C’est le n» 7 des tableaux du .Musée Guimet
ANNALES DU MUSÉE GUIMEÎ
En dessous de ce premier registre en comptant par le haut, nous assistons au transport d’une statue en pierre du défunt, « ami unique, supérieur des mystères de la maison de Tiaout, l’amour de son maître, Ti. » La statue est assise sur un siège nommé as, vraisemblablement aussi fait en pierre; elle est nue et n’a que le pagne peint en blanc; ses deux mains fermées sont posées sur ses cuisses. Elle a au menton une petite barbe postiche. Le siège avec la statue qu’il supporte est placé sur un rouleau. Derrière la statue, un serviteur debout lient dans sa main gauche levée un bouquet et dans sa main droite un linge blanc qui faisait sans doute l’office de mouchoir. Sur le piédestal de la statue est monté un autre personnage qui offre l’encens. Devant le traîneau, un autre personnage épand l’eau que contenait un vase blanc qui ressemble assez aux grands zirs qu’on rencontre si fréquemment aujourd’hui en Égypte et qui étaient connus dès celte époque. A une corde attachée au bout recourbé du traîneau six paires d’ouvriers sont attelées; les hommes, n’ayant qu’un léger pagne pour tout vêlement, sont un peu penchés en avant comme pour l’effort que leur demande le transport de la statue. Une inscription placée devant eux nous fait connaître qu’ils la transportent ainsi vers « le tombeau de Ti ». Or, nous savons où est situé le tombeau de Ti, au milieu de la plaine de Saqqarah, au milieu de sables mouvants dans lesquels un homme de poids ordinaire a toutes les peines du monde à marcher : il n’est pas étonnant dès lors qu’on cherchât à créer pour le transport d’une lourde statue une sorte de voie consistante en jetant toute l’eau nécessaire pour ce but devant le traîneau où était posée la statue. A l’extrémité droite de ce registre, nous voyons, debout de chaque côté d’une porte, un esclave du double qui offre de l’encens à Ti.
Le registre suivant nous fait assister à une scène analogue, avec quelques différences de détail que je dois signaler. La statue est assise sur le même siège, dans la même position; mais sa main droite, posée sur sa cuisse, lient un mouchoir. Le serviteur qui est derrière tient en ses deux mains un vase à libation. Tous les autres personnages sont les mêmes dans la même position; mais au lieu de six paires d’ouvriers, il y en a huit précédées d’un homme seul qui tient l’extrémité delà corde ; la statue étant sans doute plus lourde, il a fallu plus de travailleurs pour conduire au tom-
beau l’image « de l’ami unique, bon devant sou maître, chaque jour, Ti. »
Le dernier registre contient trois parties superposées les unes aux autres, à moins que la hauteur des statues n’y mette obstacle. Les deux supérieures sont occupées par des offrandes de toute sorte, fruits, légumes, pains, vases de toutes les formes, viandes, posés dans des barques de papyrus, sur des plats, reposant eux-mêmes sur des supports ou, quand il s’agit de vases, s’adaptant aux ouvertures creusées dans les supports. Les statues qu’on transporte cette fois sont en bois d’acacia. La première se présente de trois quarts sous une sorte de dais ouvert, avec deux vantaux de porte qui tournent sur leurs gonds. Le défunt porte la perruque noire des hommes, a la barbe postiche et un collier. 11 est vêtu du pagne ordinaire. Au lieu d’être assis, il est debout, fièrement campé sur ses jambes nerveuses, le bras droit pendant, armé de son casse-tête, le bras gauche replié et tenant un bâton arrondi en forme de pomme à son extrémité supérieure. Le piédestal de la statue est placé sur un traîneau devant lequel un homme verse également l’eau qui doit faciliter sa marche : six hommes y sont attelés deux à deux, précédés d’un septième qui porte l’extrémité de la corde sur son épaule. La seconde statue est transportée de la même manière par un nombre égal d’hommes, en avant desquels marche un esclave du double portant à la main gauche un vase à encens, et tenant en sa main droite un vase à libation renversé sur son épaule : cet esclave est en même temps un scribe de la maison blanche , c’est-à-dire du trésor pharaonique et se nomme Petahkhaf. La statue transportée est placée sous un léger édicule de bois arrondi et se courbant gracieusement dans sa partie supérieure. Llle n’a pas de collier et sa main droite tient un mouchoir, au lieu de casse-tête.
Le tableau suivant1 nous représente des scènes de sacritice, des apports d’offrandes et la préparation de ces offrandes par les sommeliers, les boulangers et les pâtissiers du temps. Je commence de même par le haut et je réserverai pour la fin les porteurs d’offrandes qui se trouvent à droite entre le premier et le dernier registre. D’abord nous voyons un serviteur