‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 5 sur 80 · IA XX M · texte numérisé non relu

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Portraits de Pharaons et de Reines.

fut rédigé pour cetle vente célébré : « La partie supérieure de cette palette est ornée d’une scène gravée en creux qui représente un homme debout (c’élai! un scribe ayant vécu sous le règne de Hamsès II), adressant ses hommages à Ptah et à Thoth placés l’un après l’autre devant lui. Au-dessous de cette scène, sont creusées en pente sept cavités en formes de cartouches royaux, de 10 lignes de longueur, et qui sont remplies de couleurs rangées dans l’ordre suivant, en commençant par le haut : blanc, jaune, vert, bleu, rouge, brun foncé et noir. Plus bas est une cavité, contenant sept styles, qui se fermait au moyen d’une planchette glissant dans une rainure et qui est placée au-dessus d’une légende d’hiéroglyphes finement gravés, appartenant tà une légende funéraire, dont deux autres parties bordent les deux côtés de la palette '. »

Les styles dont il est parlé dans celte description étaient employés par les artistes égyptiens pour étendre leurs couleurs par teintes plates, sans qu’ils aient pu parvenir à l’art de les fondre ensemble. Ces styles pouvaient être plus ou moins pointus, selon que l’ouvrage devait être plus ou moins délicat ; mais ils avaient tous le même diamètre. Ils étaient formés d’une sorte de roseau très fibreux, vraisemblablement le même que le calame dont se servaient les scribes. Si l’on trempe l’extrémité de ce calame dans l’eau, en ayant eu soin de le couper, on obtient, par la division des fibres, une sorte de petit pinceau très apte «à étendre les couleurs, à donner les pleins et les déliés qui sont nécessaires dans la peinture. Prisse d’Avennes est le premier qui se soit aperçu de cette particularité avec une grande ingéniosité; mais il reconnaît lui-même que, si l’on tient compte de l’état de sécheresse où ils étaient, ils devaient néanmoins être inférieurs aux pinceaux modernes, ce qui ne doit point étonner. Ils avaient en outre de gros pinceaux très forts, sans doute faits avec tous les bois dont on confectionne de nos jours les brosses à dents, ou avec des branches d’arak (la Salvadora persica), « arbrisseau dont les liges sar-

1. Passalacqua, Catalogue raisonné et historique des antiquités découvertes en Égypte, p. 28. On sait que celte célèbre collection, recueillie pendant de nombreuses années de séjour en Égypte, fut exposée à Paris et finalement acquise par le gouvernement prussien pour le Musée de Berlin. C’est la première fois que je cite ce livre, mais ce ne sera pas la dernière, car il renferme quantité de détails qui me seront utiles au cours de cet ouvrage.

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ANNALES DU MUSÉE GUIMET

menteuses et odorantes servent également quelquefois au même usage; dans ce cas, c’étaient sans doute les rameaux ligneux de la seconde année qu’ils employaient en tailladant les troncs mêmes de l’arbuste, et en divisant ses fibres qui deviennent assez souples sous le marteau1. »

Les artistes égyptiens ainsi outillés se mettaient à l’œuvre dans les salles à décorer, où la lumière ne pénétrait presque jamais en quantité suffisante pour leur permettre de travailler, armés d’une petite lampe qu’ils suspendaient, non au plafond, dans un endroit qui ne les gênât pas pour travailler, comme on l’a dit ; mais près de l’endroit où ils travaillaient, de manière à éclairer aussi bien que possible le champ de leur travail. Quand on songe que nul art au monde ne demande plus de lumière que la peinture et aux misérables conditions dans lesquelles se sont trouvés les peintres égyptiens, on ne sait trop ce qu’admirer le plus, de l’habileté de l’artiste qui se soumettait à un travail opéré dans ces conditions, de sa virtuosité, ou de la patiente abnégation dont il a fait preuve. Jamais peintres au monde ne travaillèrent ainsi dans les profondeurs de la terre, ou même dans certains endroits où le faux jour, provenant de la disposition momentanée des rayons du soleil, était encore plus dangereux pour la perfection du travail.

Cependant la peinture égyptienne est sujette à de graves accusations, et, il faut le dire, ces accusations sont méritées; elle a abusé des couleurs conventionnelles. Quand, par exemple, elle enduit de couleur rouge, ou jaune, ou verte, les corps des hommes et des femmes ; quand elle prétend distinguer chaque race des hommes qu’elle traite, par des couleurs qui, sauf la noire, ne correspondent point à la couleur réelle de la peau humaine suivant les races, on est bien obligé de convenir qu’ils ont abusé de la convention et qu’ils n’ont point assez suivi la nature, quoique pour le reste ils aient été de grands réalistes. La chose est encore plus choquante dans les tableaux qui représentent de nombreux personnages mélangés dans le dessin à des animaux; pendant que ces derniers sont peints avec une fidélité de couleur qui est admirable, les hommes d’une même tribu ont des couleurs extraordinaires : ainsi, dans le célèbre tableau de Beni-

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