‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 15 sur 80 · La légende contient une faute : pour · texte numérisé non relu

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Cinquième tableau du Musée Guimet.

chaque extrémité, frappent à grands coups de maillet sur leur ciseau :leur jambe droite pend le long de la pièce de bois; leur jambe gauche au contraire est relevée, parce qu’elle se pose sur la bille. Celle posture paraîtrait souverainement incommode à un ouvrier européen; mais elle est ordinaire encore aujourd’hui aux ouvriers égyptiens. Deux nouveaux personnages s’occupent ensuite à redresser un morceau de bois mal venu. Pour ce faire, ils l’ont introduite dans une fourche dont les branches sont retenus par une corde et qui repose sur un pieu. Pour mener à bien cette opération, l’un des deux ouvriers s’est assis sur le morceau de bois qu’il s’agit de redresser, les deux bras pesant dessus, pendant que son camarade, accroupi à terre sur une jambe et l’autre relevée, avec un levier s’occupe de maintenir le morceau de bois comme il doit être. Ensuite un ouvrier assouplit sur un tréteau une pièce de cuir dont il fera des sandales. Deux autres, qui semblent porter des outres, se font admirer l'un à l’autre les peaux qui doivent servir à former ces outres; un troisième est en marche, portant un vase d’huile en sa main gauche, une autre à son cou, et une sorte de sac en peau sur son épaule droite. Le suivant a mis ce qu’il portait sous son bras et tient un sac de sa main droite, pendant que sa main gauche touche une sandale et que ses yeux admirent une autre sandale que lui montre un collègue : évidemment ces sandales étaient une chose fort curieuse et sans doute le serviteur qui les admire ne devait pas en avoir vu souvent. Ils sont précédés de trois autres porteurs avec des objets non encore identifiés : le premier d’entre eux qui lient en ses deux mains deux planches dont l’une est plus longue que l’autre est félicité par le surveillant qui se retourne vers lui, son long bâton posé à terre dans ses deux mains.

Le troisième registre s'ouvre par quatre porteurs qui ont chargé sur leurs épaules ou tiennent sous le bras des objets déjà fabriqués, pendant qu’ils ont à l’autre main des vases ou des coffrets. Trois ouvriers charpentiers sont occupés ensuite à bûcher une pièce de bois, c’est-à-dire à l’équarrir, ou pour mieux dire à la première partie de l’équarrissage : deux d’entre eux sont armés de haches qu’ils manœuvrent à tour de bras. Ces deux ouvriers semblent avoir une posture impossible et la hache être tournée en sens inverse à celui où ^fie devrait frapper l’arbre; mais Car-

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tiste égyptien a représenté les deux ouvriers au moment où ils vont faire tourner cette hache qu'ils tiennent des deux mains; alors une main lâche l’outil qui fait demi-tour, le rattrape ensuite au moment où il frappe le bois et fait jaillir le copeau. Le troisième, tranquillement assis sur la pièce de bois, enlève les aspérités qu’a laissées la hache en se servant de l’herminette. Vient ensuite une barque à laquelle travaillent neuf ouvriers, surveillés par un contremaître. La barque est soutenue dans sa position instable par quatre planches 1 2 qui la prennent en son milieu et sont appuyées sur le sol, la barque offrant un fond plat sur lequel elle repose. Aux deux extrémités les ouvriers polissent à l’herminette dans des positions adaptées au travail qu’ils font : l’un d’eux est débouta ce qui sera l’arrière ou l’avant, car la besogne n’est pas assez dégrossie pour qu’on le voie encore ; un autre est assis à terre, une jambe repliée sous lui, l'autre allongée dans une position fort incommode, car la barque n’est pas assez relevée sur terre et il est obligé de rejeter la tête en arrière. Un autre travaille avec un ciseau et un maillet : il fait les mortaises qui doivent recevoir les tenons d’un bordage que ses camarades sont en train d’ajuster sur l’un des flancs de la barque. Quatre ouvriers sont employés à cette opération - que surveille le contre-maître : l’un, en dehors de la barque, amène à l’aide d’un petit levier le bordage à l’endroit précis où les tenons tomberont dans les mortaises, pendant qu’un second, à genoux sur les bordages déjà placés, tient par une corde l’extrémité de la pièce de bois et la soulève ainsi de peur de se prendre les doigts; deux autres ouvriers s’apprêtent à frapper le bordage avec des pierres afin de l’enfoncer. Le contremaître.

1. M. Maspero dit à ce sujet: « Tous les tableaux que je connais jusqu’à présent nous montrent la barque à peu près terminée. Elle est maintenue par deux, trois ou cinq paires d'étais, la poupe d'ordinaire plus liaute que la proue. » Études égyptiennes , I, p. 101-102. — La chose peut être vraie; mais dans tous les tableaux qui sont connus jusqu'ici de moi, elle est inexacte : il n’y a pas de paires d 'étais, mais seulement une planche calée entre la barque et le sol, comme le montrent les photographies. Les planches ainsi mises sont larges et dénotent parfaitement le but visé par les ouvriers égyptiens : nulle part on ne voit deux étais. La difficulté de présenter la planche dans le dessin est peut-être seule la cause de la méprise que j’ai signalée.

2. M. Maspero {op. cit., p. 102) dit: « Cependant une escouade de cinq ouvriers, sous la conduite d'un contremaître, place un bordage. » L’ouvrier qui fait une mortaise au ciseau a été compris dans ce nombre de cinq ; il m’a semblé qu’il ne fallait pas le comprendre dans cette « escouade » ; c'est pourquoi j’ai mis quatre.

debout au milieu d’eux, leur adresse la parole et dit aux ouvriers qui ont les deux pierres qu’ils brandissent : « Eh! vous, qu’on masse la poutre », c’est-à-dire qu’on la fasse loucher l'autre bordage: pendant qu’il dit aux autres ouvriers : « Ah! écartez vos mains. »

Le quatrième registre nous montre d’abord à droite un ouvrier qui scie une planche attachée à un poteau. Dans la rainure de la scie il a aussi mis un morceau de bois, et, afin que ce morceau de bois ne quitte pas la rainure par suite de la vibration imprimée à la planche parla scie, il asuspendu à l’extrémité du bâton une motte de terre ou une pierre attachée par une ficelle. 11 prépare les matériaux dont vont avoir besoin les ouvriers qui travaillent à la barque voisine. Celte barque, je crois que c’est la même que celle que nous venons de voir, mais dans un état plus avancé. Elle n’est plus soutenue que par deux planches qui servent d’étais. Al’arrière,un ouvrier étendu sur le sol, s’appuyant sur sa main gauche, enlève à l’herminette les aspérités extérieures. En haut, sur la barque, un autre agenouillé taille une planche avec le même outil. Derrière lui, un troisième compagnon fait une entaille dans le bordage qui a été placé, afin d’en placer un nouveau. Un camarade, à l’extérieur de la barque, se penche pour voir avec un instrument si les joints sont bien effacés. Derrière lui, assis à terre et penché en arrière, un cinquième ouvrier taille, avec une herminette à long manche recourbé, les flancs de la poupe, pendant qu’au-dessus de sa tête un camarade fait une mortaise dans le bordage. A l’intérieur de la barque, au milieu, deux ouvriers affrontés élèvent et abaissent deux massues en bois qu’ils tiennent par le milieu à des poignées qui y sont adaptées, comme aux demoiselles des paveurs; ils laissent retomber leur instrument sur le bordage qui a été mis en place de manière à bien unir les ais et la légende dit : « Bon ce que vous faites, et le plancher de l’intérieur ne boira pas, » c’est-à-dire l’eau ne pénétrera pas à l’intérieur de la barque par

1. M. Maspero [op.cit., p. 103 et 104) dit: « Deux hommes armés de deux masses en bois, moins longues que des demoiselles de paveur, mais garnies de poignées analogues, s’escriment de leur mieux contre les planches du fond, tandis qu'un autre continue d’égaliser au ciseau l’extrémité de la proue. La légende explique ce qu’ils font : ils tassent à grands coups l'étoupe goudronnée avec laquelle on calfatait le plancher pour rendre à la barque étanche. » Je ne saurais être d’accord avec M. Maspero sur ce point. Si les ouvriers avaient à calfater le plancher de la barque, ils ne lèveraient pas si haut, je crois, leurs masses, parce que l’effort sérail disproportionné, puisqu’il leur faudrait l’abaisser trop bas, ce qui leur causerait une

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le manque de cohésion des bordages, l’ouvrier debout à l’extérieur enfonçant peut-être des éloupes dans les vides, comme le dit une autre légende entre le masseur et l’ouvrier qui est occupé à faire une mortaise à l’arrière lequel se distingue ici parfaitement de l’avant, étant plus élevé et plus mince. La barque de gauche est sur le point d’être achevée : elle n’a plus d’élais et se lient par sa propre masse. Douze ouvriers sont occupés à y travailler et Ti est en personne, au milieu delà barque surle poiutd’êlre achevée, occupé à surveiller les travailleurs, son bâton dans la main gauche et sans doute son mouchoir à la main droite. A l’avant, sous la proue, un ouvrier assis à terre, armé de l’herminette à long manche recourbé que nous venons de voir employer, taille les poutres : debout en face de lui, un camarade qui a enfoncé sa petite herminelte dans le bordage semble écouter ce que dit un surveillant placé en face de lui, debout, tenant à la main gauche son l âlon et un paquet de corde enroulée au bout de laquelle est suspendu un corps rond qui est peut-être ce que nous appelons fil à plomb. La main droite est appuyée sur l’épaule gauche, par un geste qui doit témoigner le respect. A l’arrière deux autres ouvriers armés, l’un de la grande, l’autre de la petite herminelte, travaillent avec ardeur. Sur la barque, à l’avant, un premier ouvrier menuise à l'herminette; près de lui est un scribe son rouleau sous le bras : sa main droite est aussi posée sur l’épaule gauche, comme chez le surveillant, parce que l’un et l’autre se trouvent en présence d’un supérieur. Devant lui, un ouvrier fait une mortaise, pendant que son camarade, devant Ti, manœuvre l’herminette. Derrière le maître, deux compagnons font des mortaises, et derrière eux, deux camarades affrontés taillent l’un une planche, l’autre le bordage.

Le cinquième registre nous fait assister à la confection des barques de papyrus déjà formées et qu’il s’agit de rendre solides. Les barques sont soutenues par des étais, comme celles en bois: il y en a trois qui semblent

grande fa ligue. En outre, si la niasse s’abat sur l'étoupe, elle ne renfonce pas, elle l’étend seulement et l’aplatit, comme il est facile d’en faire l’expérience. Par conséquent, si 1rs ouvriers calfatent quelque chose, ce n'est pas le plancher delà barque. Aussi ne calfatent-ils point; ils enfoncent seulement le bordage jusqu’à ce qu’il se soit joint aux autres bordages déjà en place hermétiquement. Mais alors qui calfate? C’est l'ouvrier qui est en dehors, qui lient à la main droite l’instrument avec lequel il enfonce l’étoupe; celle étoupe empêchera le plancher de boire, car l’eau n’entrera point dans la barque par ce bordage.

également avancées. A gauche quatre hommes sont occupés à lier les canots avec des cordes : ils tirent de toutes leurs forces afin de bien serrer. Dans la seconde, un premier ouvrier attache la partie recourbée et relevée de la barque ; derrière lui, un enfant semble lui donner des conseils en lui disant quelque chose comme: « Attache solidement ! » Derrière le contremaître, un ouvrier un genou en terre, l’autre étendu, lient une corde de sa main gauche et dans sa main droite a un polissoir en pierre; devant lui est debout un camarade, un genou posé sur la barque, tenant l’autre extrémité de la corde: il s’agit sans doute de faire un nœud. La troisième barque à droite a quatre ouvriers qui attachent tous les quatre diverses parties de la barque. Celui de droite a un pied en terre, pendant que son genou gauche est appuyé sur la barque et que le pied est placé devant la cuisse droite ; il est arrivé au bout de son rouleau de corde et crie à un petit garçon: « Eh ! petit ! apporte-moi des rouleaux de corde. » L’enfant ne se fait pas prier, il apporte deux rouleaux de corde à son père et lui dit : « Eh ! père, voici pour toi ce rouleau. » Il est séparé du père et de la barque par une botte de tiges et de fleurs de papyrus posées sur le sol et cueillies tout exprès pour confectionner des barques. La partie supérieure du registre est occupé par trois tableaux en raccourci où l’on voit au-dessus de la première barque un cuisinier qui prépare des poissons pour la salaison : avec un couteau, sans doute en silex, il les fend parle milieu de l’épine dorsale sur une petite planche et les dispose comme il l’entend : son ouvrage est bientôt achevé ; car il ne lui reste plus que deux poissons à ouvrir. Puis au tableau suivant, nous voyons un homme accroupi, ayant près de lui deux paquets de lin filé dont il fait des cordes. Il est aidé dans ce travail par un jeune enfant qui, à l’extrémité de la corde se déroulant peu à peu, a passé un bâtonnet dont il se sert pour tordre les fils, pendant qu’un poids suspendu à une armature de bois ou de ficelle empêche la corde de se rouler par suite de la tension de la torsion. Lorsque la corde est assez longue, on l’enroule en rouleaux de différentes formes, ronds ou en forme de la couverture liée que j’ai déjà fait observer précédemment. Enfin à droite sont des provisions de toute sorte, rangées d’après la manière égyptienne, vases d’eau ou de vin, bottes d’oignons, œufs, fruits disposés dans un plat comme on dispose toujours les fruits dans nos assiettes à Ann. G. 57

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dessert, pains, fleurs, tête de bœuf, oie troussée, etc. C’était sans doute la nourriture des ouvriers. On remarque aussi parmi ces provisions une sorte de siège que l’on plaçait dans les barques de papyrus, et qui donne l’idée du siège dans lequel se placent actuellement dans leur périssoire les amateurs de sport nautique1 2. Ce registre tout entier est tiré d’un tombeau autre que celui deTi, mais de la même époque, ou à peu près, celui d’un certain Petahliotep. Tel qu’il est reproduit dans la photographie ci-j-ointe, certaines parties très menues ne sont pas visibles. Je ferai seulement observer ici que la plupart des ouvriers, ceux dont le pagne s’est écarté par suite des mouvements du travail, sont circoncis, comme on le voit très bien dans lapublicalion queM. Diimichen en a faite; les enfants au contraire — ils sont au nombrede trois — sont entièrement nus et ne semblent pas avoir été circoncis .

Le sixième registre nous fait assister à une double scène. A gauche d’abord, nous voyons fabriquer des arcs et des lances. Un premier ouvrier achève d’enlever le bois en trop à un arc presque terminé; un second, au contraire, commence de façonner un arc en appuyant son bâton sur un billot assez élevé. Un autre ouvrier travaille de même à une lance qu’il appuie aussi sur un second billot; un quatrième enfin donne les derniers coups d’herminette à une lance. Au-dessus, sont trois lances déjà terminées et un morceau de bois destiné sans doute à devenir un arc. Au second tableau, nous voyons à droite un ouvrier en train d’abattre un acacia : le geste est impossible. Puis en arrière, on voit une barque composée de plusieurs bordages : ces bordages sont fabriqués avec de petites pièces de bois qui s’adaptent les unes aux autres comme des briques dans un mur, mais qui devaient contenir des tenons et des mortaises permettant autout d’avoir de la solidité. Deux ouvriers lahache à la main les assemblent, pendant qu’ils lèvent les yeux sur deux de leurs compagnons qui sont devant eux : de ces derniers, l’un retourne la tête et l’autre est tout à fait retourné, sa main gauche passée sous sa cuisse droite, ayant en l’autre main son herminette dont il touche le surveillant qui se tient debout à l’arrière de la barque ; ils semblent lui parler. A l’avant, un autre ouvrier à cheval

1. Voir pour ce siège Duemichen, Resultate, Theil I, pl. VIII ; el aussi la pl. précédente, la barque de l’homme qui pèche.

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