‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 56 sur 80 · I . Maspero, Etudes égyptiennes, I, p · texte numérisé non relu

I . Maspero, Etudes égyptiennes, I, p

ANNALES 1)U MUSÉE GUI MET

pouvait pas se voir dans cette dernière action, puisque, lui aussi, il était mort, qu’il était momifié et qu’il ne devait revenir à la vie que grâce aux cérémonies de l 'ap-ro, de Y Ouverture de la bouche , ainsi que je le démontrerai dans la troisième partie de cet ouvrage. 11 y a là un défaut de vue générale que l’on doit plutôt faire retomber sur le temps auquel ces paroles ont été écrites, que sur l’auteur qui les a employées : on n’avait pas encore examiné l’ensemble de la décoration des tombes, on n’avait pas appliqué à cette œuvre particulière la grande idée du progrès, on ne l’avait pas suivi, ce progrès, pas à pas durant toute la durée de l’empire égyptien, et voilà pourquoi l’on s’est contenté de phrases qui sonnent bien, a la vérité, mais qui ne sonnent si bien que parce qu’elles sont creuses. Tl n’importe pas peu, comme le dit M. Maspero, que l’on emploie les mots de double , d'âme ou de lumineux ; au contraire, l’emploi de ces trois mots est très important parce que chacun d’eux correspond à un état bien spécial de l’évolution des idées en Égypte, emporte une certaine somme d’idées que l’on ne doit pas confondre l’une avec l’autre. En outre, ce n’était pas parce qu’ils étaient représentés sur les parois de la tombe que le labour, l’ensemencement, la moisson et la mise au grenier étaient réels, mais au contraire parce que c’étaient des choses réelles que le défunt avait surveillées pendant sa vie, qu’il surveillait encore après sa mort grâce à cette faculté de sortir ■pendant le jour qui lui avait été attribuée, à son double et à son âme, que ces travaux et tous les autres que j’ai successivement examinés ici étaient représentés. 11 y a là une énorme différence que chacun saisira. Ce n’était pas la représentation de travaux agricoles, industriels qu’on offrait au double l, c’était des travaux réels qu’on repré-

1. C’est ce que croit M. Maspero, on du moins ce qu’il croyait quand il dit : « De même que les figurines funéraires déposées dans sa tombe exécutaient pour lui tous les travaux des champs sous l’inlluence d’un chapitre magique et s’en allaient, comme dans la ballade de Goethe, le pilon de l’apprenti magicien, puiser de l’eau ou transporter des grains, les ouvriers de toute sorte, peints dans les registres, fabriquaient des souliers et cuisinaient pour le défunt, le menaient à la chasse, à la chasse dans le désert ou à la pèche dans les fourrés de papyrus. » — Ibid., p. 194. — C’est le contraire qui est vrai, ou il aurait fallu dire que les doubles des serviteurs menaient le double du défunt, dans les doubles du désert ou des fourrés, pour y tuer ou prendre des doubles d’oiseaux ou d'animaux sauvages, absolument comme les ombres de cochers brossaient avec des ombres de brosse les ombres des carrosses, dans les oeuvres de Scarron.

sentait, que le double pouvait voir lui-même parce qu’il vivait d’après les idées qui avaient cours en Égypte et qui ont encore cours parmi nous à notre époque, bien qu’elles se soient un peu spiritualisées. Jamais ce fait n’avait été si bien mis en lumière que par les tombeaux de la nécropole d’El-Amarna.

Le premier tombeau qui se présente à nous, ou du moins celui que je décrirai en premier lieu sans en pouvoir donner malheureusement la représentation qui n’a pas été publiée, est celui de Màhou, le chef de police. Si la théorie exposée plus haut est conforme aux faits nous allons pouvoir la vérifier. L’entrée du tombeau de Màhou entre les deux parois lisses de la montagne contient à droite l’hymne à Aten, à gauche une scène d’adoration au Disque, où Khouenalen, la reine et une de leurs filles Meritaten apparaissent avec des ornements appropriés. A droite, en entrant, le mur est divisé en quatre registres qui sont ainsi décrits dans les Mémoires de la Mission du Caire. « Registre supérieur : Un personnage appuyé sur un bâton se tient derrière un homme qui présente deux vases à un second qui les reçoit en s’inclinant. Derrière celui-ci un autre personnage écoute un serviteur qui lui désigne des monceaux d’offrandes disposées sur deux rangs1. » Les légendes qui accompagnaient ces représentations ont malheureusement disparu. « Deuxième registre : Le centre de ce registre représente une maison crénelée dans laquelle un soldat por» tant le bouclier et l’arc monte la garde. Cette maison semble être un magasin; c’est du moins ce qu’on peut présumer d’après les petites scènes gravées 2 auprès et qui représentent diverses gens amenant des baudets chargés de vases et divers autres objets. 11 faut remarquer qu’en un endroit où une femme amène un âne avec sa charge de vases, elle est reçue par une autre femme assise près de la maison 3. » D’après cette description

t. Mémoires de la Mission du Caire, I, p. 17. — Comme je ne veux aucunement prendre la responsabilité de cette description qui évidemment est fort mauvaise, je préfère citer tout ce qu’il est possible de citer en demandant pardon à mes lecteurs de leur donner ce morceau qui ne se recommande ni par le style, ni par les idées émises.

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