‹ Histoire de la sépulture et des funérailles dans l'ancienne EgypteChapitre 73 sur 80 · I \RNA, PAROI DE DROITE · texte numérisé non relu

I \RNA, PAROI DE DROITE

>r ’hôtc, papiers, XI, pl. 4.)

montrent les employés du temple d’Aten, hommes et femmes, acclamant l’officier Ilouia représenté chargé de colliers d’or, ayant derrière lui des porte-enseigne qui se mêlent à la joie publique. Je ne peux en dire davantage sur ce registre qui est mutilé dans sa plus grande partie. Du registre inférieur il ne reste plus, à l’extrémité gauche, que quelques (leurs et plantes d’un fourré d’où s’enfuient des oiseaux, avec la tête d'un homme au milieu du fourré.

Le mur opposé nous a conservé une autre scène dans son entier : elle rappelle la scène de tributs que nous avons vue dans le tombeau précédent, parce que le maître de ce tombeau avait eu les mêmes charges ou des charges analogues pendant sa vie. Le Pharaon, assis sur sa sedia gestutoria que portent sur leurs épaules trois groupes de quatre hommes en avant et en arrière, la couronne rouge en tête, s’avance vers un petit édifice à galerie soutenue par quatre colonnes. Cette sedia est la même que celles que nous avons vues représentées au tombeau précédent; mais cette fois-ci elle est occupée, lorsque les autres étaient vides. Devant et derrière lui des (labellifères portent leur plume et des porte-ombrelle élèvent leurs hauts insignes afin de garder la figure du roi des rayons du soleil. En avant de la chaise, un prêtre qui se retourne fait fumer l’encens tout en marchant. Le cortège se compose de chars de soldats armés de haches, de lances, de bâtons, d’arcs et de frondes, avec des porteurs entremêlés qui s’étendent sur les trois registres inférieurs dont le plus bas est complètement détruit. Tout ce cortège sort du palais royal qui est représenté au sommet gauche de la paroi. Des baladins dansent en avant de la porte d'entrée. Cette porte est précédée de rafraîchissements en de grands zirs placés sur des guéridons : elle donne entrée dans une cour où des bœufs déjà morts n attendent plus que le dépècement avant d’être mis dans les chaudrons ou d’être offerts à la divinité. En avant des chars des soldats, en cinq registres superposés sont les tributs qui consistent dans les mêmes apports que j’ai déjà signalés, avec nombre de singes qu’on conduit en laisse. En face du pavillon royal, sous un petit édicule de bois se trouve une sorte d’autel devant lequel deux hommes sont prosternés à plat ventre. En face de tout ce cortège, sur huit registres à droite, sont rangés les prisonniers enchaînés, précédés, en chacun Ann. G. 85

ANNALES DU MUSEE GUIMET

des cinq registres inférieurs, d’un garde armé d’un bâton. Une légende placée en avant du Pharaon nous apprend que l’année Xll de son règne, le deuxième mois de la saison de Pérît, le jour huitième, le Pharaon reçut les apports du pays de Syrie, de Kousch et des îles de la Grande Verle. Ce texte est important, car il nous montre que Khouenalen avait encore conservél’empire deThoutmès lll, qu’en particulier les îles de la Grande Verte , c’est-à-dire de la Méditerranée, reconnaissaient leur dépendance et son autorité. La mention de l’an XII. date extrême que l’on attribue d’ordinaire à son règne, montre sans doute que ce roi eut un règne plus long que celui qu’on lui accorde d’ordinaire, puisque sa mère n’était pas encore morte probablement à cette époque.

Le mur du fond ne nous a pas été conservé : on n’en a qu’une très petite partie qui nous montre cependant que la maison de la reine-mère Tii possédait un atelier de sculpteurs qui faisaient les statues morceaux par morceaux et qui les adaptaient ensuite. Deux de ces sculpteurs, assis sur leurs sièges, achèvent de ciseler, l’un une jambe, l’autre une tête : un troisième, les mains appuyées sur les genoux, regarde une statue que le scribe Aouti achève de peindre, selon la coutume égyptienne Cette statue est celle de la princesse Bokitalen qui devait être la préférée de sa grand’mère, car nous l’avons vue près de Tii dans la scène du harem ; elle a pris seule part à l’initiation de la reine-mère, et celle-ci lui fait faire une statue par les sculpteurs attachés à sa maison. S’il faut juger du reste de cette paroi d’après cette scène, on n’en saurait assez regretter la perte.

Ce tombeau contenait, en outre, une niche qui était aussi décorée, car Lepsius 1 nous a conservé le nom de deux personnes qui y étaient représentées, celui sans doute de la femme de Houia, nommée Ti, et celui de sa sœur Ouenschaher. C’était en effet là que devait se trouver la famille.

Avec ce tombeau se terminent ceux qui composent la nécropole Nord d’El-Amarna ; il faut maintenant décrire les trois tombeaux qui représentent la partie sud de cette nécropole.

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