C’est len° 11 des tableaux du Musée Guimet
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registre, nous voyons deux hommes amenés devant un chef ou un surveillant pour recevoir la bastonnade. Puis sous une sorte de boutique en plein air un cuisinier, ou un gargotier, sert à manger à un homme accroupi devant lui. Cet homme est sans doute un des moissonneurs que nous montre la suite du tableau, sciant l’orge et la dourah, ayant près d’eux les provisions nécessaires, l’un étant même occupé à se rafraîchir en buvant l’eau d’une gargoulette qu’il semble vider avec plaisir, pendant qu’au fond le surveillant, son bâton dans la main gauche, étend la main droite comme pour signifier à l’homme qui tient la gargoulette et qui lui tourne le dos que c’est assez boire. Au troisième registre, nous voyons d’abord un serviteur qui conduit deux cynocéphales. Celui de gauche suit docilement son conducteur; mais celui de droite a pris de ses deux mains la jambe droite d’un second homme qui se tenait près d’une grande couffe toute remplie de fruits et de légumes. Le malheureux ainsi empoigné s’efforce de se délivrer de la main droite, pendant que de la gauche il se retient à la corbeille. Puis nous voyons quatre souffleurs au chalumeau, deux de chaque côté d’un brasier sur lequel est posée une marmite ; ils ont un genou en terre, le chalumeau à la bouche et s’apprêtent aie mettre au feu. Un autre ouvrier se penche pour verser dans un récipient le liquide que contient un vase entre ses mains. Deux ouvriers ont un genou en terre devant une petite table très basse et je ne distingue pas ce qu’ils font, sinon qu’ils lèvent chacun le bras droit en l’air et touchent la table de la main gauche. Le quatrième registre nous fait assister à la confection d’un mobilier funéraire. Deux ouvriers, à gauche, achèvent de polir un lit à pattes de lion ; un troisième façonne une planche à l’herminette, deux autres courbent des morceaux de bois; un cinquième polit une planche au grès. En dessus d’eux sont les objets déjà fabriqués ou les ustensiles nécessaires à leur métier. Puis deux ouvriers, le premier accroupi, le second un genou en terre et l’autre relevé, tiennent un chalumeau qu’ils approchent de leur bouche, entourant un objet que je ne peux déterminer, mais qui me semble devoir être un creuset. Un scribe enregistre ensuite la pesée que fait un de ses collègues des métaux précieux. Au fond quatre nains difformes, deux assis sur des escabeaux, deux autres debout sur leurs jambes trop petites et déformées tiennent un collier terminé, ayant des têtes d’épervier pour agrafes.
Au cinquième registre, un homme est à moitié assis sur ses talons devant une barque en papyrus dans laquelle des colliers de verroterie sont disposés sur un lit d'herbages, tout comme les bijoutiers actuels disposent leurs marchandises sur des coussins de velours. Devant lui est une femme debout, vêtue d’une robe collante qui est attachée par une seule épaulière. Elle tient entre sa main et son épaule gauche une sorte de petit coffre et tend sa main droite vers le vendeur qui lève aussi la main gauche, comme s’ils étaient en discussion. La dame convoite évidemment quelques-uns des articles de la barque. Derrière ces deux premiers personnages, deux hommes debout, l’un ayant une besace passée autour du cou, tenant trois objets attachés à des fils à la main droite et un objet blanc à la gauche, l’autre étendant la main droite, comme s’il discutait aussi. Dans une autre partie de ce même registre, un homme est assis devant une couffe remplie de légumes et d’autres aliments ; devant lui est un personnage qui lui montre de la main gauche un collier de verroterie, pendant que la main droite en tient un second en réserve. Ce second personnage fait évidemment l’article au premier qui demande à voir, il l’assure de la bonté de la marchandise. Un troisième homme arrive de son côté apportant un éventail et un instrument à faire du vent ; lui aussi va présenter les deux objets à l’homme assis devant la couffe remplie de denrées. Dans le registre du haut, une femme présente deux vases de parfum à un homme assis sur ses talons devant un grand vase renfermant aussi des choses que doit convoiter la dame; elle lui dit : « C’est un doux parfum capable de te faire du bien. » Une autre femme lui tournant le dos et portant un coffret entre son épaule droite et sa main, marchande un poisson posé au-dessus d’une manne et qu’elle touche de la main gauche; le marchand qui est en train d’ouvrir un autre poisson pour le faire sécher au soleil, ne se dérange point et se contente de lui vanter la valeur de la marchandise. A droite, un homme est assis sur un talon, l’autre jambe levée devant une couffe remplie de petits vases à parfums; il en tient un à la main gauche et saisit de la main droite un collier de verroteries que lui tend un second personnage lui faisant face, avec une besace au cou et un objet qui ne peut être déterminé à la main droite, mais qui doit être sans doute une sandale d’après l’inscription. Tous les deux vantent leur marchandise : « Voici de fortes san-
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dales, » dit le second, et le premier reprend : « C’est doux à sentir. » Un troisième personnage derrière le second arrive en portant une sorte de petit coffret et disant quelque chose comme : « Je vais examiner, » et mettre fin aux contestations des deux premiers échangeurs. C’est évidemment là une scène de marché que nous représentent les deux registres, ainsi qu’on l’a déjà fait observer1.
Le tableau suivant nous fait assister à des scènes de chasse et de pêche 2. D’abord, au premier registre du bas, deux groupes d’hommes, les uns couchés sur le dos, les autres simplement assis, tirent chacun de'leur côté deux énormes filets, comme des tirasses, que l’on avait tendus ouverts, et, qui, grâce à un système de cordes se sont refermés sur les oiseaux surpris. Deux surveillants dont l’un debout étend les bras et déploie en même temps une bande d’étoffe, sans doute pour donner le signal, et l’autre derrière les filets a saisi au passage trois canards en chaque main, surveillent la scène. L’un d’eux crie à un ouvrier : « Tire à toi ce que tu as pris au filet. » Derrière ces pêcheurs d’un genre nouveau, deux hommes mettent les oiseaux pris au filet dans des cages grandes ou petites. Si les cages sont grandes^ on les charge sur la tête, si elles sont petites on les suspend au bout de crochets à l’extrémité d’une corde suspendue à un des bouts d’une balance ou d’une briche, que l’on porte ensuite sur le cou. Les ouvriers s’excitent en se disant entre eux : « Place ces (oiseaux) dans cette cage. » — « Enlève, ouvre les jambes, emporte les vivants. » Au second registre, nous assistons à la pêche à la nasse; mais la nasse, au lieu d’être faite en osier comme chez nous, était sans doute en papyrus. Deux parties sont superposées l’une à l’autre. Dans la partie inférieure, deux barques où sont trois hommes dans chacune. Dans la première, un rameur agenouillé à l’arrière, un homme qui tient le panier où l’on mettra le poisson, et un troisième à l’avant se baissant pour relever la très grande nasse que l’on voit ; les personnages sont disposés de la même manière dans la seconde barque, sauf que l’homme au panier et l'homme courbé ont échangé leur place. La nasse, ouverte à un bout, était comprimée légèrement près de l’ouverture, car on y attachait une grosse pierre qui l’emportait au fond,