C’est le n° 9 des tableaux du Musée Guimet
ANNALES DU MUSÉE GUI MET
qui remplit des vases de bière et qui les a rangés symétriquement, pendant qu’à ses côtés, un de ses compagnons, assis à terre sur un coussin, en nettoie d’autres qu’il remplira. Puis une femme, habillée de blanc, avec le sein gauche sortant de sa robe qui n’est retenue que par une bande d’étoffe traversant sa poitrine en diagonale, verse quelque chose qu’elle vient d’apporter sur une masse de pâle qu’un homme accroupi tient entre ses mains : on mélange ainsi diverses substances destinées à donner un bon goût au pain ou au gâteau. La femme, s’il faut ajouter foi à l’inscription qui est au-dessus de son cou, est une esclave du double , ce qui montrerait bien qu’à cette époque au moins les femmes avaient accès au culte funéraire. Plus loin, deux hommes debout de chaque côté d’une corbeille posée sur un vase posé lui-même sur un billot, pétrissent avec ardeur. Plus loin encore, un homme et une femme sont accroupis devant une planche sur laquelle sont de petits ronds de pâte que l’homme frappe et bat de la main, pendant que la femme y ajoute une substance odorante. Une autre femme, assise sur ses talons, tient à la main un morceau de pâte et le considère, peut-être pour savoir ce qu’elle en fera1 : elle a dû y mélanger aussi quelque substance aromatique. Trois personnages, deux hommes et une femme, entourent un grand pétrin très élevé . les deux hommes tiennent chacun un bâton de la main gauche et l’extrémité de ce bâton est dans leur main droite, comme s’ils voulaient enlever ce qui se serait attaché à celle extrémité : ils doivent dire quelque plaisanterie, car la femme, qui a son bâton plongé dans le pétrin, tourne la tête vers celui des hommes qui est à sa gauche, par un mouvement aussi bien observé qu’exécuté. Près d’eux, un autre boulanger, assis sur un coussin, s’occupe d’enlever délicatement quelque chose qui est de trop dans la pâte posée devant lui sur une petite planche supportée par deux pieds. Puis deux femmes: l’une assise sur ses talons et pressant un rond de pâte d’où tombe un liquide dans un vase ; l’autre aussi assise sur les talons de ses pieds relevés et pétrissant de la pâte qui sort de son pétrin : le geste est bien observé, mais le dessin n’est pas très bon. Derrière elle, un homme pétrit dans un vase maintenu par des cales en bois.