-verbaux de: séances de la Coiinititstun de permanence ; séance du 7 octobre 1850
d'entre eux avaient assisté au défilé et firent un récit détaillé de ce qui s'était passé. Le ministre de la guerre qui était à cheval à côté du président avait tout vu, tout toléré. On n'avait, disait-on, ni interdit ni prescrit les acclamations; on s'était borné à faire connaître aux chefs de corps que Louis-Napoléon serait sensible aux témoignages de sympathie de l'armée . de là le silence de quelques-uns et le zèle intéressé du plus grand nombre. Que de tels faits fussent graves, contraires à la discipline, menaçants surtout pour l'avenir, nul parmi les représentants ne songeait à le contester. Quand on arriva aux mesures à prendre, l'embarras commença. Le péril ne paraissait pas assez imminent pour qu'on convoquât l'Assemblée; mais, cette extrémité écartée, que convenait-il de résoudre? Les uns voulaient une déclaration, les autres un ordre du jour motivé : les plus animés allèrent jusqu'à demander la mise en jugement des officiers qui avaient poussé les cris séditieux. Un des membres de la Commission, et non le moins avisé, s'attacha à tempérer cette ardeur. « La situation, dit-il, nous « alarme plus qu'elle n'alarme le pays lui-même : soyons pré- « voyants, mais attendons : sous prétexte de nous opposer aux « coups d'État, ne commençons pas par en faire un. Malheur « à qui engagera le conflit! » La Commission de permanence, dont la presse bonapartiste ne cessait de dén-oncer la malveillance, écouta ces conseils modérés. Elle contint son irritation. Elle se borna à insérer dans le procès- verbal de la séance le témoignage de son improbation : encore ce procèsverbal n'était-il point destiné à la publicité. On ne pouvait faire moins sans abdiquer tout à fait (l).
Cette réserve était d'autant plus méritoire que 1 activité du parti bonapartiste se révélait, à cette heure-là même, par les signes les plus visibles.
Une société s'était formée quelque temps auparavant sous le nom de Société du Dix-Décembre. Dans les régions olficielles, on laissait volontiers entendre qu'il ne s'agissait que d'une société de bienfaisance et de secours mutuels. Mais tout démentait cette
'1) Prolès-verbaux des séances de la Commission de pennanence ; séances des t2 tf iZ octobre 1850.