‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 64 sur 80 · ARNA, PAROI DE DROITE · texte numérisé non relu

ARNA, PAROI DE DROITE

-’hôte, papiers, XI, pl. 8.)

inférieure. Derrière ce dernier personnage, sur deux plans, trois en haut et deux en bas, se voient cinq personnages, qui appartenaient aussi au sacerdoce nouveau et qui apportent les offrandes nécessaires au culte. Dans un registre inférieurà moitié etfacé, se voit lafoule desofticiers de secondordre, porte-éventails, porte-plumes d’autruche, sais et autres, pendant qu’à l’extrémité droite on voit deux chars à deux chevaux dans lesquels sont venus les personnages principaux de cette scène : les cochers sont descendus et regardent vers le dieu, mais ils ont soin de ne pas abandonner les rênes qui retiennent leur attelage.

La paroi qui suivait à droite devait être consacrée à des scènes militaires : elle est complètement détruite et à peine si Nestor L’hôte a pu distinguer quelques soldats, avec ou sans bouclier , armés du sabre recourbé. Du mur qui faisait face au mur d’entrée il ne reste que quelques traits qui ont cependant permis de reconnaître dans la partie gauche une nouvelle scène religieuse dans laquellele roi présente au Disque un plateau chargé de mets, devant une table sur laquelle tombent quelques-uns des rayons du disque. La reine est présente derrière son époux. Au-dessous des deux personnages royaux on voit trois personnages courbés à l’invraisemblable. Tout ce mur avait été martelé, puis recouvert de stuc sur lequel les chrétiens avaient peint des figures de saints également effacées. Du mur de gauche faisant face au mur de droite, il ne reste plus rien, ou du moins Nestor L’hôte n’a rien dessiné qui s’y rapporte. La paroi gauche du mur d’entrée est au contraire entièrement conservée et elle représente la collation faite par Pharaon d’insignes honorifiques à son serviteur Nehsi. 11 n’y a qu’une seule scène disposée en trois registres dont le premier, celui du haut, occupe environ les deux tiers de la hauteur totale de la paroi.

A peu près au milieu de la paroi, le roi dont la figure est martelée, avec sa femme et l’une de ses filles dont tout vestige à peu près a disparu, jette des objets d’or que trois hommes courbés reçoivent dans leurs mains tendues. Derrière ces trois hommes est debout, vêtu d’une robe à triple étage qui lui laisse nu tout le haut du corps, le bénéficiaire des largesses pharaoniques, Nehsi sans doute, en personne. Derrière lui trois autres hommes, invraisemblablement courbés, apportent divers objets dont on ne

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peut guère distinguer que les anneaux d’or portés par les premiers. Audessus d’eux sont quatre petites tables chargées de colliers, d'anneaux d’or et d'autres objets ayant rapporta la cérémonie. Par dessus les tables, sont rangés deux fi deux six personnages qui semblent porter au Pharaon les objets qu’il va donner à celui qui est l’objet de la distinction conférée. Encore au-dessus d’eux sont quatre porte-éventails et six personnages qui n’ont rien à la main et qui se contentent sans doute de regarder ce qui se passe. Derrière le roi, la mère et la fdle aînée sont trois autres filles, dont une assez petite, accompagnées par deux suivantes. Au-dessus d’elles sont huit porte-plumes d’autruche rangés deux par deux. Le roi, la reine elleur fille sont dans une sorte de loge, au-dessus de laquelle rayonne le disque divin : les trois personnages sont appuyés sur le devant de la loge queje ne saurais mieux comparer qu’aux avant-scènes de nos théâtres contemporains. Elle est surmontée d’une sorte de corniche à gorge, couronnée elle-même par des uræus coiffées du disque avec les deux grandes plumes d’Amon. Comme il fallait que les rayons pussent arriver jusqu’aux acteurs royaux de cette scène, la corniche est coupée au milieu. Cette loge se trouvait au fond d’un bâtiment ou d’une salle dont deux murs seulement sont figurés sur un plan plus bas que celui de la loge à cause des nécessités du dessin qui ne connaissait encore qu’un rudiment de perspective : ces murs ont aussi des corniches et sont surmontés d’une ligne d 'uræus exactement comme la partie supérieure de la loge. En avant de celte salle était une haute colonnade, indiquée par deux colonnes : il devrait y en avoir trois, mais comme le plan de la troisième se confondrait avec le mur de gauche de la salle, on ne l’a pas représentée. Ces colonnes sont en bois, très hautes, à chapiteaux à fleur de lotus entourée de banderolles qui tlottent au vent. Elles sont surmontées d’un abaque, puis d’une architrave et enfin d’une corniche. C’est par ce portique sommairement représenté qu’entrent les acteurs secondaires de la scène pour paraître en présence du roi et de la reine. C’est ainsi, du moins, queje comprends cette disposition que nous retrouverons partout où nous rencontrerons des maisons représentées. Dans les registres inférieurs sont rangés les bas officiers autour d’offrandes, courbant le dos, les mains sur leurs genoux, pour aider à leur posture; puis en dessous sont des gens qui ac-

i'i I, XXXVI.

lombeaux d'El-Amarna. Troisitime tombeau du Nord. Secoude chambre, paroi de gauche (d'après Lkpsios, III Ablh., pl. 92 et 93).

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clament le bénéficiaire, qui lèvent les bras en l’air, qui se prosternent jusqu’à terre, des porteurs d’éventails, de plumes ou de bouquets, des femmes qui regardent ce qui se passe, tout un groupe d’hommes qui se haussent les uns par dessus les autres pour arriver à voir quelque chose. Vers l’extrémité gauche peut-être y avait-il une porte, mais la chose n’est pas certaine.

Outre cette salle, il y avait dans ce même tombeau une niche dans laquelle une porte donnait entrée. La niche et sa porte étaient décorées ; mais il n’en reste plus que les parties de droite. La porte dans son montant de droite contient une très belle sculpture représentant un personnage levant les mains en signe d’adoration, ayant devant lui sa femme ou sa sœur, fait le même geste. Je crois en effet que c’est le (ils du défunt faisant un acte du culte funéraire. 11 a la tête nue, et tout le haut du corps n’a pour vêtement qu’un triple collier autour du cou: il porte aux pieds des sandales, pendant que la femme aies pieds nus. Sur la paroi droite de la niche, nous assistons aussi à un acte du culte funéraire que rend à Nehsi et à sa femme un de leurs enfants, sans doute le fils aîné qui présente un bouquet. Le défunt est assis sur un siège, devant une table d’offrandes chargée de mets. 11 a derrière lui sa femme nommée Abnem. Un peu au-dessous de Nehsi, assis sur un siège qui ressemble beaucoup au sien, est un homme, quelque fils qui l’aura précédé dans la tombe ; près de la femme, et aussi un peu en dessous, sont deux femmes debout, sans doute deux filles dont la vie aura été finie avant celle de leurs parents. Nehsi a pour coiffure la petite perruque des Égyptiens ; sa femme porte la grande perruque de cérémonie, surmontée d’une fleur et d’un bouton de lotus. Elle porte par-dessus le tout le vase à onguent d’où s’échappaient les huiles parfumées, qui découlaient sur la tête, comme l’onguent qui arrosait la barbe d’Aaron '.

Le second tombeau est celui d’un certain Pentou. 11 n’a pas résisté aux ravages du temps et il était déjà en grande partie détruit, au temps où Nestor L’hôte se trouvait à El-Amarna. Cet artiste n’en a pris, non plus que l’expédition prussienne, aucun dessin et voici ce qu’il se contente de dire

1 Psavwe CXXXI, v. 2.

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de ce tombeau : « Il n’a pas été achevé et ce qui en existe, c’est-à-dire l’encadrement extérieur, les deux montants intérieurs de la porte et la paroi de gauche du couloir est presque entièrement détruit. Voici ce qu’on y reconnaît : l’encadrement extérieur de la porte présente, comme celui du tombeau suivant, les cartouches déjà recueillis aux autres : de chaque côté un personnage debout en adoration. Les montants offrent quatre colonnes d’hiéroglyphes avec les cartouches tous mutilés. Les montants intérieurs représentent un personnage debout, à tête rase et en adoration : dix colonnes d’hiéroglyphes l’accompagnent. La paroi de gauche présente le roi, la reine et ses filles, debout et faisant une offrande au soleil dont les rayons se terminent par des mains. Derrière la famille royale marchent sur deux rangs les porteurs de plumes et d’éventails , flabellifères, puis les gardes du corps inclinés et tenant leur arme abaissée ; enfin les chars et la suite du roi. Une autre scène d’adoration se continuait (sic) ; mais elle est détruite. Au-dessus de cette scène on en voit une autre analogue ; mais, au lieu de cortège de chars et de soldats, on voit des barques réunies et dont les mâts sont terminés par des enseignes *. Les très petites portions qui ne sont pas gâtées m’ont offert un travail d’un fini et d’une perfection rares 1 2. La sculpture est, comme aux autres hypogées, partie dans la pierre, partie dans le stuc; la nature des roches n’était pas très bonne, on nivelait au moyen du stuc les parois dans leur entier et le sculpteur travaillait l’une et l’autre 3. »

Le troisième hypogée est celui de Rameri qui était grand prêtre, ourmaou , du nouveau culte : c’est dire que nous devons nous attendre à trouver une décoration avant tout religieuse. C’est en effet ce que nous allons rencontrer. Ce tombeau se divise en trois chambres, dont la première est ordinairement appelée vestibule, la seconde salle principale et la troisième seconde salle; comme cette dernière n’a été que dégrossie, elle ne comporte aucune décoration. Le vestibule et la salle principale étaient décorés ; mais il ne reste presque plus rien du premier. « La porte d’entrée était

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