Beni-Hasan, by Percï Newberry, II, p
Pl. lviii.
personne, lorsqu’on saura que ce tombeau a été le séjour d’anachorètes chrétiens, quoique je ne croie pas à une destruction violente, car on ne voit pas bien pourquoi cette destruction se serait seulement exercée sur la paroi d’entrée. On ne saurait donc assez déplorer la perte des peintures qui existaient sur ce mur. Je ne crois pas, pour ma part, après avoir examiné les tableaux correspondants des autres tombeaux, que le prince Baqti fut représenté deux fois sur la même partie du mur, surtout quand cette partie n’avait qu’une dimension restreinte. 11 est plus probable que la femme de Baqti était représentée avec lui. De même le sacrifice des bœufs n’eût pas été à sa place sur le côté nord du mur ouest, et, si cette partie du mur était décorée comme la tombe de Khéti, elle devait représenter des scènes d’inondation, de chasse aux oiseaux dans les marais ou de pêche, comme en représente en effet en la partie correspondante le côté nord du mur occidental de la tombe où reposa Khéti. Fort heureusement les autres parois vont compenser en partie, par l’importance de leur décoration, la perte de la paroi occidentale. Toute la décoration de la paroi nord est entièrement conservée. Cette décoration est divisée en deux parties par la manière dont sont disposés les registres : dans la partie supérieure les registres courent d’une extrémité du mur à l’autre et ils sont au nombre de deux; dans la partie inférieure, les quatre registres que la décoration comportait n’occupent qu’une partie de la paroi, et le reste est occupé par la représentation de Baqti, debout, vêtu du pagne empesé, le cou orné de colliers, les poignets de bracelets, tenant en sa main gauche le bâton de commandement, dansla main droitele casse-tête ; derrière luiest sa femme, la féale d’Anubis sur sa montagne, son amour, Hathor-nofré-hepout', tenant un bâton terminé eu bouton de lotus à la main gauche et une tleur de lotus épanouie à la main droite; elle est montée sur une sorte d’escabeau, porte des colliers au cou, des bracelets aux poignets et des périscélides aux chevilles. Le premier registre supérieur est surmonté, dans toute sa longueur, d’un filet énorme tendu pour prendre le gibier et qui vient aussi s’amorcer à l’extrémité droite du registre. Ce premier registre est entière-
1. Je m’écarte ici de l’interprétation donnée par l’auteur de Beni-Hasan (II, p. 4) de celte petite légende : il suppose que c’est la fille de Baqti, quand tout, au contraire, appelle la femme : le mot est effacé, on n'en voit que les linéaments.
ANNALES DU MUSÉE GU I M ET
ment consacré à la chasse des animaux sauvages dans le désert; quatre chasseurs espacés y tirent des flèches sur les animaux qui s'enfuient, des chiens les poursuivent, les flèches volent dans l’air et percent les pauvres bêtes : une bubale percée de flèches a été de plus arrêtée par un cinquième chasseur. Le nom des animaux est écrit au-dessus de chacun d’eux ; on y distingue des antilopes de plusieurs espèces, des chèvres dont l’une est saillie par un mâle, et une autre étranglée par une chienne, des panthères, des cerfs, des hyènes, des chacals, des loups, des mouflons à manchettes, des bubales, des lions, des autruches, des oryx, etc. Au milieu de ces animaux réels sont des animaux fantastiques: une espèce de chien à queue terminée par une touffe, un animal à tête d’épervier ayant deux ailes sur le dos, un troisième ayant un cou et une tête de serpent avec un corps de panthère. Un autre animal noir de couleur, à petite queue, ayant une corne sortant de son nez et assez longue, ressemblant en un mot assez au rhinocéros, se voit aussi parmi les animaux fantastiques de cette chasse.
Le second registre est consacré à diverses scènes industrielles. En commençant par la droite, nous voyons d’abord un groupe dont la signification me semble assez incertaine, mais qu’on peut croire avec assez de vraisemblance représenter un sculpteur se retirant pour juger de l’effet de son travail, après avoir mis quelque morceau de bois derrière la statue pour l’empêcher de tomber. Le second groupe se compose de trois personnages : un sculpteur achève de colorier les statues qu’il a devant lui, un homme et une femme, celle-ci passant son bras gauche autour du cou de l’homme et lui tenant le poignet de la main droite, position qui est très commune dans les monuments égyptiens, si l’on ne considère que l’effet général, mais qui est très rare si l’on veut regarder le geste particulier de la main droite. Puis viennent deux peintres, l’un assis sur un siège, l’autre debout, achevant de décorer un meuble dont je ne connais pas l’usage et qui n’a pas été retrouvé dans les fouilles, à ma connaissance. Derrière ces décorateurs est un groupe de sept personnages, six hommes et une femme : d’abord deux hommes qui semblent deux lutteurs, l’un accroupi par terre sur le pied droit et le pied gauche allongé, ayant passé son bras gauche entre les jambes de son adversaire et lui tenant la jambe droite prisonnière, pendant que de son bras droit il écarte la main gauche du second