‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 3 sur 80 · Description de l'Égypte · texte numérisé non relu

Description de l'Égypte

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

avait d’abord le bleu que l’on tirait d’un indigo cultivé en Égypte en grande quantité; puis il y avait un bleu marine, qu’on appelle aujourd’hui cœruleum , et enfin un bleu d’azur que fournissait un oxyde de cuivre. « De ces trois sortes de bleu, dit Prisse d’Avennes, le plus remarquable est le second dont la découverte est à elle seule une preuve du génie industrieux des anciens Égyptiens : c’est une espèce de cendre bleue bien supérieure à celles que l’on obtient maintenant : car celles-ci, on le sait, sont à la fois attaquables par le fen, les acides et les alcalis, et même deviennent vertes à l’air en peu de temps, tandis que le bleu égyptien résiste à l'action de tous les agents chimiques et a conservé encore son coloris dans tout son éclat après des milliers d’années1. » On a essayé à plusieurs reprises de le reconstituer etVitruve, l’architecte latin, semble y être parvenu2; plus près de nous l’Anglais Davy a cru en avoir retrouvé la composition, mais son bleu qui était plutôt rapproché du vert, fondait à une très basse température, tandis que le bleu employé par les Égyptiens ne fondait même pas à une température très élevée.

Le jaune était de deux espèces, d’abord l’ocre jaune clair, très abondante dans tous les pays où il y a des mines de fer; l’autre, beaucoup plus brillante, semble être de la nature de l’orpin, ou sulfure d’arsenic. On est parvenu à reconstituer celte couleur par la chimie; mais, comme elle se trouve à l’état de composition complète dans la terre, il est bien plus vraisemblable que les Égyptiens l’y ont prise toute formée. On peut croire aussi qu’elle se composait d’une sorte de fritte comme le jaune de Naples, car « il est facile de se rendre compte, en examinant les émaux jaunes qui se voient sur les amulettes égyptiennes, combien il était loisible à ceux qui composaient ces émaux de préparer le jaune clair et brillant qui est appliqué en quelques endroits des tombeaux, sur les manuscrits et sur les enveloppes de momie 3. »

Les verts employés par les Égyptiens sont plutôt olivâtres que réellement verts; ils étaient en partie composés d’un colorant tiré du cuivre, comme il est facile de s’en convaincre en les soumettant au chalumeau, ou

Page 1