‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 62 sur 80 · Mémoires de la Mission du Caire, I, p · texte numérisé non relu

Mémoires de la Mission du Caire, I, p

ti08 ANNALES DU MUSÉE GUIMET

La nécropole d’El-Amarna, ainsi que je l'ai déjà dit, se divise naturellement en deux parties selon sa situation, la partie nord et la partie sud. Outre les lombes dont je viens de parler, une dizaine d’autres ont été l’objet de travaux particuliers, les uns déjà publiés dans le grand ouvrage de Lepsius, les autres toujours inédits et dus au crayon si habile du Français Nestor L’hôte’. Par un assez curieux hasard, les parties qu’a publiées Lepsius dans ses Denkmæler n’ont été que très peu étudiées par Nestor L’hôte, et réciproquement ce que celui-ci a dessiné avec amour ne se retrouve pas dans l’ouvrage de la Commission prussienne , si bien que l’on croirait que les travailleurs de l’expédition allemande s’étaient donné le mot avec le dessinateur français. Grâce à cette heureuse circonstance, nous pourrons décrire, presque entièrement, les tombeaux de la nécropole nord comme ceux de la nécropole sud. Ces tombeaux ne sont pas d’ailleurs nombreux, il y en a sept au nord et trois au sud, non compris le tombeau du Pharaon Khouenoten qui n’est malheureusement pas publié et qui est jalousement gardé contre les invasions des touristes, mais aussi contre les études des savants. Tous ces tombeaux appartenaient à des individus dontles noms nous ont été conservés, sauf un seul, et encore n’est-il pas certain que le nom du propriétaire ne se rencontre pas quelque part dans le tombeau ; mais il n’est pas connu d’après ce qui en a été publié. Ils sont différenciés par un numéro d’ordre que je leur conserverai : le numéro 1 représente le tombeau de Nehsi; le numéro 2 celui de Pentou; le numéro 3 celui de Merirâ, le numéro 4 celui d’Ahmès; le numéro 5 celui de Kheschi ; le numéro 6 est le tombeau anonyme dont il vient d’être question et que Nestor L’hôte n’a pas connu ; le numéro 7 celui de Houia, que Nestor L’hôte a catalogué numéro 6. La nécropole sud comprend au numéro 1 le tombeau d’Aï, au numéro 2 celui de Toutou, au numéro 3 celui d’un second Aï qui n’avait ni les mêmes titres et par conséquent ni les mêmes fonctions que le premier.

Le premier tombeau est celui de Nehsi qui était, « prophète de seconde classe du maître de la Double Terre et serviteur en premier d’Aten dans le

1. Ces dessins se trouvent dans le tome XI des papiers de Nestor L’hôte conservés à la Bibliothèque nationale .

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Tombeaux d’El-Amarna, premier tombeau du nord.

lemple d’Aten, dans Khoutaten. » Ce sonl des titres essentiellement religieux; aussi nous allons voir que la décoration est éminemment religieuse. Dès la porte d’entrée, on peut s’en faire une idée; car cette porte, au-dessus et de chaque côté de la baie, est décorée à l’extérieur. Les décorations étaient déjà malheureusement effacées presque tout entières dès le temps de Nestor L’hôte, c’est-à-dire de 1830 à 1840; mais il en restait assez pour que le dessinateur fidèle ait pu en donner quelque idée. Au-dessus de la porte est une double scène d’adoration au Disque par le roi, accompagné de sa femme et d’au moins trois de ses filles, de chaque côté. En haut de la scène, le disque rayonne au-dessus d’une table chargée d’offrandes. A gauche, le roi présente une cassolette fumante d’encens à son dieu ; la reine lève les mains en signe d’adoration, pendant que les filles agitent le sistre de la réjouissance. A droite ce que fait le roi a disparu, la reine fait le même geste, et nul doute que leurs filles n’agitent aussi le sistre en l’honneur du dieu. A chaque coin du tableau, on voyait la silhouette d’officiers qui prenaient part à la cérémonie, ou qui avaient accompagné le Pharaon. Les deux montants extérieurs étaient divisés en trois registres chacun; mais il n’en reste que les deux premiers de gauche et une toute petite partie du premier à droite : cependant ce qui reste suffit pour montrer qu’ils se correspondaient deux à deux. A gauche, le roi ayant la couronne rouge en tête, une longue robe talaire et des sandales aux pieds offre au disque rayonnant deux vases surmontés d’un pain : la reine de son côté offre un vase de vin surmonté du même pain. Elle a une de ses tilles derrière elle. A droite, on n’aperçoit que la couronne blanche qui coiffait le roi ; mais les cartouches montrent qu’il était accompagné de la reine et d’une de ses filles. Le second registre de gauche nous montre le roi, coiffé de 1a. mitre, ayant un petit autel devant lui et présentant des Heurs de lotus au disque rayonnant : la reine s’aperçoit derrière son mari, mais on ne peut dire au juste quel geste elle faisait; à gauche on ne peut voir que les lignes du corps royal, et tout le reste a disparu. A l’ intérieur , de la porte existait un encadrement qui représentait à peu près la même décoration. Dans la partie supérieure, on voit au milieu dix cartouches, ceux du dieu, du roi et de la reine, et de chaque côté Nehsi, un genou en terre, étendant les mains en signe d’hommage et de vénération. Sur chaque

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montant sont gravés quatre proscynèmes, les trois premiers au Double royal et le quatrième à l’épouse du Pharaon1 2. La décoration de cette porte est en trop mauvais état pour qu’il soit possible de la reproduire ici et INeslor L’hôte n’avait fait qu’en crayonner un croquis.

Outre les tableaux que je viens de décrire et que Nestor L’hôte dit se trouver dans l’encadrement extérieur, et aussi dans l’encadrement intérieur de la porte d’entrée, il y a deux autres tableaux gravés, sur « les montants intérieurs de la porte d’entrée »-. Ils se correspondent l’un à l’autre. A gauche, à la partie supérieure, le roi la mitre en tête, n’ayant pour tout vêtement que le pagne gaufré et plissé, et des sandales aux pieds, présente au disque de son bras droit étendu un casse-tête qui atteint presque l’extrémité du disque rayonnant; devant lui est une table chargée d’offrandes; derrière lui, la reine, vêtue d’une grande robe talaire transparente et chaussée de sandales, fait la même offrande, et trois de leurs filles en font autant. En dessous de cette scène, on distinguait autrefois un registre occupé par des personnages qui ont disparu, séparés les uns des autres par une ligne verticale. Ceux de droite sont tournés vers la gauche, ils portent des insignes du culte qu’on ne peut trop bien distinguer; ceux de gauche sont tournés vers la droite, sauf le premier qui se courbe devant les autres courbés aussi, mais beaucoup moins. Sous ce second registre, est un exemplaire réduit de l’hymne au Disque avec Nehsi un genou en terre et les mains en signe d’adoration, à l’extrémité droite. A droite la scène, quoique différente, est encore une scène de culte. Le roi debout, vêtu d’une robe transparente, chaussé de sandales, coiffé d’un diadème très compliqué, offre dans un brûle-parfums l’encens au Disque rayonnant par dessus et dont les rayons terminés, comme toujours par des mains, vont atteindre une sorte de console surchargée de pains et de vases d’eau qui sont retenus par une planche dans laquelle ils entrent : celte crédence est faite avec un certain art et porte sur l’un de ses côtés cinq cartouches, les trois premiers séparés des deux derniers par une ligne verticale qui devait sans doute contenir des hiéroglyphes : les trois pre-

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