‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 10 sur 80 · Diodore de Sicile, I · texte numérisé non relu

Diodore de Sicile, I

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

minées, je les ai couvertes d’étoffe, qu’il les couvre de nattes » 11 est impossible d’ajouter foi à ces racontars, d'autant mieux que les livres coptes que nous possédons ne parlent aucunement des pyramides et que si ceux qui sont perdus en parlaient, ce ne pouvait être que dans l’un de ces contes comme ceux que j’ai publiés1 2. Mais ces auteurs peu dignes de créance, qui ont rapporté la tradition précédente, ont été suivis par d’autres auteurs auxquels on a coutume d’accorder une grande confiance, comme 'Abd-el-Lalîf, Maçoudy et Maqrîzy. Suivant le premier de ces auteurs qui, en réalité, est un homme vraiment loyal et digne le plus souvent de toute confiance: « Les assises des pyramides sont si bien rapportées que l’on ne pourrait fourrer entre deux des pierres une aiguille ou un cheveu. Elles sont liées par un mortier qui m’est totalement inconnu. Ces pierres sont revêtues d’écriture dans cet ancien caractère dont on ignore aujourd’hui la valeur. Je n’ai rencontré dans toute l’Égypte personne qui put dire connaître, même par ouï-dire, quelqu’un qui fût au fait de ce caractère. Ces inscriptions sont en si grand nombre que, si l’on voulait copier sur du papier celles seulement que l’on voit sur la surface de ces deux pyramides, on en emplirait plus de dix mille pages 3. » El-Maçoudy qui vivait seulement un siècle après le khalife El-Mamoun, c’est-à-dire au xe siècle de notre ère, dit que la surface des pyramides « est chargée d’inscriptions écrites dans les caractères des nations anciennes et des royaumes qui ne subsistent plus: on ne sait ce que c’est que cette écriture, ni ce qu’elle signifie 4 5. » El-Maqrîzy rapporte que les ouvriers qui ouvrirent la grande pyramide « trouvèrent une salle avec trois portes qui donnaient chacune dans une pièce particulière ; chacune de ces portes avait dix coudées de haut sur cinq de large, en marbre poli et parfaitement appareillé, chargées de caractères3. »

On voit par les textes qui précèdent que l'un des auteurs que j’ai cités, El-Maqrîzy, parle d’inscriptions qui se seraient trouvées dans la grande

1. Cité d’après la Description de l’ Égypte, t. IX, p. 455-456. Cet ouvrage cite ce texte d’après la Pyramidographie de Greaves, p. 80 et sqcj.

2. E. Amélineau, Contes et romans de l’Égype chrétienne, 2 vol. in— 18.

3. ‘Abd-el-Latif, Relation de l’Égypte, trad. S. de Sacy, p. 176.

4. Maçoddi, Les Prairies d’or , cité dans la Description de l'Égypte, IX, p. 478-479.

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