‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 55 sur 80 · Voir la note plus haut · texte numérisé non relu

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2. Le texte présente ici quelque chose qui me parait impossible. J'v ai lu le mot <=î^r> qui signifie en effet règle.

3. Voir le texte dans les Mémoires de la Mission française permanente au Caire, toc. oit. p. 11 et 12. La traduction qui l’accompagne donnera une idée de ce que l’on peut faire eu ce genre. Elle est assez réussie.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

toutes les lombes achevées et connues et aussi la présence du roi, de sa femme et ses filles dans des tombes où elles n’auraient point dû apparaître, si l’on eut suivi les coutumes ordinaires. Ainsi, si le défunt avait été chef de police, la décoration roulait surtout sur les œuvres de la police ; s’il avait été prêtre, elle était presque entièrement composée de scènes sacerdotales; s’il avait été chef des chars de guerre, on décorait sa tombe de scènes le représentant en exercice parmi les chars, les chevaux et les guerriers qui dépendaient de lui; s’il avait reçu quelque récompense honorifique, s’il avait été admis dans la famille du souverain, on représentait la scène de la collation des insignes qui le récompensaient, ou le mariage qui l’avait fait entrer dans la famille du Pharaon. Et ainsi du reste. Et comme partout la nouvelle forme de religion enserrait les fidèles, on trouve partout des scènes religieuses. On pourrait ici se demander si la représentation du roi, de sa femme et de ses filles dans les tombes des sujets, quelque élevés qu’ils aient été, ne fut pas due à une faveur spéciale que le Pharaon Aménophis IV fit à ses sujets. En effet si l’on veut considérer le petit nombre des heureux mortels qui ont fait représenter dans leurs tombes les traits des souverains qu’ils avaient servis et qui leur auraient ainsi fourni le thème décoratif, on verra facilement que, bien que les offices fussent les mêmes, toujours pratiqués pour le souverain et en bien des cas devant le souverain, la représentation des souverains ne correspond aucunement au nombre des tombes, que presque jamais la femme du souverain n’est représentée avec son mari, et jamais les filles que la reine avait données à son époux. Dans les tombeaux d’El-Amarna, au contraire, le Pharaon est toujours représenté en compagnie de sa femme et de ses filles. Il y a donc dans ces deux cas si contraires une cause latente qui sollicite l’attention de l’historien. Si certains officiers des Pharaons précédents et suivants ont tenu à si grand honneur de représenter dans leur tombe la personne sacrosainte du souverain, les autres officiers de ces mêmes Pharaons devaient être semblablement honorés de la présence du portrait de Sa Majesté sur les parois de la tombe ; s’ils n’ont pas fait représenter le roi, c’est qu’ils ne le pouvaient pas, qu’ils n’avaient pas obtenu la permission de cette décoration spéciale en obtenant du Pharaon la concession du tombeau, c’est qu’il y avait plusieurs degrés dans cette concession.

el que le Pharaon, ou sa chancellerie, réglait lui-inême les divers détails de la décoration de la tombe concédée, comme nous verrons plus loin qu’il réglait aussi certains détails du culte funéraire. Si les tombes d’El-Amarna nous ont, au contraire, conservé toutes la représentation du Pharaon, de la reine sa femme et de ses filles, c’est que ce roi avait concédé ce grand honneur à tous ceux auxquels il avait concédé une tombe, obligé qu’il était de tlatter ses grands officiers par des faveurs extraordinaires, afin de les retenir dans son parti, de les récompenser de s’y être maintenus ou de s’y être ralliés.

Ces réflexions feront en oulre toucher du doigt à tout esprit réfléchi si a phrase que j’ai déjà citée est juste ou fausse : « Le double, le bai, le lumineux, peu importe, enfermé dans sa syringe, se voyait, sur la muraille, allant à la chasse, et il allait à la chasse, mangeant el buvant avec sa femme, et il mangeait et buvait avec sa femme, traversant sain el sauf, avec la barque des dieux, les horribles régions de l’enfer, et il traversait sain et sauf les horribles régions de l’enfer. Le labourage, la moisson, la grangée des parois étaient pour lui labourage, moisson et grangée réels1.» Pour être logique, l’auteur de ces paroles aurait dû ajouter : il se voyait se mariant avec telle femme déterminée, et il se mariait avec cette même femme ; il se voyait conduit à la dernière demeure et il était conduit à la dernière demeure; il se voyait momifié et il était momifié. 11 se serait heurté ainsi à des impossibilités qui lui auraient montré aux yeux que ses paroles étaient excessives, qu’elles pouvaient assez bien s’appliquer à certaines scènes, mais qu’elles ne pouvaient aucunement comprendre tous tous les cas sans s’exposer à devenir fausses. Il pouvait parfaitement se faire, en effet, que l’épouse survécût à son époux, et alors si l’époux se voyait représenté se mariant avec son épouse, pouvait-il, dans l’autre vie, se marier avec celte même épouse qui jouissait encore de la première? S’il se voyait momifié, était-il donc momifié? Y avait-il dans la momification un plaisir, une jouissance qu’il voulût faire revivre pour le goûter à nouveau? D’ailleurs le double , car il ne peut s’agir que du double , et l ame ou le lumineux avait d’autres choses à faire, le double ne

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