‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 42 sur 80 · inscription fruste, dorarrie ceites qui précèdent · texte numérisé non relu

inscription fruste, dorarrie ceites qui précèdent

2. Hamt, Étude sur les peintures ethniques d’un tombeau thêbain, p. 17.

3. Je ne saurais être de l’avis de ceux qui veulent voir dans la scène que je décris ici la preuve que les Égyptiens auraient porté leur conquête au delà du 8e degré nord; j incline bien plutôt à croire que les tribus représentées dans le tombeau de Rekhmara, comme com-

P l. LXXII.

Jombcau de Hckhmara. Apport des tributs, III.

ou simplement maculés de rouge; deux de ces pagnes sont d’étoffe jaune et l’un d’eux est fait d’étoffe tachetée de petits points rouges sur fond blanc. Ces pagnes sont de diverses formes et par conséquent de diverses coupes : les uns descendent jusqu’aux genoux, le plus grand nombre couvrent seulement la virilité des hommes. Quelques-uns d’entre ces personnages sont coiffés du bonnet égyptien orné d’un ruban blanc ou jaune, dont le nœud se trouve derrière la tête, d’autres ont simplement le bonnet en poil de chameau, ainsi qu’on le nomme aujourd’hui. La coiffure est même faite d’étoffe bleue qui tranche d’une manière fort crue sur le corps du nègre. Ils portent aussi des colliers de verroterie au cou et des bracelets. Ces douze hommes apportent les divers objets du tribut, comme dans les deux scènes précédentes, et certains de ces objets ont été déposés déjà devant les scribes qui les enregistrent. Les deux premiers tiennent dans leurs mains chacun une corbeille remplie d’anneaux d’or; le premier tient en outre sur son bras gauche une peau de panthère, et le second la peau d’une autre bête féroce qui est peut-être aussi une peau de panthère, mais qui est peinte en blanc. Le suivant porte une corbeille pleine de sachets de poudre d’or et, suspendu à son bras gauche, un chasse-mouches en crin. Le quatrième tient une corbeille remplie de briques de métal précieux, sans doute de l’or, et de la main droite il conduit en laisse un singe verdel. Le cinquième porte sur son épaule une défense d’éléphant sur laquelle est perché un autre singe verdet, et, de la main droite, il tient un chassemouches peut-être composé de queues d’antilope. Les deux hommes qui viennent ensuite portent chacun une pièce de bois d’ébène et le premier conduit en laisse un léopard, pendant que le second tient de la main droite uue seconde pièce de bois d’ébène, et de sa main gauche passée pardessus la première bille de bois, il tient par la tête une peau d’animal à large queue. Le huitième porte une défense d’éléphant sur son épaule gauche et, dans le creux de son bras, une peau de panthère, pendant que de la main droite, par une corde ou une courroie passée à la naissance des reins, il tient en laisse un grand cynocéphale, le singe favori des Égyptiens de tous

posées de nègres ou d'hommes au teint cuivré, tels que les Barabras, ou au teint rouge, ont reculé peu à peu vers l’intérieur de l’Afrique à mesure que les Pharaons égyptiens rendaient leur domination plus solide.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

les âges. Le neuvième lient à la main gauche une corbeille remplie d’œufs d’autruche sur lesquels sont posées des plumes de cet oiseau, et, de la main droite, il mène en laisse un nouvel exemplaire de singe verdet. Les deux suivants, l’un à la tête, l’autre à l’arrière d’une girafe, conduisent l'animal au moyen d’une corde passée dans la patte gauche de devant, que tient celui qui est en avant, et d’une autre corde passée dans la patte de devant droite, laquelle est tenue par l’homme placée à l’arrière delà bêle : ils ont évidemment une certaine frayeur de cet animal au cou immense, le long duquel grimpe un singe qui paraît, au contraire, très familiarisé avec les girafes et ils ne veulent la laisser avancer qu’à bon escient. Enfin le douzième personnage qui porte une défense d’éléphant sur son épaule où est assis un singe qui, de ses 'deux pattes de devant, caresse la tête du porteur, chasse devant lui, à l’aide d’un court bâton qu’il lient dans sa main droite, un troupeau de buffles facilement reconnaissables à leurs cornes et une meute de lévriers nubiens. Ce défilé est rempli de mouvement et de vie; l’artiste qui le peignit dut, sans aucun doute, être le premier à admirer son œuvre.

La nation qui vient ensuite est celle des Rolennou qui habitaient dans la Syrie et qui ne devaient pas tarder à disparaître dans l’empire que formèrent les Khitti. L’inscription qui les concerne s’exprime ainsi : « Viennent en paix les princes des Rotennou et de tous les pays montagneux situés au nord de la frontière, à l’état de courbés jusqu’à poser la tête sur le sol; leurs apports étant sur leurs dos, ils défilent afin que leur soient donnés les souffles de vie, à eux qui désirent exister par l’émanation de Sa Majesté, car ils ont vu ses exploits grands et très grands, et sa crainte s’est emparée de leurs cœurs. C’est le prince héréditaire, l’aim é du Dieu, le grand du maître des deux pays, le préfet Rekhmara qui reçoit les apports qu’ils présentent, au nom de Sa Majesté1. » Le défilé, comme dans la scène précédente, se fait devant trois scribes dont le premier enregistre le tribut, pendant que le second tient de la main gauche une gargoulette pour boire, quand il aura soif, et de la droite quelque instrument effacé,

1. Le texte est encore ici lactlneilx et j‘ai dû le compléter un peu pour le rendre com* préhensible.

Pl. LXXIII.

Tombeau de Rckhmara. Apport des tributs, tV.

el que le troisième tient un rouleau de papyrus pour le cas où le scribe enregistreur aurait besoin d’une nouvelle matière à écrire. Les parties du tribut déjà apportées consistent en plomb, en fruits de cèdre, en vases de liquides, d’encens et d’autres aromates précieux, en lapis-lazuli, en lamelles et en billes légères de bois, en vases émaillés ou peut-être en verre, en corbeilles remplies d’anneaux d’or, et en vases ouvragés avec des fleurs d’or et de pierres précieuses. Puis viennent quinze personnages portant sur leurs épaules le tribut de leur nation. Ils sont habillés de longues robes blanches de coupe à peu près la même, mais presque foutes différentes les unes des autres par les ornements ou par les lignes de couleur qui les diversifient. Elles sonl attachées au cou par un ruban de couleur qui se noue par devant et dont les deux extrémités sont ornées de petits glands. Quelques-unes de ces robes sont vraiment d’un grand effet et l’on peut voir que déjà le goût humain s’affirmait. Elles prennent exactement la taille et semblent s’attacher au bas des jambes par un même ruban de couleur à gland; elles n’avaient que des manches étroites. La coiffure se modifie parfois, car, au milieu de bonnets qui prennent la forme de la tête, on distingue trois coiffures ceintes d’un ruban, à bords évasés, qui rappellent assez le chapeau macédonien. Le type de ces hommes est vraiment particulier, car on trouve parmi eux des spécimens d’un type qui s’est encore conservé dans les montagnes du Liban : « l’obliquité de leur front est remarquable, ainsi que l’élévation du sommet de la tête et la chute de la tête en arrière. Ils ont les cheveux blonds, une barbe blonde, quelquefois rousse, le teint est clair et animé par des yeux noisette qui sont aussi rares dans la nature que dans les représentations picturales. Ce type est à peu près le même que celui des Ansariés qui, de nos jours encore, habitent dans l’intérieur du Liban où presque aucune mutation n’a eu lieu dans les diverses populations1. »

Les deux premiers personnages, qui commencent le défilé, portent chacun un vase avec des fleurs aquatiques en or et bien travaillé ; le premier a, en outre, suspendu à son bras gauche, un poignard dans sa gaine, el le second tient à la main droite un vase d’or. Le troisième porte égale-

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